29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 13:21

 

Propulsée dans le mouvement indigné, je me suis sentie emportée dans un mouvement de confusion. Si ce texte concerne plus particulièrement des personnes qui participent au mouvement où celles qui attirée ont été rebutée par un intellectualisme stérile et sectaire, il trouve néanmoins sa place sur ce blog comme témoignage d'un état d'esprit qui règne parmi nous.

 

Pas très douée en ce moment pour pondre des textes cohérents… je vais y aller d’un petit billet d’humeur qui aura au moins l’avantage de me faire passer les nerfs.

Deux mois d’imbibition dans le mouvement indigné et je vois des personnes réellement motivées se retirées pour cause de dysfonctionnement divers. Nombreuses sont celles qui ont le sentiment de se retrouver dans un mouvement que certains essayent de manipuler et de diriger de manière plus ou moins occulte, ne serait leur maladresse et ce mépris récurrent de ceux qui se prennent pour une élite, avant-garde d’un mouvement dont ils s’instaurent leaders auto-proclamés.

Ce qui est vraiment hallucinant c’est qu’ils ressemblent terriblement à des personnages qui ont sévit dans les sweet 60 et années de grande mouvance politique qui ont suivi. Discours similaires, stratégies dilatoires et manipulation sont à l'honneur, disqualification souvent par le mépris asséné de ceux qui ne possèdent pas la maîtrise de l'expression verbale. A-t-on sorti du placard quelques vieilles reliques en mal de pouvoir personnel, quelques infiltrés professionnels au service de la répression ou de groupuscules aux objectifs douteux ? 

Ceux qui furent témoins de cette époque, et tous ceux qui sont présents aujourd’hui sont les témoins de l'échec des luttes gauchistes de l'époque, quand la gauche sombre dans l'incohérence et l'inconsistance, qui a pour conséquence la catastrophe globale du monde par démobilisation de ceux qui ne savent plus ni comment, ni avec qui agir. J’ai vécu cette époque, participé aux mouvements des 7O jusqu’à ce que je comprenne à quel point nous étions manipulés. Face à ce sentiment partagé certains ont renoncé à la lutte pour prendre place dans les arcanes du système.

D’autres ont persévéré malgré tout et parfois envers et contre tout et tous à chercher des modes d’action efficace. Notre plus gros défaut étant notre naïveté, une naïveté dont je ne suis pas encore totalement débarrassée aujourd’hui. Une des choses les plus difficiles à concevoir quand on a orienté toute sa vie à agir pour construire un monde plus doux et équitable, ce sont les manières d’agir d’une oligarchie qui éliminerait volontiers et en toute bonne conscience  une bonne partie des habitants de la planète pour autant que cela servent leurs intérêts mesquins. Comme j’ai beaucoup de mal quand je suis témoin du même type de manipulations à petite échelle. Et comme je découvre une franche toujours plus grande de la population de mon pays mue par la peur de la différence et la haine, ces mammelles du fascisme.... Des petites gens qui se livrent à la rancune, à la frustration dirigeant leur hargne vers les boucs émissaires désignés à cet effet.... et ça marche... bêtise quand tu tiens les coeurs des peuples, tous les débordements répressifs morbides deviennent possibles... nous en arrivons là... 

Pendant des décennies s’est installé de manière concertée cette dictature qui aujourd’hui vise une domination totale de la planète et de ses habitants. Bref des comportements qui conduiraient droit en psychiatrie fermée des personnes moins haut placées : mégalomanie, paranoïa et comportement psychopathes caractérisés par une absence totale d’empathie.

Je constate malheureusement autour de moi que nombre d’entre nous adoptent des comportements d’esclaves. Se reconnaissant implicitement ou explicitement des dirigeants et posant la revendication comme mode d’action, ils renoncent à cette faculté d’autodétermination qui est la première des conditions d’un monde de liberté. La liberté ne se revendique pas elle se pose. Et c’est de cette capacité à poser des actes constructifs d’un autre monde sans demander la permission à de pseudo-autorités dont certaines créent sciemment les crises qui nous étouffent et d’autres nagent dans la confusion faute d’avoir une vision claire des intérêts qu’elles servent réellement.

Face à la folie des uns et au manque d’intelligence des autres, nous pouvons bien sûr aller chercher les matraques et la répression mais franchement je ne vois pas l’intérêt dans un contexte où les actes les plus légitimes quand ils vont à l’encontre des diktats de la société marchande se trouvent menacé de répression sans qu’il soit besoin de la faire mousser pour des actions qui n’avance personnes à rien. Le nouveau concept de répression préventive mis en oeuvre par les forces de l'ordre créent de nouvelles conditions de résistance. 

