2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 20:17

 

 

Chronique 
sur  la « folie »,
après une extermination
Par Álvaro Miranda et Adriana Grosso – Notes et traduction de Libres Amériques
La violence torture, mais la violence permanente rend fou, comme ce qui se passe en Colombie. L’addition de tant d’années de sévices du pouvoir avec la population la plus pauvre a provoqué chez de nombreuses personnes des problèmes mentaux, une réalité qui a été peu observée (et surtout peu mentionnée, mais bien connue des psychologues locaux et accompagnant ce type de tragédie, qui ne résume pas à un cas). Les traces laissées par la violence non seulement se calme à l’hôpital, les prisons ou les cimetières, mais l’horreur se fixe aussi dans les esprits (ce que l’on appelle plus communément un « traumatisme de guerre »).
L’extermination de plus  de 5.000 militants de l’Union Patriotique (UP) a été l’un des épisodes les plus cruels et violents de notre histoire et chez beaucoup de Colombiens cela a laissé l’empreinte de faits tragiques. 

Survivants ou pas, témoins oculaires ou lointains, ils vivent sans savoir pourquoi une vie grise, le produit indélébile de quelques jours qui n’ont cessé de resurgir, comme ce que vit (encore aujourd’hui) Ricardo Cheliá.
La nuit où ils tuèrent Blanca Cecilia Palacios, elle avait donné du lait son enfant âgé de deux mois. L’enfant avait pleuré pour des coliques, mais il dormit un peu. Blanca était une femme en charge des travaux de son foyer et n’avait jamais eu de relation avec la politique.
- « Je vais dormir », dira-elle à son époux Rodrigo Barrera, qui regardait la télévision ;
 - « J’ai mal à la tête ». Elle se passa la main sur son front, là où se trouvait sa douleur, le même endroit où quelques heures plus tard, à 2h45 du matin, elle reçue un tir mortel.
Lors de cette nuit seulement le silence s’entendzit, il s’était emparé du quartier populaire « Los Comuneros », dans la commune de Fusagasugá, à deux heures de Bogotá, la capitale de la Colombie. Puis soudainement, il fut possible d’entendre les moteurs de deux camionnettes et les bruits de bottes que donnèrent de 30 militaires en descendant de celles-ci.
Quelques témoins qui avaient entendu leur arrivée, purent voir ainsi comment des hommes avaient transporté deux cadavres. Deux personnes sans vie, qui juste quelques minutes auparavant avaient été éliminées sans aucune décision de justice, et les corps comme telles étaient une gêne pour eux, ils les déposèrent à l’entrée de la maison, qu’ils allaient maintenant assaillir. Dans un style commando, ils entourèrent la petite maison et d’un coup, ils firent tomber la porte d’entrée.
Puis s’entendirent des cris :
- A l’étage - hurla le sous-lieutenenat Cruz -, qui effectua l’opération et une violation illégale du domicile. Le sergent Ramírez et le reste du personnel qui l’accompagnait ajustèrent leurs armes sur la famille.
- A l’étage – le sous-officier revint  - la famille fut obligée de s’allonger face contre le sol. Les hommes de la maison étaient quasiment nus, avec un simple pantalon de pyjama, qu’ils utilisaient pour dormir. Les victimes n’avaient aucune arme sous la main dans leur domicile. Malgré cet état de faiblesse commença l’exécution.
Il ne s’agissait pas d’une exécution contre un mur, sinon d’être à même le sol. Le premier à mourir fut Antonio Palacios Urreaun, un humble travailleur de 65 ans, chef de famille, et que ses assassins accusèrent d’être un sympathisant de l’Union Patriotique (UP), un parti légal de la gauche colombienne, qui s’était constitué avec des intellectuels, des enseignants, des syndicalistes et des travailleurs, ayant pour objectif concret : la recherche de la paix en Colombie.
Suivit l’immolation des trois fils d’Antonio, qui dormaient dans des pièces attenantes : Camilo, un étudiant en mathématique de 27 ans, Janeth, 19 ans, et Blanca Cecilia 17 ans, qui fut prise de panique, quand elle vit tombé le corps de son époux Rodrigo Barrera. Elle pris son fils dans ses bras et chercha une sortie par laquelle elle pouvait sauver sa vie et celle de son nouveau-né.
