14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 18:38

Bernard Duraud

  Masiva manifestación de apoyo al alcalde destituido de Bogotá

  Source photo : HONDURAS TIERRA LIBRE


Gustavo Petro

Gustavo Petro, du Pôle démocratique alternatif, a été démis de ses fonctions pour avoir retiré aux entreprises privées la concession de la collecte des ordures.

Un très mauvais coup vient d’être monté contre le maire de gauche de Bogota, Gustavo Petro. Il a été destitué et privé de fonctions publiques pendant quinze ans pour une passation de marché jugée irrégulière. Cette décision prise lundi a aussitôt suscité la colère de milliers de ses partisans rassemblés pacifiquement dans la soirée sur la place Bolivar, au centre de la capitale.

Pour la justice, et notamment pour le procureur général Alejandro Ordonez, Gustavo Petro aurait «  nui  » au patrimoine public et aux principes constitutionnels de libre entreprise et de concurrence en retirant la concession de la collecte des ordures dans la capitale à des entreprises privées pour la remettre à une compagnie publique. Le maire, élu jusqu’en 2016 sous la bannière du Pôle démocratique alternatif, a indiqué qu’il ferait appel contre cette destitution. «  Je reste le maire de Bogota jusqu’à ce qu’il y ait une décision ferme qui signifie le contraire  », a dit, dans la soirée, Gustavo Petro, qui a dénoncé un «  coup d’État contre le gouvernement progressiste de la ville  » et assuré qu’il agirait toujours en «  faveur des plus modestes  ».

 

Lire la suite, en particulier le commentaire d'Emilio : Colombie : Le maire de gauche de Bogota destitué -- Bernard Duraud

 

Et aussi

Colombie - Le retour des morts

 

 

Des élections présidentielles se préparent en Colombie, après avoir suivi dans les détails la mise en place de la machine de capture complexe et polymorphe qui sous égide de l'ambassade des E.U. a confisqué les élections du 24 novembre au Honduras, nul doute qu'en Colombie une capture d'élection se met également en place et qu'elle prend aussi ce même caractère de "coup d'état doux", qui essaye d'éviter les affrontements directs avec les peuples en colère. Les "Investisseurs étrangers" ont besoin de stabilité, le mouvement de révolte en Colombie est un baril  bourré de poudre, s'il explosait, il deviendrait difficile pour les Corporations de continuer à pratiquer le "meurtre discret" des meneurs populaires, loin des yeux du grand public international qui faute de listes quotidiennement mises à jour ne peut prendre conscience du nombre des morts qui chaque jour s’ajoute à l’interminable liste de ceux qui ont donné leur vie dans cette guerre de conquête des ressources de l'Amérique Latine que mènent les transnationales dans toute la région.

De même, les gouvernements de la gauche souverainiste, qui inversent les mouvements d'accaparement du territoire et de mise sous contrôle militaire de la population, doivent être évités à tout prix, mais en sauvant autant que possible les apparences. Surtout que la victoire de la Révolution Bolivarienne aux élections municipales au Venezuela, dimanche dernier,  est un cuisant échec pour l'oligarchie transnationale, parce que bien plus que le plébiscite d'un parti, le PSUV, fort contesté à gauche dans de nombreux aspects de son gouvernement, le peuple vénézuélien dans sa grande majorité a voté pour la poursuite de la révolution. Pas moins, bien plus même.

 Un solide revers dans cette guerre de conquête qui prévoyait que la disparition – physique d’Hugo Chavez allait mettre un terme à la révolution bolivarienne.  Il est d’autant plus inacceptable pour les Corporations que la Colombie – qui a été longtemps le principal cheval de Troie de l’Empire dans la région - suive le même chemin.  Un chemin qui signifie la fin de leur puissance, dehors les bases militaires,  les forces militaires servant des intérêts impérialistes ; reconquête du territoire et de l’économie réelle, et les « investisseurs .étrangers » se voient les yeux vigilants des observatoires mis en place à cet effet. La semaine passée se tenait un grand rassemblement de la Jeunesse Mondiale en Equateur, un des thèmes abordé en séminaire, fut la mise au pas des transnationales, autrement dit la relève se prépare activement. Les Corporations sont loin d’avoir gagné la guerre et nous pouvons être reconnaissant au peuple du Venezuela qui vient encore une fois de prouver que « Nous sommes tous Chavez » n’est pas un slogan creux, mais le cri d’un peuple éveillé, qui fait barrage à l’absolutisme marchand qui nous menace tous. Et le peuple Colombien qui depuis quelques années inventent de nouvelles formes d’organisations populaires et intensifie sa lutte malgré des décennies de terrorisme d’état en alliance avec Washington et affiliés, intensifie à présent sa lutte, le retour des morts, c’est puissant comme message : « Des centaines de milliers de résistants Colombiens ont été assassinés au cours de plus d’un demi-siècle de guerre, mais leur voix ne se sont pas tues,  aujourd’hui elles amplifient la clameur d’un peuple dont la colère se nourrit aussi de ces meurtres barbares ».

Ceci devrait également nous servir d’avertissement, ces lois de la concurrence au nom desquelles Gustavo Petro subit une tentative de destitution, sont également en vigueur dans nos pays et cela nous montre très clairement que nous aussi à présent vivons en dictature du Marché Unique et Monopolistique, malheureusement nous n’avons pas l’énergie de cette saine colère populaire, dans une Colombie proche de devenir ingouvernable pour la droite et l’extrême-droite.

Et pour en savoir un peu plus :

historiquement

 

Impérialisme et violence en colombie

 

actuellement

 

Amérique latine : thèmes urgents de la conjoncture géopolitique par atilio borón

 

 

En Colombie la lutte pour la terre, pour la justice sociale, constituent l’axe du conflit et de son éventuelle solution. par James Petras

 

 

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Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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