12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 20:34

 

 

Quelques réflexions qui me sont venues après avoir lu ce texte

Retour aux temps anciens de la charité publique

 


 

Je ne crois pas personnellement qu'il soit question de charité publique dans cette affaire mais bien d'une tendance de plus en plus clairement dessinée. D'une part, il y a cette fiction de "création d'emplois » qui ne se concrétise jamais… l’éternelle ritournelle qu’on nous sert depuis des décennies, obligation de se serrer la ceinture en vue de jours « meilleurs »…après… puis vient toujours une bonne raison de différer la venue de ces jours meilleurs et depuis des décennies nous ne cessons d’aller vers pire et le nombre de personnes sans activité productive ou contributive augmente sans arrêt.

Je ne parle évidemment pas d’emploi, l’emploi nous (parole partagée) nous n’en avons vraiment que faire, la société du tous salariés ils peuvent se la garder. Dans un texte au sujet de la progression néolibérale au Mexique, celles des grandes  transnationales qui en constitue les sphères du pouvoir, une description montrait commet progressivement était détruits les petits commerces, les petites entreprises, jusqu’aux capitalistes locaux qui ne collaboraient pas (vassalisation) qui devaient être éradiqués, pendant que parallèlement se poursuivait la privatisation des entreprises publiques et le démantèlement des secteurs et professions du bien commun..

Et ici aussi nous observons progressivement depuis le prêt conditionné du Plan Marshall, arme de colonisation économique, mais pas seulement, une destruction progressive, puis systématique des métiers au profit du « tout emploi jetable » (gaspillage oblige), bref la création de situation de quasi-monopole tant en matière de production de biens et de services qu’en ce qui concerne le marché du travail, renommé pour les besoins de  ce nouveau système « marché de l’emploi ». Ce n’est pas seulement un changement de nom, c’est un changement de nature du système. Comme chaque fois que nous assistons à ce type de changement de notions, elles anticipent et participent d’un changement de paradigme, d’un changement de monde. Nous pourrons le vérifier avec les notions de gouvernement et de gouvernance.

Pour ceux qui n’auraient pas compris, je vous explique… le marché du travail implique le libre jeu (autorégulation) de l’offre et de la demande et nécessite les conditions de la  « concurrence parfaite » dans un monde de libre entreprise et de « plein emploi ».  Or nous avons assisté à une création  volontaire d’une réserve de main d’œuvre « inoccupée » grâce à la rareté artificiellement crée par la destruction des métiers, et les restructurations des transnationales à vocation monopolistique qui ont laissé sur le carreau des dizaines de millions de « sans emploi » en Europe et dans le monde.

Double opération, comme souvent… d’une part la concurrence entrepreneuriale  locale a été éradiquée par une phase de dumping et autres artifices, plus besoin de se retenir les prix peuvent grimper, d’autre part la rareté de l’emploi et la masse grandissante des « non intégrés » involontaires, permet d’entamer l’érosion des droits laboraux conquis de haute lutte au cours des siècles précédents.

Un autre mythe qui a fait long feu il n’y a jamais eu d’état providence ! Jamais n’a existé une entité « état » qui a sorti de l’argent de sa poche pour le distribuer aux victimes du travail ou de son manque. Pendant la période de plein emploi, les cotisations sociales couvrent les besoins de ceux qui sont temporairement hors service, cet argent, sorti de la poche des personnes travaillantes,  ne fait jamais que transiter par les caisses de l’état qui joue le rôle de redistributeur depuis qu’il a repris à son compte les mutuelles, qui au départ sont des caisses de solidarité des mouvements ouvriers. Nous pouvons remonter au Moyen-Age, ou nous voyons que déjà les corporations ont des telles caisses pour subvenir aux besoins de la « veuve et de l’orphelin », l’éducation de ce dernier étant à responsabilité de la corporation, prise en charge aussi des malades et des blessés.

