4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 02:22

 

 

 

 

Introduction

Récemment se sont produites deux importantes attaques terroristes quasi simultanées. A Boston des Tchétchènes ont fait exploser des bombes pendant le marathon annuel de la ville, tuant trois personnes et blessant 170. Au Venezuela, des partisans du candidat de l’opposition présidentielle dérouté, Henrique Capriles, ont assassinés 8 (10 NdT) et ont blessés 70  (environs 150 NdT) supporters du candidat du Parti Socialiste, Nicolas Maduro, pendant le lancement de bombes incendiaires contre des établissements sanitaires et diverses officines et résidences du parti. Dans le cas de Boston, l’orgie terroriste a provoqué une autre mort postérieure, celle d’un des auteurs, au Venezuela, quelques-uns des terroristes ont été placés en détention mais leurs mentors politiques restent actifs dans la rue (et à présent les moyens de communication étasuniens les présentent comme « victimes de la répression »)

Si nous examinons le contexte, les politiques, les réponses gouvernementales et le traitement que reçoivent dans les médias ces actes nous pouvons parvenir à une meilleure connaissance de la signification générale du terrorisme et comment elle reflète non seulement l’hypocrisie du gouvernement et des médias étasuniens, sinon les politiques implicites qui la stimulent.

Le contexte du terrorisme : un jeu dangereux de Tchétchénie à Boston. 

La Tchétchénie a été pendant plus de vingt ans un champ de bataille entre l’Etat russe laïque et les séparatistes musulmans fondamentalistes. Quand Washington eu finit  d’armer les djihadistes musulmans dans sa guerre triomphante contre le régime laïque afghan appuyé par les soviétiques dans la décade des 80, il étendit son programme d’appui aux régions musulmanes du Caucase et d’Asie Centrale de l’ancienne URSS.

Sans doute, l’armée russe dérouta les seigneurs de guerre tchétchènes, mais beaucoup de leurs adeptes armés fuirent vers d’autres pays pour s’unir à des groupes extrémistes de combat en Irak, au Pakistan, en Afghanistan et postérieurement en Egypte, en Lybie et actuellement en Syrie. Malgré qu’ils aient accepté les armes occidentales, en particulier étasuniennes pour lutter contre les adversaires laïques de l’empire nord-américain, l’objectif final des djihadistes a toujours été d’implanter un régime clérical (islamiste). Washington et les européens ont pratiqué un jeu dangereux en utilisant les fondamentalistes islamistes comme troupes d’assaut contre des nationalistes laïques, alors qu’ils prétendront postérieurement appuyer les néolibéraux « modérés » ou les régimes clients.

Cette politique cynique a échoué de toutes parts, y compris aux EU. Quand les soviétiques ont abandonné l’Afghanistan, les fondamentalistes afghans se sont emparés de l’état. Se confrontant aux EU qui envahirent le pays après les attentats du 11 septembre 2001, ils ont réussi à soutenir une guerre d’usure contre Washington et l’OTAN durant douze ans, engendrant de puissants alliés au Pakistan et dans de nombreux autres lieux.  Les régions d’Afghanistan contrôlées par les talibans servent comme bases d’entraînement et comme « point focal » pour les terroristes du monde entier.

L’invasion étasunienne de l’Irak et le renversement du président Saddam Hussein a ouvert la porte à dix ans de terrorisme d’Al-Qaeda et autres groupes religieux en Irak, détruisant entièrement toute une société séculaire. Dans le cas de la Lybie et de la Syrie, l’OTAN et les armes proportionnées par les états du Golfe ont augmenté énormément l’arsenal terroriste fondamentaliste dans le nord de l’Afrique, l’Afrique subsaharienne et le Proche Orient. Les terroristes fondamentalistes appuyés par l’Occident étaient derrière les attentats de New-York et Washington du 11-S et il subsiste peu de doutes  que les attentats Tchétchènes de Boston ne soient l’œuvre de cette nouvelle avancée du fondamentalisme appuyée par l’OTAN dans le Nord de l’Afrique et au Proche Orient.

Pourtant, contre toute évidence, les terroristes tchétchènes sont considérés par la Maison Blanche comme des “lutteurs pour la liberté” qui veulent délivrer leur pays des russes laïcs… Peut-être les attentats de Boston vont-ils changer cette appréciation.