L’enfant se mit à pleurer à la brusque détonation des tirs. La jeune femme chercha à faire quelques pas. Une balle dans sa tête la renversa à terre devant sa mère, qui la fixa sans pouvoir rien faire, seulement ouvrir ses bras aux deux enfants du foyer qui avaient survécu au massacre.
Vingt ans après de cette obscure nuit du 21 août 1991, un des témoins, Monsieur Ricardo Cheliá, se trouvait sur un banc du Parc central de Fusagasugá. Il prenait le frais. Ses souvenirs au fil du temps se sont transmis à tout son épiderme, se plissant (à l’idée ou l’évocation) de son récit obscur et bref, et de ses cheveux se cachant sous sa casquette noire.
Ricardo devint un homme de plus, de ceux, - qui, depuis -, n’ont ni nord, ni sud, sauf à revivre les centaines de possibilités de désastres de cette guerre politique, qui a commencé en Colombie après l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán, le 9 avril 1948, en la dénommée rue Real de Bogotá.
« J’ai mal à la tête », répétait Ricardo Cheliá, ce qu’avait dit Blanca Cecilia Palacios avant d’aller voir une dernière fois son enfant de deux mois, la même plainte, qui avait cette nuit-là  précédée sa mort. C’était comme si cette phrase tissait un lien invisible entre la tragédie de cette année (1991) et le mélange de ses jours, semaines et des mois de souvenirs, que vivait Ricardo dans son présent de 2013.
La mort de Blanca Cecilia Palacios, de ses frères et de son père, s’était transformée pour Ricardo en un référent, qui chaque fois jalonnait son histoire. Au milieu des années 1950, quand il était petit, il a dû fuir sa maison incendiée par les ennemis politiques de son père, un émigrant arabe, qui était venu en Colombie s’aventurer à la campagne, pour écraser de la canne à sucre et produire cette grande douceur s’appelant la « Panela » (sorte de pain de sucre ocre servant à la préparation de boissons sucrées chaudes et froides).
Ricardo Cheliá arrivant sur ses 66 ans et autres histoires
A la fois, beaucoup de personnes ne connaissent rien, ni un mort, ni la furie politique vécue dans le pays, d’autres ont encore présent à l’esprit l’assassinat de quelqu’un de connu, de quelques familiers. Il est curieux comme dans la région de Fusagasugá, située dans le Parc National de Sumapaz, centre d’activité de la guérilla, ces récits de vies ont des liens avec beaucoup d’autres meurtres. A tuer - pour tuer -, depuis le début il en retourne une affaire promue par l’Etat, les particuliers, les groupes organisés, les corporations d’éleveurs, les  commerçants et les tueurs à gages.
Frapper à la porte de n’importe quelle maison et trier pour assassiner n’a pas été seulement l’affaire de la famille de Blanca Cecilia Palacios. Il s’agit d’une affaire ayant laissé une blessure ouverte pour des millions de douleur et à différents niveaux de criminalité (et de responsabilité criminelle).
La famille Palacios, de l’U.P, a été accusé d’appartenir au groupe armé des FARC, sans l’être.
La presse nationale a enregistré que pour l’année 1991, ce type de situation s’était déroulé beaucoup de fois, lorsque des militaires préparèrent pour scénario de provoquer une fausse culpabilité, sur des actions jamais commises par les victimes accusées d’appartenir à des groupes hors la loi.
Ce fut plus tardivement que l’on les nomma les « faux-positifs »  (notamment à partir de 2008 et ce que l’on nomme plus exactement des exécutions extra judiciaire), c’est-à-dire, réaliser l’assassinat d’innocents pour toucher une prime officielle en argent, et recevoir des médailles pour en avoir fini avec ce qu’ils désignèrent comme des personnes « dangereuses ». (si le nombre d’exécution extra judiciaire a fortement baissé depuis l’arrivée en 2010 de Juan Manuel Santos, toutefois la pratique n’a pas complètement disparu)
Pendant que Ricardo Cheliá assis sur le banc du parc voyait voltiger en cercle cent colombes en fuites, il se rappelait à voix haute, comment la 13° Brigade de l’armée, en un communiqué fait par le commandant de cette unité militaire, déclarait qu’ils en avaient fini avec les activistes du Front N°15 des FARC. Selon le communiqué, les troupes officielles, auraient reçu des coups de feux des « subversifs », et qu’à ce moment, ils se trouvaient dans la maison.
