2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 08:39

 

 

Automne : Fall Colors in the Forest

 

Ainsi va le monde. Alors qu’il faudrait parler ici de ce qui se passe en Colombie, des grèves générales de nombreux secteurs qui exigent une économie plus solidaire mais aussi et surtout une réforme agraire, alors que le président a déployé l’armée dans le pays dans ce qui ressemble bien à un état de siège et que des individus violents qui se mêlent aux manifestations pacifiques déclenchent de sanglantes répressions, j’ai comme beaucoup d’entre nous le regard tourné vers la Syrie, et ses ennemis.

La Colombie j’y viendrai, deux mois d’absence d’Internet me mettent en état de « mise à jour » et tout cela prend du temps qui toujours manque et encore et encore. Laboratoire des USA sur le continent sud, tête de pont de la guerre menée par les faucons du Nord sur le territoire Sud dont Kerry a réactivé le caractère, à leurs yeux, d’arrière-cour qu’ils se réservent d’approcher vigoureusement à l ‘avenir, ce pays subit depuis plus d’un demi-siècle une guerre dite de « basse intensité » qui livre sa population aux mains de sicaire, de bourreaux, de violeurs de femmes et d’enfant alors que plus de 5 millions de paysans s’y sont vu expulsés de leurs terres au profit de transnationales, extractivistes ou Monsanto, alors que le Traité de Libre Echange dont le caractère asymétrique prouvé des Traités de Libres Echanges conclus avec les USA transforme ce pays en importateur de produits de base, en perte croissante de souveraineté alimentaire, dans des échanges toujours plus inégaux au fur et à mesure que s’accroit sa dépendance.

Ce qui n’est pas original en soit puisque ce sont les mécanismes récurrents de la globalisation capitaliste et que nous savons à présent que les mêmes processus produisent les mêmes effets, que l’Europe ne sera pas épargnée, la Grèce, pour ceux qui se donnent la peine d’essayer de comprendre ce qui s-y passe en témoigne. Au milieu de tous ces malheurs, une image me parle, celle de la privatisation des plages, lieu où le peuple dépouillé petit à petit de tout ce qui fait la dignité humaine pouvait encore se ressourcer pour affronter le pire, sont soustraites au bien public réduisant d’autant es espaces de liberté sans lesquels  nous sommes toujours plus réduit à évoluer dans un univers toujours plus carcéral.

Comprendre la globalisation, c’est comprendre que ce sont les même transnationales qui petit à petit se transforment par une accumulation inouïe de capital, une confiscation de bien public et une appropriation des terres en propriétaires de la planète instaurant une société de contrôle qui a la volonté de régir jusqu’à nos comportements, jusqu’à nos pensées.

Comprendre la globalisation, c’est comprendre que ce sont les mêmes qui agissent en différents lieux et que leur pratiques ne différent que parce que différents peuples, différentes régions se trouvent à des moments différents de de leurs histoires qu’il s’agit de conduire tous par des processus d’homogénéisation vers ce grand bassin « attracteur fatal » l’Histoire selon leur point de vue et l’avenir qu’ils projettent.

Comprendre cela, permet de prendre la mesure de ce dont ils sont capables en termes d’atrocités génocidaires, en termes de destruction de vie et de dignité humaine, en termes de… rien de bon. La Grèce et puis l’Espagne devraient tout de même nous mettre la puce à l’oreille… L’ultime réduction, celle qui conduit une partie de la population vers la misère comme une longue agonie, que certains raccourcissent en se donnant la mort, devenue la seule issue digne, ce stade ultime du capitalisme, qui le conduit à tout dévorer, se rapproche. Il n’est plus question que d’achever d’éroder les libertés par l’arsenal juridique et autres réglementation alors que les forces de répression subissent d’intensifs entraînement à la contrinsurrection, pendant que se poursuit une autre érosion celle de « l’opinion publique » par une propagande qui est l’outil d’une guerre psychologique commencée de longue date et qui a conduit ses aspirants propriétaires de planète à s’approprier peu à peu non seulement les médias mais aussi un droit de détermination des programmes scolaires de la maternelle à l’université !

En ce sens, ce qui se produit ces jours-ci dans la guerre à la Syrie (et aux Syriens) est important puisque voici que sous la pression d’une opinion publique mondiale défavorable à une intervention (officielle) de l’OTAN ou des USA dans cette guerre, l’intervention est retardée, le temps de lui redonner quelque apparence de légitimité, par exemple un vote positif du Congrès des USA - qui irait néanmoins à l’encontre des décisions du Conseil de sécurité de l’ONU, où il est certain que la Chine et la Russie continueront à exercer leur droit de véto. De nombreux facteurs entrent en jeu dans ce qui dans nos pays est bel et bien un revirement de l’opinion publique qui ne souscrit plus à la propagande officielle.

Il serait intéressant d’analyser les facteurs qui ont produit ce revirement. Je suis persuadée que ce qui fait le plus pencher la balance est la prise de conscience des risques qu’impliquerait cette intervention pour les habitants de nos régions. Risque du déclanchement d’une guerre mondiale, risque aussi de représailles terroristes en Europe, risque de crise économique aggravée par une hausse du prix du pétrole,…

J’ai donné hier aussi un autre argument que je reprends ici :

« A voir le déroulement de la guerre civile en Syrie, même ceux qui sont persuadés que Bashar-el-Assad est un dictateur sanguinaire à éliminer, ne peuvent croire qu’il est un crétin commettant une telle erreur stratégique.

Et donc apparaissent comme les imbéciles de l’Histoire, Obama et Hollande qui se sont évertués à nourrir cette légende. »

Et comme je n’ai plus beaucoup de temps, je termine en relayant une question fort intéressante, d’autant plus qu’elle n’est pas posée par la « communauté internationale » redresseuse de torts :

Et dans le cas contraire, celui où l’opposition serait reconnue coupable d’utilisation d’armes chimiques, que fera la « Communauté internationale » ? Qui « punira »-t-elle et comment ?…

Entre Syrie & Palestine ….. le prix Nobel de la Paix pose ses choix. | Mes coups de coeur

On est en droit de s’interroger à ce sujet et d’exiger des réponses claires.

Je ne sais plus qui a dit (cela se trouve sur résistance 71  ) : « Nous ne sommes plus dans un jeu d’échec mais dans une partie de poker », mais c’est on ne peut plus censé.

Allons-nous laisser quelques fous de pouvoir et de possession jouer notre avenir au poker ? Seule l’éveil des consciences et la prise de responsabilité populaire peut détourner le cours de ce destin fatal.

Anne W.

 

 

 

 

 

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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