Venezuela : le terrorisme comme “dissidence pacifique” 

Le candidat de l’opposition appuyé et financé par les EU, Henrique Capriles a été à la hauteur de sa réputation de violence politique. Durant la campagne électorale de sa candidature échouée aux élections présidentielles du 15 avril, ses partisans ont saboté des lignes électriques provoquants de fréquentes coupures. Ses sympathisants parmi l’élite ont accaparé les articles de première nécessité créant des pénuries et ont de manière répétitive proféré des menaces de violence au cas où ils perdraient les élections. En présence de plus de 100 observateurs internationaux appartenant à l’ONU, à la Commission Européenne, au Centre Jimmy Carter, qui étaient venus pour valider les élections vénézuéliennes, Capriles et ses cercles les plus proches lâchèrent les rênes à leurs bandes, qui descendirent dans la rue attaquants les électeurs socialistes, les travailleurs de la campagne chavistes, les centres de santé, les habitations protégées à loyer modéré récemment construites ainsi que les médecins et infirmières cubains.

La “terreur blanche” a provoqué 8 morts et 70 blessés. Plus de 135 casseurs de droites furent arrêtés et 90 parmi eux furent accusés de délits majeurs, conspiration pour assassiner et destruction de la propriété publique. Les crédits politiques violents de Capriles remontent pour le moins à la décennie antérieure, quand il joua un rôle important dans le coup d’état sanglant qui renversa le président Hugo Chavez en 2002. En   tête d’une bande de malfaiteurs armés, il donna l’assaut à l’Ambassade Cubaine, « détenant » des ministres du gouvernement légitime qui y avaient trouvé refuge. Après que la réaction de l’armée et des masses populaires aient rétabli le président, Capriles fut arrêté, accusé de violence et de trahison. Le vaillant procureur général,  de l’état, Daniel Anderson, était en charge de son procès et de celui de centaines de ses disciples terroristes quand il fut assassiné dans un attentat à la voiture piégée  que firent exploser des participants du coup d’état manqué.

Quoique la propagande électorale lui ait fait un ravalement de façade (le même se définit comme le candidat de « centre–gauche et prétend appuyer certaines « missions sociales » de Chavez) son appel à l’action violente aussitôt connue sa déroute a révélé ses liens étroits avec des agents terroristes. C’est seulement quand le gouvernement a ordonné à la Garde Nationale et aux Forces Armées de rester en état d’alerte maximale, qu’il fit marche arrière dans sa menace effrontée d’organiser une « marche massive » pour s’emparer des sièges des officines électorales. Il est évident que les tactiques de terreur de Capriles ne sont démontées  que face à une force plus grande. Quand l’ordre légal décida de défendre la démocratie et de ne pas céder au chantage terroriste, Capriles suspendit temporairement ses actions violentes et regroupa ses forces, permettant à la face légale-électorale de son mouvement d’entrer en action.

Réponse à la terreur : Boston et Venezuela.

En réponse à l’incident terroriste de Boston, furent mobilisées les polices locales, de l’état et fédérales qui ont littéralement fermé toute la ville et ses réseaux de transports et se sont dédiées à une « chasse à l’homme » globale et absolue ; les médias et la population au complet furent transformés en instruments de l’enquête policière. Des blocs et des quartiers furent passé au crible de haut en bas, avec des milliers de policiers et de forces de sécurité fortement armées entrant dans une maison après l’autre, fouillant dans chaque conteneur d’ordures, à la recherche d’un étudiant de 19 ans blessé.

L’état d’alerte terroriste fut déclaré dans tout le pays et les réseaux de police et les services de renseignements de pays étrangers participèrent à la traque des assassins. Les médias et le gouvernement montrèrent continuellement des photos des victimes, mettant l’accent sur les horribles blessures et la brutalité de l’acte, jusqu’à rendre impensable le débat au sujet de la moindre dimension politique de cet acte : il fut présenté, purement et simplement, comme un acte de terreur destiné à « plonger  dans la crainte le peuple américain et son gouvernement élu ». Chaque représentant du gouvernement exigea que quiconque pouvant être relié de près ou de loin au crime et aux criminels soient confrontés à tout le poids de la loi.