Depuis longtemps je mène mes petites enquêtes qui m’ont amené à constater que la population indignée de Belgique est nombreuse mais qu’elle en a par-dessus la tête des politicards professionnels quelles que soient l’étiquette qu’ils adoptent pour promouvoir leurs salades. Démagogie populiste qui n’a assurément pas sa place dans un véritable mouvement populaire et qui masque (à peine) la quête de pouvoir personnel qui prime chez certains personnages.

Malgré cela, stimulé parfois d’être en réaction contre de nouveaux candidats dirigeants, se dessinent d’autres manière d’agir soutenues par d’autres courants du mouvements et des personnes extérieures rendues méfiantes par des contacts désobligeants lors de leurs tentatives d’approche. Faut-il laisser quelques uns s'accaparer du mouvement et aller voir ailleurs si des modes dactions concrètes peuvent se développer? Faut-il entrer en conflit et prendre des mesures d'exclusion explicites ou implicites au risque de dénaturer la nature du mouvement ? 

C’est là que nous en sommes, allons-nous suivre la dérive sectaire et groupusculaire à connotation gauchiste où allons-nous nous ouvrir à toute personnes concernée, intéressée, prête à s’impliquer dans des pratiques collectives qui posent les germes de ce monde nouveau auquel nous aspirons ?

Contre ce populisme démagogique et prétentieux, il est temps de nous ouvrir pour constituer un véritable mouvement populaire ou il serait possible de s’impliquer sans avoir à passer des examens de rhétorique et aptitude à un certain « politiquement correct ».

Comme d’autres au polygone j’ai dû faire face à des procès d’intention et arguments d’autorité destinés non seulement à disqualifier ma manière d’agir mais aussi et c’est bien pire à me disqualifier en tant que personne. Personnellement, cela ne m’affecte pas outre mesure, je pense que cela dénonce ceux qui pratiquent ce genre de méthodes bien plus que cela ne me nuit. Ce qui est dommage, c’est que cela m’oblige à les mettre en cause pour rétablir la vérité et que je me passerais bien d’avoir à en passer par-là. 

D’un autre côté, comme il y avait bien longtemps que je n’avais rencontré autant de belles personnes avec qui je me sens en affinité et sympathie réciproque, je me reterritorialise sur l’action locale, à petite échelle, laissant autant que possible les fâcheux à leurs affaires et à leur cirque. En gardant néanmoins un œil sur leurs agissements pour pouvoir les empêcher de nuire.

L’adrénaline est une drogue particulièrement appréciée par la jeunesse rebelle, mais chercher et provoquer la violence répressive quand on pourrait encore l’éviter pour se consacrer à des actions plus constructives fait insulte à tous les peuples en lutte de la planète qui n’ont pas le choix et qui ne peuvent considérer l’aventurisme ambiant ici que comme la réaction d’une bourgeoisie malade qui ignore tout des vrais problèmes qui touche ici aussi une grande partie de la population. Défoulement comme mode de diversion, canalisation de l'énergie loin de la concrétisation d'objectifs précis, en ce qui concerne certains d'entre nous : pratique collective et conviviale de remèdes à la pauvreé et la précarité dans des lieux réappropriés à cet usage.

J’ai eu la surprise d’apprendre de la part de quelques militants de gauche présents au Carré de Moscou que la misère rencontrée sur place était une découverte pour eux. Dans quel monde vivaient-ils jusque-là. De quelle aptitude à se fermer les yeux sur la réalité de nos rues sont-ils dotés. Au-delà d’un manque d’intérêts caractérisé pour les problèmes réels, cela témoigne d’une absence totale de faculté d’observation.

Certains réagissent à cette prise de conscience et reconsidèrent leurs modes d’action mais d’’autres continuent à se raccrocher aux cercles vicieux d’un gauchisme éculé et qui n’a rien fait d’autre auparavant que contribuer à créer les conditions objectives de la dictature qui s’installe toujours plus fortement.

Allons-nous réussir à triompher de cette crise d’identité qui marque les début de notre mouvement ? L’avenir nous le dira

 

 

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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Yog 29/07/2011 14:57



Bonjour Anne.


Comme toujours, c'est le fond de l'homme qui doit changer. Le reste suivra automatiquement. Tu as raison de faire ce que tu fais puisque cela est juste pour toi. Avancer malgré tout et sans
violence, est le meilleur exemple à donner.


Je suis admirative de ta persévérance.



Anne Wolff 10/08/2011 22:46



Quel plaisir de te lire. ... La persévérance ? oui, c'est incontestablement une de mes caractéristiques, même que parfois, je peux être plus que persévérante dans la sottise aussi.


Les dernières années ont été dures, et à l'époque où je le tenais au quotidien, ce blog et les contacts qu'il a créé m'ont vraiment permis de survivre.Là j'avance vers d'autres pistes et espère
avoir l'occasion d'en parler ici.


Tout de bon à toi


Anne



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