La population de Fusagasugá laissait s’écouler les jours au gré d’une continuité, cultiver des fleurs, planter du café, récolter des haricots et des fruits tropicaux comme les mangues ou les mandarines. Les voisins du quartier « Los Comuneros » ne surent jamais comment avait été justifié par l’Etat le massacre des voisins et amis innocents. Les coupables, 19 mois après, furent condamnés à la prison.
Le regard que Ricardo Cheliá conserve sur le massacre de Fusagasugá était le résumé de centaines d’autres coorespondant à ce que vit le  pays, et cela fait depuis plus de 60 années ininterrompues. L’homme du banc du parc, à la casquette noires, est un être perdu dans un fatras d’épisodes que lui, dans la simplicité de sa vie, ne peut saisir. Il existe un énorme tissu de tragédies, que le descendant des Arabes, aperçue à peine comme les roues libres du destin.
La figure de la violence a d’énormes proportions, qui jusqu’à présent l’histoire est venue s’entrechoquant avec la mémoire à travers des publications écrites, la radio ou la télévision. Cheliá, comme des millions de Colombiens, il navigue à vue au milieu de personnes de toutes conditions, qui ont été des acteurs ou pas du processus né du désir de participer politiquement en paix, comme l’était la proposition de l’Union Patriotique.
Il s’agissait de lutteurs sociaux qui venaient d’organisations légales de gauche comme, par exemple, Leonardo Posada, représentant à la Chambre, un jeune avocat qui voulait lire tous les romans du monde, et qui a été assassiné en 1986 dans la ville pétrolière de Bucaramanga avant de pouvoir se mettre à son compte.
En janvier de la même année, ce fut le tour tragique de Gildardo Castaño Orozco, responsable syndical et conseiller de la ville de Pereira, qui fut victime d’un attentat criminel réalisé en moto par des sicaires, tout près de sa maison.
En octobre 1987 le candidat à la présidence de l’année précédente pour l’U.P, Jaime Pardo Leal, après avoir parlé avec un plombier pour qu’il règle la pression de l’eau de sa petite maison de campagne, a été assassiné sur la route en direction de la capitale, devant le regard de sa femme et ses fils.
Le 3 mars 1989 les balles tombèrent sur sa frêle humanité de José Antequera, avocat, danseur de musiques de la Caraïbe, le dirigeant de la Jeunesse Communiste, a été assassiné dans le même aéroport, celui de Bogotá, quand il saluait le Libéral en pré campagne, Ernesto Samper, qui fut gravement blessé.
Le 22 mars 1990 Bernardo Jaramillo Ossa a été assassiné dans le même terminal aérien de Bogotá, pendant qu’il attendait son vol, accompagné de son épouse. Ce jour, un jeune sicaire (ou tueur à gage) sort une mitraillette (Mini Igram 380) et tira contre le candidat à la présidence de l’Union Patriotique, qui n’avait pas douté pour continuer avec l’organisation que Pardo Leal avait dirigé juste un an au moment d’être assassiné. Les dernières paroles de Jaramillo Ossa, qui était blessé dans les bras de son épouse, furent : « Mon amour, je ne sens plus les jambes. Ces fils de pute m’ont tué, je vais mourir. Embrasse-moi et protège-moi ».
La mort semblait avoir été montée comme un manège qui ne se fatigue pas de réaliser ses tours sanglants. A chaque fois, les promoteurs étaient des membres des forces de sécurité de l’Etat, comme dans le cas de la famille de Blanca Cecilia Palacio, ou des criminels des Autodéfenses de l’extrême droite convertis en narcotrafiquants.
Ricardo Cheliá, comme des milliers de colombiens dans la  moyenne, il ressentait dans sa vie une étrange sensation qu’il ne pouvait expliquer, mais qui se manifestait comme un agir cruel et systématique. Pour ceux qui peuvent l’exprimer, c’était comme si en permanence ils vivaient sur un baril de poudre. Quiconque, ou aucune personne ne pouvait savoir où et quand il était possible sortir (...). Malgré le souci des crimes sélectifs, des voitures piégées dans les rues, les immeubles et les centres commerciaux, la vie s’impose en Colombie.
Pour les centaines d’hommes et de femmes comme Cheliá, l’existence est reliée à une lignée de mort au milieu de l’agitation quotidienne des magasins de commerce, écoles, hôpitaux, places de marché, autobus, églises ou restaurants. Un, deux, des centaines, des milliers de morts ont eu la « chance », d’être retrouvés, là où des milliers se perdent dans les campagnes et forêts au fond d’une fosse commune.
Des cas, il existe des cas entre tous les cas. Un exemple pris au hasard est celui d’Ana Fabricia Córdoba, militante de l’U.P, pour laquelle correspond d’avoir vécu toutes les violences s’étant produites en Colombie.
Pareillement que Cheliá, quand petite, elle fut expulsée de sa terre natale en raison de l’affrontement des deux partis traditionnels, les paramilitaires tuèrent son époux l’année 2000, pour son appartenance à l’U.P, et elle a eu à retrouver le cadavre de son fils Johnatan, après avoir été criblé de balles dans les rues de Medellín. Elle et son ami ont été tués par la patrouille n°301384 de la police. Ainsi à neuf heures du soir, Johnatan appela Ana Fabricia, sa mère. Elle raconta : « Il était tétanisé par la peur et il m’a dit qu’ils allaient le tuer ».
Le jour suivant, les deux jeunes  réapparaissent morts. Pour la responsable Ana Fabricia, à l’égal de Blanca Cecilia, un homme à briser sa vie d’un tir dans sa tête en juin 2011, la même semaine pendant laquelle, le président Juan Manuel Santos se prononça pour la Loi des « Victimes » (du conflit armé).
Le soleil de Fusagasugá était d’une chaleur douce au moment où Ricardo Cheliá entra dans un mutisme total. Il se réfugia dans ses pensées avec un regard fixe, duquel il ne voyait pas les vendeurs ambulants de glaces et de ballons gonflés. Il écoutait seulement et entendait les colombes grises qui picotaient ou déployaient leurs ailes, les transportant d’un lieu à l’autre du parc.
- Ainsi elles volèrent toutes – dira-t-il, regardant les petits oiseaux faisant un large vol pour se rendre sur un espace se tenant sur un côté de l’église aux deux tours de Notre Dame de Belén (en photo ci-dessus), et sur ses autres côtés, le Centre administratif Municipal, les banques, les joailleries, les papeteries ou les cafetiers.
 Chelíá avait vécu les exodes pendant l’enfance dans la ferme de son père et après, de part les divers endroits où elle allait pour chercher de quoi faire. La Colombe, pour le descendant de l’émigrant arabe, était un pays de nomades, de déplacés par la violence.
- Mon père a dû laisser son travail à la campagne devant les pressions, lors des quelques années du gouvernement du dictateur Rojas Pinilla. (1953-1957)
Maintenant la situation reste similaire, mais avec des variantes sur les signalements qui parviennent de la violence. A la moitié du vingtième siècle, Cheliá aurait été une victime innocente de l’affrontement partisan entre les conservateurs (bannière bleue comme symbole héraldique) et les libéraux (bannière rouge comme symbole héraldique).
A partir des années 1980, ce fut au tour du conflit pour la terre, mais avec des conséquences politiques entre les secteurs radicaux en arme, qui sélectionnaient leurs victimes dans les villes et les campagnes.
Les membres de l’U.P. et d’autres organisations syndicales et démocratiques commencèrent à quitter le pays devant le risque de se faire tuer. La fatalité - pour qui pensait différemment – ont continué jusque dans les années 1990. Non, il n’y avait pas de reste, sinon à chaque attentat, une addition : Huit sénateurs, 13 députés, 70 conseillers et 11 maires de l’U.P. assassinés. Au total, plus de 5 000 militants et sympathisants morts, c’est-à-dire, la fin de l’organisation.