Rien de nouveau donc sous le soleil, sinon que depuis que les états ont repris ces caisses à leur compte, l’usage en a progressivement échappé au contrôle des travailleurs .Sans même abordé la question de la gestion de ces caisse par l’état, la fin de la situation de plein emploi et des dépenses supérieures aux recettes a vidé les caisses sans espoirs qu’elles se remplissent, jusqu’aux fonds de pensions pour lesquels les travailleurs ont cotisés qui ont été engloutis dans la débâcle. Tout une série de questions restent posées qui concerne la gestion des fonds publiques par les mandataires du Peuple… mais à côté de cela, il y a une évidence de calcul élémentaire, il y a longtemps que les dépenses des caisses de sécurités sociales excèdent les rentrées incitant les états à s’endetter toujours davantage sans espoir de reverser le mouvement. Encore un coup multiple dont les effets conjugués précipitent le changement de système-monde ;

Nous avons donc simultanément une destruction des métiers locaux, et un transfert de l’économie du pays entre les mains des transnationales dont les banques. Et pour encore aggraver le problème, une économie virtuelle est substituée progressivement à l’économie réelle pour laquelle elle constitue une « machine de capture ». Bien sûr la machine de capture est beaucoup plus complexe, mais les mécanismes décrits ici constituent une partie de son fonctionnement.

L’état providence est donc un mythe. Quand les cotisations sociales n’ont plus permis de répondre aux besoins de la population rendue artificiellement inactive, exit la Providence qui avait autant de consistance que la « main invisible du marché », une autre belle tarte à la crème rance…

Et hop, petit saut dans le temps pour en venir au présent, aux données aux tendances et à ce que cela laisse présager pour l’avenir… si nous les laissons faire, bien entendu.

Peu  à peu le chômeur a cessé d’être le camarade appartenant au même groupe d’entraide collective, la situation a changé avec l’instauration du chômage structurel, le chômeur n’est plus perçu comme un pair en difficulté temporaire, mais comme une sorte d’inactif par nature se situant tout au bas voir en dehors de l’échelle sociale (exclu). Autre changement une augmentation du nombre des emplois des secteurs tertiaires et des fonctionnaires en tous genres dont il est facile de démontrer qu’une bonne partie d’entre eux constituent des strates purement parasitaires. Une bonne partie d’entre eux occupent des emplois crées pour absorber une partie de la main d’œuvre excédentaire, alors que les autres constituent l’administration pléthorique de deux système l’un se substitue au précédent.

 

Creusent les écarts entre les revenus du travail et ceux du capital… aujourd’hui c’est incontestablement le capital qui fixe les règles de la gestion des nations de l’Union Européenne, ce qui implique une constante redéfinition de la notion de concurrence parfaite, constitutive de l’Europe en fonction de ses propres besoins, et de ces propres désirs.

Je ne dis pas que ce sont produits et continuent à se produire des coups d’états à l’échelle planétaire, juste pour faire joli… encore une fois nos avons la substitution progressive d’un concept à un autre par le biais de matrices d’opinion. En l’occurrence les notions en concurrence sont celles de gouvernement et de gouvernance. Malgré l’usage quasi indifférencié que beaucoup en font : il n’y a aucune synonymie entre ces deux termes, elles représentent deux systèmes-monde entièrement différents par nature. Et parallèlement à la substitution d’un terme à un autre nous assistons à un déplacement des sphères de pouvoir. Les gouvernements sont des institutions politiques. Dans nos démocraties (quelles que soient les critiques qu’on puisse leur faire) le gouvernement est formé des mandataires du peuple qu’ils représentent en fonction d’un mandat, conféré par le vote sur base d’un programme qui constitue le contrat entre mandant et mandataire. Le pouvoir émane donc (au moins en théorie) du peuple souverain. La gouvernance n’a rien de politique, elle est d’ordre économique et technocratique. C’est un mode de gestion de société, l’ingénierie sociale, qui exclu par nature le fait politique.

Bref nous assistons au transfert du pouvoir émanant des peuples souverains qui leur a été confisqué lorsque leurs mandataires ont rompu le contrat, et ont retourné leur veste pour se mettre au service d’une corporation transnationale détentrice d’une partie toujours plus grande du pouvoir économique ; et qui n‘en connaissant point d’autre envisage de gérer les ressources de la planète et la vie de ses habitants par les méthodes que ses membres utilisent pour gérer leur entreprises et leurs élevages. A leur décharge, tous les politiques e sont pas complices volontaires, plus nombreux qu’on le croit sont eux qui ne comprennent tout simplement pas dans quel jeu ils jouent et sont de simples marionnettes, agies par d’autres dont les buts leur échappent.

 Les lois de référence de ce modèle scientiste trouvant leur validation dans une prétendue conformité avec les lois de la nature… avec l’incontournable postulat d’autorégulation spontanée. Si on retrace l’histoire et dresse  la liste de toutes les aberrations, les tricheries, les entorses ou mise en contradiction totale avec ses propres présupposés et logiques tout au cours de l’histoire de l’économie de Marché (économisme), tout démontre que cela ne fonctionne pas comme cela, que l’interventionnisme est permanent et impose régulations et dérégulations selon les nécessités définies par le Profit (et les profiteurs qui en bénéficie). Cela n ‘a jamais fonctionné et de plus en plus la manipulation des consciences a été requise pour maintenir la fiction, pour faire passer pour un grand rêve ce qui devenait toujours d’avantage un affreux cauchemar… et nous ne sommes pas au bout de nos peines.

L’économie de Marché n’a jamais existé, elle a constitué la fiction utile pendant  la phase de transition par laquelle l’économisme s’est substituée au fait politique et aux gouvernements. Et donc sachons que quand nous entendons le mot compétitivité, nous sortons du domaine politique et du gouvernement pour entrer dans celui de ce l’économisme et de la gouvernance. Que dans ce domaine, de plus en plus dominant, les règles sont définies et imposées par les corporations transnationales dont la finalité est le Profit impliquant l’écart toujours plus grand entre revenus du capital comme une conséquence voulue de ce système et même comme caractéristique intrinsèque. Compétitivité n’est plus qu’une traduction de cet état de fait et correspond à la plus grande minimisation possible des charges dues au travail. Dans la phase actuelle, qui est une phase d’accumulation et de concentration de capital, une appropriation de la planète, le mythe de l’économie de marché n’est plus nécessaire, parce que la concurrence a été évincée, le politique annihilé et le marché du travail détruit, ainsi que les droits qui y étaient attachés. Les conditions de compétitivité optimale sont réunies, l’Europe sociale est morte et les droits du travail sont presque anéantis.

Or nous pouvons le constater dans toutes les régions ou ni gouvernements, ni droits défendus par les travailleurs ne sont venus faire remparts aux exactions du capital, les conditions de travails sont celles de l’esclavage, minier, industriel ou agro-industriel. Une main d’œuvre surexploitée est corvéable et jetable à merci.

Pour revenir en Europe, après avoir créé un pool de  main d’œuvre de réserve en chômage sur le marché de l’emploi, déséquilibrant l’ensemble des systèmes de sécurité sociale, peu à peu des matrices d’opinion ont transformé la vision qu’avait la population de cette réserve de main d’œuvre en chômage de pairs en difficulté temporaire pour qui jouent les processus de solidarité entre travailleurs, elle a peu à peu été désignée comme un rebut, ramassis d’inadaptés sociaux, d’inutiles, de tricheurs, de fraudeurs, de paresseux, d’inactifs, d’exclus, de bouches inutiles, se complaisant dans leur situation d’assistés, bref une charge pour la société des contribuables et les contribuables, compétitivité  oblige, sont les travailleurs (le grand capital cause les crises mais ne les paye pas) qui ne réfléchissant pas plus loin que le bout de leur nez, s’insurgent contre cette charge qui leur incombe, leur frustration est alors canalisée, et le terrain est mûr pour qu’ils acceptent comme une juste revanche du destin la mise au travail obligatoire de ces fainéants.

Et le but recherché est atteint, parallèlement au marché de l’emploi sur lequel subsiste encore quelques droits durement acquis et aussitôt repris, se crée un marché parallèle, libre de droits, et des nouveaux forçats condamnés à l’exploitation du seul fait d’exister dans un monde où il n‘y a plus de peuples souverains, de territoires libres, de métiers, plus de lieux ni de droit de vivre en dehors des nouvelles règles de la gouvernance économique et de sa société du tout contrôle. Et à côté de cette introduction d’un travail obligatoire d’un genre nouveau, les ingénieurs sociaux se réservent le droit de décider – en fonction des désidératas de leurs commanditaires – le nombre d’habitants de la planète qui optimise le fonctionnement de la machinerie de gestion de la planète, une machine à produire du Profit pour quelques-uns, une machine de capture qui petit à petit  transforme ces quelques-uns en propriétaires de la planète Terre et de ses habitants.

Nous voyons aujourd’hui les européens mettre  une grande complaisance à encourager les dernières mises en place nécessaire pour entériner le changement de système. Cela m’évoque les juifs qui allaient sans contrainte chercher l’étoile jaune à la kommandantur. Heureusement que ma grand-mère n’était pas si sotte, sans quoi je ne serais sans doute pas là pour vous écrire ces lignes. Cela doit être atavique, comme une réticence à obéir aux exigences du système en matière de contrôle.

Tout cela pour vous dire que les histoires de Smic, RSA et autres divertissements n’ont plus beaucoup d’importance, ce ne sont que les simagrées des derniers clowns politiques, destinés à détourner l’attention du public, pendant que les machinistes achèvent de changer le décor. Quand ils auront fini, les acteurs politiques se retireront sans faire de bruit, cédant la place aux gestionnaires. Ils imposeront alors de nouvelles règles par lesquels ni Smic, ni RSA n’auront plus court mais bien des notions qui définiront ces nouvelles règles d’exploitation… à moins que… à moins que le système s’écroule avant, ce qui reste possible, avec quelques bonnes poussées conjuguées bien ciblées..

 Anne

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
commenter cet article

commentaires

Anne-Marie 13/01/2013 18:08


Je lis pour l'instant "La puissance des pauvres" de Majid Rahnema et Jean Robert et j'y ai lu ceci : "Posons-nous une question subversive : le détour de l'ouvrier pendulaire qui "fonce" vers son
travail à dix à l'heure sur l'autoroute encombrée, le parcours du chômeur en quête d'emploi, le retour du supermarché de la ménagère n'auraient-ils pas, outre leur contribution douteuse à la
production, un objectif moins avouable ? C'est la question que se pose Stephen Marglin, pour qui :


"contrairement à ce que pensait A. Smith, la subdivision des tâches (et les détours de production qu'elle entraîne inévitablement...) avait été nécessaire non pas à l'accroissement de la
productivité mais à la domination des ouvriers. Il fallait séparer ceux-ci de leurs produits et des moyens de produire pour pouvoir leur imposer la nature, les heures, le rendement de leur
travail, et les empêcher de rien produire ou entreprendre par et pour eux-mêmes."


Tant que les travailleurs furent astreints aux cadences de production du "travail en miettes", ils n'avaient pas le temps de penser à la révolution. Tant que les chômeurs doivent chercher leur
feuille jaune à l'autre bout de la ville, ils rouspètent mais ne font rien. Toute l'activité de notre société semble avoir pour fin première d'empêcher la prise de conscience de la réalité de la
situation de notre vie, écrivait Jacques Ellul il y a déjà un quart de siècle."


Je trouve ce livre très intéressant même si, pour moi, il présente quelques difficultés de compréhension, notamment quant à la philosophie de Spinoza (par ex), n'ayant pas fait d'études
supérieures, mais je m'accroche. :-)

Anne Wolff 17/01/2013 11:53



De temps en temps …


Désolée d’avoir mis autant de temps à te répondre mais quelques perturbations passagères… et pas seulement la neige qui recouvre le
paysage.


Je ne connaissais pas l’auteur dont tu parles, mais par contre j’ai puisé quelques éléments qui vont dans le même sens à d’autres
sources.


Ilitch qui parle de la différence entre l’artisan qui manie l’outil qui le prolonge et la production industrielle pour laquelle l’élément
humain n’est qu’un rouage de la machine et doit se soumettre au temps de la machine. Dans un autre état d’esprit, que je partage moins, mais néanmoins fort instructif Simondon « Du mode
d’existence des objets techniques » et Bruno Latour qui introduit cette notion d’hybrides pour les produits machinés. Simondon fait bien apparaître cette dimension de morcellement de
connaissance et d’ignorance, le rapport de l’utilisateur de machine dot il ignore jusqu’au principe de fonctionnement, de l’ouvrier de la chaîne qui n’a pas de point de vue d’ensemble sur le
produit fini…


La notion d’hybride, elle me parle aussi beaucoup puisque je vois dans les maux qui nous afflige la conséquence d’une « Grande
Machination du  Monde », nous pas un complot mais la perpétuation d’une idéologie mécaniste, scientiste qui est obligée d’adapter le vivant à ses
lois pour fonctionner, mais cela ne marche pas parce que le domaine d’application de ces lois est par excellence celui des machines fabriquées par l’homme… donc pour fonctionner dans le système
de manière optimal l’humain doit être lui-même hybridé, ainsi les recherches sur la création de cyborgs ou les implants de la nanotechnologie.