Cependant, simultanément avec l’attentat de Boston, les opposants terroristes vénézuéliens reçurent l’appui inconditionnel du régime Obama, qui affirma que les assassins étaient en réalité des « démocrates qui réclamaient la célébration d’élections libres ». Le secrétaire d’état John Kerry refusa de reconnaitre la victoire électorale de Maduro. Malgré la boucherie, le gouvernement du Venezuela ne proclama pas la loi martiale ; la Garde Nationale et la police loyales au régime firent respecter la loi et mirent en détention quelques douzaines de manifestants et terroristes. Beaucoup parmi les premiers, ceux qui n’étaient pas impliqués directement dans la violence, furent rapidement libérés. Malgré tout cela et malgré que la transparence des élections dûment certifiée par plus de cent observateurs internationaux, le gouvernement de Maduro accepta la principale demande des terroristes et accepta un recompte, avec l’espérance de contenir les effusions de sang.

 

Réaction dans les médias étasuniens

Toutes les principales agences de presses occidentales et la presse écrite ‘(en principe) « respectables » - Financial Times, New York Times et Washington Post- convertirent les assassins politiques vénézuéliens en « manifestants pacifiques » qui prétendaient seulement extérioriser leur désapprobation.  Autrement dit, Washington et les médias appuyèrent de toutes leurs forces la terreur politique perpétrée contre un gouvernement démocratique considéré comme ennemi en même temps qu’ils recourraient à une situation de quasi loi martiale face à un attentat terroriste aux EU, brutal mais limité. A ce qu’il semble Washington est incapable de faire le lien entre son soutien au terrorisme à l’extérieur et sa diffusion aux EU.

Les médias étasuniens ont bloqué le débat sur les liens entre groupes terroristes tchétchènes avec un siège aux EU et au Royaume Uni et les néoconservateurs et sionistes étasuniens, parmi lesquels on retrouve Rudolph Guliani, Richard Perle, Kenneth Adelman, Elliot Abrams, Midge Dector, Frank Gaffney et R. James Woolsey (tous membres affichés du singulier « Comité étasuniens pour la Paix en Tchétchénie », dont le nom fut changé en « Comité pour la paix dans le Caucase  après la terrible tuerie de l’école de Beslan).

Toutes ces éminences de Washington sont participants acharnés de la “guerre contre la terreur” quoique, peut-être nous devrions dire partisans de la « terreur et la guerre.1 Le quartier général et centre névralgique de nombreux dirigeants tchétchènes « exilés », réclamés depuis longtemps par les autorités russes pour leur implication dans des activités terroristes, est Boston, Massachussetts. Pourtant, jusqu’ici le FBI et le Département de Justice ont ignoré cette donnée importante, peut-être pour conserver les anciennes et toujours en vigueur relations de travail qui ont pour objectif d’organiser des incidents terroristes pour déstabiliser la Russie.

L’ancien candidat présidentiel et maire de New York, Rudolph Guliani déclara après l’attentat que les Tchétchènes “n’agissent qu’en Russie” (sic) et pas aux EU. (leurs tchétchènes sans doute). Autant Interpol que les organismes de l’intelligence étasunienne sont conscients de ce que quelques militants tchétchènes ont fait partie de différents groupes terroristes en relation avec Al-Qaeda dans le sud et le centre de l’Asie comme au Proche Orient. Les enquêtes spécifiques du gouvernement russe en relation avec un certain nombre de terroristes ou de cellule tchétchènes suspectes – qui apparemment inclues les activités du récemment décédé Tamerlan Tsarnaev – ont été mises hors-jeu.

 (Comme détail marginal – quoique en relation- nous dirons que la section du FBI qui a son siège à Boston fut connue depuis les années 60 jusqu’au 90 pour protéger comme informateur privilégié un brutal tueur à gage appelé James « Whitey » Bulger qui commit des dizaines d’assassinats dans la région de New England).

La vraie signification de la guerre contre la terreur

L’appui des EU aux terroristes vénézuéliens et à leur leader politique Henrique Capriles, fait partie d’une stratégie diversifiée qui combine l’usage des processus électoraux et le financement clandestins de « groupes de bases » qui promeuvent l’agitation pour des problèmes locaux, en appui à « l’action directe » qui inclus « essais » de violence politique contre les symboles et les institutions de la démocratie sociale. Le versatile Capriles est le candidat idoine pour concourir dans les élections pendant qu’il organise la terreur. Des expériences étasuniennes antérieures  de terreur politique en Amérique Latine eurent un effet boomerang, comme on peut le vérifier avec la participation du terrorisme cubain, qui a sa base à Miami, dans de nombreux attentats à la bombe et trafics d’armes et de drogues à l’intérieur des EU, et en particulier dans l’attentat à la voiture piégée à Washington en  1976,  qui a couter la vie du  ministre chilien en exil, Orlando Letelier et son assistant étasunien. Cet acte ne fut jamais qualifié de « terrorisme » à cause des liens officiels du gouvernement avec ces auteurs.

Malgré les liens financiers, politiques et militaires entre Washingtn et le terrorisme, en particulier le fondamentalisme, ce dernier maintien sn autonomie organisationnelle et poursuit son propre agenda politico-culturel, souvent hostile aux EU. Pour les Tchétchènes, les Afghans et les Syriens d’Al-Qaeda, les EU sont un allié tactique duquel il faudra se défaire dans le processus d’instauration d’états fondamentalistes indépendants. Les victimes de Boston devraient être additionnées  aux autres milliers d’étasuniens assassinés ou blessés à New-York, Washington, en Lybie, en Afghanistan et autres lieux par des fondamentalistes anciens alliés des EU.

A se placer du côté des terroristes et de leurs porte-paroles et refuser de reconnaitre la validité des élections au Venezuela, le gouvernement Obama s’est gagné l’antipathie de l’Amérique Latine et des Caraïbes. A appuyer des attaques violentes contre des institutions démocratiques au Venezuela, la Maison Blanche indique à ses clients de l’opposition aux gouvernements d’Argentine, Bolivie et Equateur que les attaques violentes contre les gouvernements démocratiques indépendants sont une manière acceptable de restaurer l’ordre néolibéral et « l’intégration régionale » centrée sur les EU.

Conclusion

Washington a démontré l’absence de consistance de son opposition au terrorisme qui dépende des objectifs politiques des terroristes et des cibles des attaques. Dans un de ces cas récents, le gouvernement déclare pratiquement la loi martiale à Boston pour tuer ou capturer deux terroristes qui ont attaqué des citoyens étasuniens dans une seule localité. Dans le cas du Venezuela, pourtant, le régime Obama a proportionné son appui politique et matériel aux terroristes afin de subvertir l’ordre constitutionnel et le régime électoral.

Comme conséquences des liens prolongés et profond du Département d’Etat, d’éminents leaders néocons et de notables sionistes avec des terroristes tchétchènes, nous ne pouvons espérer une enquête exhaustive qui mettrait en difficulté ou menacerait les carrières politiques d’importantes autorités étasuniennes qui maintiennent depuis longtemps des relations de travail avec ces criminels.

La Maison Blanche augmentera et étendra son appui aux mêmes terroristes Vénézuéliens qui ont saboté les réseaux électriques, les rapprovisionnements alimentaires et le processus électoral constitutionnel de ce pays. Dans ce contexte, la Terreur sert comme plateforme de lancement d’un assaut à grande échelle contre les avancées sociale de la dernière décennie sous le président décédé Hugo  Chavez.

Mientras tanto y con el fin de preservar la alianza de trabajo Washington-Chechenia, el atentado del maratón de Boston se considerará como el acto aislado de dos jóvenes desorientados, pervertidos por un sitio web fundamentalista anónimo, y sus acciones serán etiquetadas como "fundamentalismo religioso". Y a pesar de la crisis económica, se destinarán decenas de miles de millones de dólares más para ampliar el estado policial interno, aludiendo a su eficacia y eficiencia en el desenlace del atentado, mientras se continúan enviando en secreto más millones para provocar el terror "democrático" en Venezuela.

Pendant ce temps,  afin de préserver l’alliance de travail Washington-Tchétchénie, l’attentat du marathon de Boston sera considéré comme un acte isolé de deux jeunes désorientés, pervertis par un site web fondamentaliste anonyme, et leur action seront étiquetée comme « fondamentalisme religieux ». Et malgré la crise économique, des milliers de millions de dollars seront destinés à renforcer l’état policier interne, se référant à son efficacité et son efficience dans le dénouement de l’attentat, pendant que continueront à être envoyés en secret plus de millions pur provoquer la terreur « démocratique » au Venezuela.

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1 Véase el artículo del antiguo oficial del FBI, Coleen Rowley, sobre estas conexiones, "Chechen Terrorists and the Neocons",19 de abril del 2013.

Source espagnole Rebelion. Boston y Venezuela: el terrorismo de aquí y el de allí

Traduction  Anne Wolff

 

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