- Sait-il pourquoi il porte des vêtements noirs ? - Demande Cheliá sans perdre pour cela son regard d’oiseau endeuillé – Parce que dans ce pays, il y a eu beaucoup de mort par la faute de cette guerre.
4 ou 5 générations de colombiens n’ont pas pu vivre une année de paix depuis 1931 à 1939 quand il s’est déroulé à Guaca et à Capitanejo (localités du département du Santander, nord de la Colombie), les prémices du conflit avec l’extermination de la population conservatrice et libérale, faisant des massacres politiques, l’étincelle qui s’est enracinée depuis lors. La seule statistique récente datant de 1985 et divulguée est terrifiante.
Ricardo sait que depuis beaucoup d’années, que quelque chose va mal, mais pareillement que beaucoup de colombiens ne pouvant  préciser les causes et apporter des solutions, et considérant que cet état d’altération s’achèvera, avec la paix au quotidien et le droit à la vie comme éléments connaturels (qui est naturellement en accord avec une autre chose).
Chez le kiosquier près du supermarché, sous la main de quiconque, apparaît l’hebdomadaire « Semana ». La publication sort tous les 7 jours avec un tirage prometteur de 52.800 exemplaires et une des meilleures diffusions dans le pays. La Colombe s’approche des 50 millions d’habitants et, cependant le niveau de lecture de la presse n’est pas généralisé. Seuls lisent les catégories de la population de haut niveau, intellectuels et professeurs intéressés par l’économie, la politique et la vie en rose.
Des personnes comme Cheliá ne connaissent pas l’existence de cet hebdomadaire, parce qu’ils ne vont pas au supermarché, comme d’autres visitent les nommées centres d’esthétique ou de coiffures pour se faire couper les cheveux. Ce sont dans ces lieux où en général le commun des mortels peut jeter un œil aux nouvelles.
Selon l’hebdomadaire Semana, depuis 1985, au 31 mars de cette année-là, il a été comptabilisé 5.405.629 victimes de violence.
Blanca Cecilia Palacios fait partie de la statistique des 2.683.335 femmes assassinées.
Son père et ses frères sont de ce tragique compte :
Mineurs de moins 12 ans : 1.163.218.
Syndicalistes assassinés entre 1978 et 2012 : 2.994.
Défenseurs des droits : 299.
2.087 massacres entre 1983 et 2011, 9.509 personnes ont été assassinées.
Journalistes assassinés depuis 1977: 137.
Les enlèvements pour extorsion de fonds entre 1996 et 2002 ont été de 16.123.
Les colombiens qui sortirent du pays pour des raisons de guerre : 395.577.
Fonctionnaires, employés ou candidats publics assassinés : plus de 3.000.
Personnes qui ont souffert d’un déplacement forcé depuis 1985 : 4 ou 5 millions. (plus de 6 millions selon le Movice)
Personnes touchées par las mines antipersonnelles : 10.272.
Amérindiens assassinés : 2.628.
Tous ces actes violents de la guerre agissant comme des tsunamis ont en continus d’autres mouvements de vague de moindre hauteur, mais pas moins dangereux. Blanca Cecilia Palacios a été une victime des très nombreux tsunamis continuant à se suivre. Ses voisins, les survivants, sous une autre forme, ils continuent de vivre éclaboussés par les innombrables gouttes de sang qui proviennent de leur existence, de leur pensée, de leur manière d’agir ou de se taire.
Cheliá s’est relevé de son banc du Parc. Il chemine entre les centaines de colombes, lui donnant juste le pas par un petit sautillement. Il ne s’est pas où aller. Finalement, avant que la guerre ne trouve sa fin, elle ne montre toujours pas sous le destin de la paix. 


Source : El Ojo del Cangrejo (l'oeil  du Crabe)


LIBRES AMéRIQUES: Colombie, traumatismes de guerre et conséquences psychiques

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