Par contre il me semble que le travail en miette n’a pas suffi à empêcher les ouvriers de songer à la révolution.  Je serais plutôt en accord avec Ellul… c’est l’ensemble de la matrice qui est conçue pour éviter la pensée critique et créatrice. Et la notion de temps est
centrale… ainsi s’exclamait avec jubilation Gilbert Hottois professeur de philo à l’ULB, qui enseigne la « Bioéthique » et la philosophie des techniques et technologies :
« Nous assistons (fin du 19ème siècle) enfin à la naissance d’un temps viril »


Le temps de l’horloge universelle planétaire qui est celui qui domine notre société est le temps produit par le développement
industriel et va remplacer d’un coup les temps locaux et la durée perçue. Trou de mémoire… cela reviendra, mais un auteur met en lumière les modalités de ce changement. Peu importe, ce qui
important, c’est que ce temps de l’horloge ne cesse de nous dicter ces contraintes qui vont à l’encontre de nos rythmes naturels et c’est particulièrement perceptible pour l’homme machine qu’est
l’ouvrier de la chaîne. La vie devient une alternance de temps machine  et du temps mort, celui du divertissement. Ce qui s’est perdu dans l’histoire,
c’est le temps libre… qui lui est celui de la durée perçue. Nous savons tous à quel point dans certaines circonstance, une simple minute peu nous sembler interminable, comme la plupart d’entre
nous ont connu ces passages par des routines ennuyeuses qui font que le temps alors qu’on le vit peut paraître se dérouler interminablement lentement, alors que lorsqu’on se retourne sur ce passé
sans consistance, des semaines, des mois, des années, toute une vie, selon la capacité de soumission de chacun, semble d’un coup se réduire à néant. « Mais qu’ai-je fait de ma
vie ? » question que malheureusement certains ne se posent qu’au seuil de la mort pour constater que leur vie ils l’ont perdue sans vraiment la gagner…


Le temps de l’artisan est un temps libre, cela ne veut pas dire qu’il est dénué de contrainte, mais que sa modulation est celle de la
contingence, adaptation continuelle aux circonstances du moment. Le temps libre est le temps du présent, celui de la pleine présence à soi et au monde.


Pour ce qui est de certaines lectures, en particulier la philo, je n’essaye pas de comprendre un auteur à la première lecture, c’est celle
pendant laquelle je formule des questions sur ce qui m’interpelle ou ce que je ne comprends pas avec une question dominante « Mais où il (ou elle, rares en philo) veut-il en
venir ? »


Une des difficulté de la philo, c’est que malgré la prétention de beaucoup de philosophe à l’universalité, il s’agit chaque fois de la pensée
subjective d’une personne qui vit en un lieu et un moment donné de l’histoire, et que chacun de concept en jeu est toujours connoté par le facteur culture dans lequel baigne l’auteur et sa propre
subjectivité… les premières années des études de philo servent aussi à apprendre, ce que veut dire tel concept dans tel contexte… la plupart du temps, le sens en évolue au cours même de la vie de
l’auteur…  


J’ai étudié la philo un peu par hasard, les études de sciences politiques et de sociologie étant particulièrement nulles à l’ULB, alors qu’en
philo il y avait quelques excellents professeurs (en particulier Pierre Verstraeten et Isabelle Stengers) et une exigence de rigueur dont j’avais besoin pour progresser. Et aussi, le besoin de
comprendre comment nous en étions arrivé « là »,sachant que durant des siècles la philosophie a joué un rôle majeur dans le développement de la pensée occidentale qu’elle soit politique
ou scientifique, le philosophes ont été aussi les créateurs de langage avant que marketing n’assume cette fonction.


Aujourd’hui les études supérieures sont plutôt un obstacle à l’intelligence, j’ai pu suivre l’évolution la décadence, depuis les
universitaires formés au début du siècle passé jusqu’à aujourd’hui, c’est lamentable. Et tout cursus scolaire est à l’avenant. Parce que l’enseignement est toujours plus orienté vers la formation
de rouages pour la machine et donc doit mettre un frein à l’intelligence créatrice… à tout ce qui sort du moule.


C’est une vraie catastrophe et crée aujourd’hui une différence d’autant plus grande entre les enfants qui vivent dans un milieu familial qui
favorise le développement de leur intelligence et ceux qui ‘ont pas cette chance. Ce n’est pas une différence qui se fonde dans la hiérarchie sociale, mais bien dans une qualité culturelle qui
n’a rien à voir avec la quantité de pognon dont dispose le ménage, parfois bien au contraire.


Et c’est sans doute un des plus grands crimes du système : l’assassinat de l’intelligence au profit du formatage des consciences…



Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives