28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 13:46

 

17 nov 2013

 

Corbis

Un mouvement mondial de résistance au contrôle externe impulsé par « l’activisme populiste » menace de faire « dévier » la transition vers un nouvel ordre mondial, déclare l’ex conseiller de Sécurité Nationale des E.U., Zbigniew Brzezinski.

Le stratège politique étasunien signale que « l’augmentation de l’activisme populiste dans le monde se montre préjudiciable à la domination externe comme celle qui prévalait à l’époque du colonialisme et de l’impérialisme »

Brzezinski arrive à la conclusion que « la résistance populiste persistante et hautement motivée de la part de peuples politiquement réveillés et affectés de ressentiment historique[i] contre le contrôle externe se montre chaque fois plus difficile à supprimer »

Quoique le politicien ait présenté ses observations d’un ton neutre, le contexte dans lequel il les a prononcées joint à ses déclarations antérieures démontre qu’il ne s’agit pas d’une acclamation de cette « résistance populiste” mais d’une lamentation et d’un avertissement aux élites concernant l’impact qu’elle a sur le dit “contrôle externe »

Ici même, l’ex conseiller de Sécurité nationale disqualifie l’idée que le 21ème siècle est le siècle des E.U. « d’espoir[ii] partagé » et affirme que la domination étasunienne n’est déjà plus possible à cause d’un changement social accéléré provoqué par les « communications de masses comme la radio, la télévision et Internet », qui ont stimulé de manière cumulative « un réveil universel de la conscience politique de masse »

Brezinski a fait ses déclaration dans le cadre du Forum Européen pour les Nouvelles Idées (Euopean Forum For New Ideas, EFNI),une organisation qui plaide pour la transformation de l’Union Européenne en un super-état fédéral, autrement dit « du même type de contrôle externe bureaucratique » mentionné par Brzezinski dans son discours. Dans ce contexte, selon le politicien, « la résistance populiste » pourrait être un grand obstacle pour l’imposition d’un nouvel ordre mondial.


Traduction Anne Wolff

 Source originale en espagnol :
 
http://actualidad.rt.com/actualidad/view/111579-brzezinski-resistencia-populista-orden-mundial 

 
 

 

[i] Pour ceux qui l’ignore, la notion de « ressentiment social », une sorte de maladie qui affecte les âmes dévoyées du bas peuple. C’est la version ultra-droitière du concept de « lutte de classe », expliquant mécontentement populaire et la cause de la résistance des peuples, comme s’il s’agissait de quelque vilain trait de caractère particulier aux « basses classes » qui les poussent à en vouloir toujours plus. La jalousie, l’insatisfaction et le ressentiment sont parmi les composantes de ce concept.

[ii] Ilusión : désigne aussi bien un enthousiasme au sens de foi (qui déplace les montagne) et illusion au sens de mirage, de faux espoir

 


 

 

  Commentaire de lecture

Ce n’est pas la première fois que je publie des déclarations de Brzezinski (je passe sur les qualificatifs applicables à ce « monsieur », il n’y a pas de mot pour décrire ce niveau de perversité, sinon peut-être dans les lexiques des psychiatres). Et pourtant ce grand malade jouit d’un pouvoir démesuré dont personne en toute bonne logique, tant de souveraineté populaire que de démocratie bourgeoise ne devrait disposer sur cette planète.

Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que le Nouvel Ordre Mondial en question ici, n’a jamais été envisagé comme une hégémonie étasunienne, mais bien comme une gouvernance mondiale des Corporations Marchandes Apatrides.

Pour que cette gouvernance puisse s’installer, la faillite tant politique que financière des Etats, Etats-Unis compris est un préalable nécessaire. Malade oui, mais pas stupide (malheureusement). Brzezinsky est un fin stratège, il fut aussi le mentor d’Obama (son fabricant pourrait-on dire), on peut donc se poser légitimement la question… la chute d’Obama, une conséquence de la sénilité de Brzezinsky, ou une étape nécessaire du démantèlement des Etats-Unis ?

Ce texte peut-être pris comme une sorte de communiqué d’un état de guerre. Nous les gênons. Nous connaissons leurs pratiques de longue date, ceux qui les gênent doivent être neutralisés ou éliminé par n’importe quel moyen de la corruption à l’assassinat. Donc nous sommes prévenus.

Nous les gênons ? Très bien. Mais largement insuffisant, la question devient comment poursuivre en si bon chemin pour les mettre hors d’état de nuire avant qu’ils ne nous aient mis hors d’état d’agir ? Cette question est marquée par l'état d'urgence !


Autres citations du même pour compléter les précédentes :

 

“[…] la société sera dominée par une élite de personnes libres de valeurs traditionnelles qui n’hésiteront pas à réaliser leurs objectifs aux moyens de techniques épurées avec lesquelles ils influenceront le comportement du peuple et contrôleront la société dans tous les détails, jusqu’au point où il sera possible d’exercer une surveillance quasi permanente sur chacun des habitants de la planète ».

A un autre moment, il dit ;

 «[…] cette élite cherchera tous les moyens pour parvenir à ses fins politiques, comme de nouvelles techniques pour influencer le comportement des masses, ainsi que pour obtenir le contrôle et la soumission de la société »

 Brzezensky in Les 4 lieutenants des Rockefeller


Partager cet article

Repost 0
Published by Anne Wolff - dans L'empire : hégémonie
commenter cet article

commentaires

Marc 02/12/2013 16:18


Est-ce à dire que c'est une course contre la montre ?
Si on dérange pépère et que, comme les abeilles d'une ruche, on répand la vérité, qu'elle va être la risposte ? Coupure Internet par exemple ?
Ou bien est-ce trop tard (pour eux), c'est foutu, et c'est tant mieux ?
Arf, continuons...

Anne Wolff 02/12/2013 19:39



 


Oui, mon intime conviction est que c'est une sorte de course contre la montre.


En ce qui concerne les coupures Internet, j'ai lu des articles en espagnol qui disent que le régime étasunien est sommé de rendre public en Janvier le plan de
coupure Internet qu'il a concocté. A voir donc à ce moment, je suppose qu'il s'agit de suspension sélective, Internet est trop intégré dans les structures du monde marchand pour qu'ils puissent
le couper totalement sans se nuire à eux-mêmes.


Mon point de vue : à part à l'échelle communale, la politique politicienne est un leurre, l'économisme dominant à créé des structures et "lois" marchandes qui
font obstacles à toute volonté de programme politique qui s'opposent à leur projet, plus qu'une nouvelle phase d'accumulation de capital : une appropriation du monde avec un projet de gouvernance
technocratique... on en a vu les prémisses, en Grèce, en Italie...et les traité européens qui associent dans une société dont les parts de capital privilégient l’Allemagne, comme le Mécanisme
Européen de Stabilité pour ne citer que celui là, FMI, BCE et ministres de l'économie... Le Marchand prend le pas sur la politique. "Sans budget aucune politique n'est possible" et ce sont des
structures transnationales marchandes qui déterminent les budgets.


La seule réponse aurait été de créer les structures d'une économie alternative, et de mépriser leurs produits, cela se fait à petite échelle, mais c'est rendu
chaque jour plus difficile par de nouvelles lois ou règlements, de nouveaux accaparements et tous ceux qui croient que le bonheur se vend au supermarché. Alors oui, c'est une course contre la
montre.


N'empêche, partout il y a de petits groupes de gens qui créent des petites structures d'une économie locale raisonnable et qui pensent que le bonheur et la
richesse se nichent dans les relations humaines chaleureuses et solidaires qu'elles permettent de créer. Cependant cela a un peu trop tardé à se mettre en place, et bien des personnes d'une
immense bonne volonté, tombent de la lune quand on leur parle d'un Brzezinki, qui s'occupe de leur avenir et pas en bien. Faire prendre conscience de l'état d'urgence... une montagne à déplacer à
la cuillère... c'est déjà mieux qu'une fourchette mais quand même... c'est pas gagné... plus on sera, de bras, de cuillères et de bonnes volontés, insensibles aux sirènes du consumérisme, mieux
ce sera.


 


 Moi aussi, je suis restée longtemps incrédule. Comment croire que des gens atteints d'un tel délire mégalo, parano,
sadique ou psychopathe, qui enverrait n'importe quel quidam au fin fond d'un asile de fou pour le restant de ses jours disposent aujourd'hui d'un tel pouvoir ?



Anne-Marie 28/11/2013 19:11


Brzezensky, n'est pas content, voilà une bonne nouvelle :-)

Anne Wolff 28/11/2013 19:26



Bon, je respire... j'en rigole franchement... c'est clair,  pas content le vieux pervers,  et c'est un encouragement pour continuer, soyons les petites puces qui le démangent au point
que sa folie meurtrière se transforme en folie gratouillére.


Mais prenons garde tout de même...



Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives