18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 11:36

 

 

Bataille pour l’Europe

Dossier: Règlement de la situation en Ukraine

Kiev
16/04/2014
Par Alexandre Latsa, La Voix de la Russie-RIA Novosti

Les évènements à Kiev ne témoignent pas seulement de l’affaiblissement de l’Ukraine en tant qu’Etat, mais peut-être même de sa disparition en tant que nation, du moins telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Zone faible et molle entouré de deux zones fortes et dures, la Russie et l’Ouest américano-centré sous contrôle de l’OTAN, l’Ukraine paye aujourd’hui tout autant le prix de l’exécrable gestion des élites qui s’y sont succédé au pouvoir depuis la chute de l’URSS que celui de l’ingérence américaine qui veut faire d’elle un fusible de l’OTAN au cœur de l’OTAN aux frontières russes.

Par une inévitable et implacable logique historique ressurgissent en ces temps troublés des lignes de fractures pourtant évidentes entre l’Ouest du pays qui n’a jamais fait partie de l’empire russe et fut annexé par l’URSS, et le reste de l’Ukraine qui au contraire a fait partie de l’empire russe. Ce reste de l’Ukraine qui est lui décomposable entre une Crimée historiquement russe et rattachée par accident à l’Ukraine en 1954, un Est et un Sud-est russophones et ouvertement pro-russe (ou se concentrent les troubles de ces derniers jours) et enfin l’Ukraine centrale avec Kiev qui, victime de sa croissance et d’une immigration de travail venue de l’Ouest du pays, a connu une profonde modification sociologique que l’on pourrait qualifier de galicisation politique, morale et politique.

La bataille d’influence qui se joue sur la pauvre nation ukrainienne traduit une nouvelle fois l’absence de politique étrangère de l’Europe (la Zerope disait un célèbre écrivain français exilé au Canada), dont les positions sont alignées sur celle de l’Amérique avec une déroutante symétrie. Pourtant malgré la prodigieuse propagande déployée pour nous y faire croire, il n’y a pourtant pas de coup d’Etat russe en Ukraine.

Les seuls coups d’Etats en Ukraine sont ceux de 2005 et 2014, le dernier portant le triste nom d’Euromaïdan malgré son modus opérandi conçu outre-Atlantique et ses objectifs dirigés contre la paix sur le continent. Des coups d’Etats fomentés par le département d’Etat américain avec l’intention claire et unique de séparer l’Ukraine de la Russie et donc la Russie de l’Europe. Pourtant nul ne peut aujourd’hui douter que les nations européennes seraient les grandes perdantes d’un conflit entre «l’occident» et la Russie, conflit qui les éloigneraient de cette dernière.

Le funeste Euromaïdan, qui a fait des dizaines de morts, s’est accompagné d’un double standard sémantico-médiatique odieux. Pour les journalistes français, lorsque des dizaines de milliers de casseurs attaquent l’Etat et l’ordre public en renversant le gouvernement et causent directement ou indirectement des dizaines de morts et des centaines de blessés, ces évènements sont des éruptions démocratiques et les manifestants sont europhiles ou pro-européens. Dans le même temps, des comportements similaires à l’Est du pays sont dénoncés comme une violation du droit et les activistes pro-russes qualifiés de terroristes (sic) alors même qu’on ne compte pas de victimes mais juste quelques blessés.

Nul ne peut plus aujourd’hui douter que cette ligne de fracture provoquée volontairement survient chronologiquement au moment précis où l’hémisphère Nord est sur le point de ce scinder en deux blocs: eurasiatique et atlantique, autrement dit russe et américain. Historiquement, dans la grande fâcherie qui pourrait survenir entre un Occident américano-centré et la Russie, la France et l’Allemagne porteront la lourde responsabilité historique du vide politique que la communauté européenne a manifesté.

Prions que les élites européennes, visiblement atones à ce jour, sortent de la torpeur dans laquelle elles semblent se trouver avant qu’il ne soit trop tard.

La Voix de la Russie

 

 L'Europe champ de bataille ?


 

J’J'ai lu ce texte hier parmi beaucoup d’autres, 

-     - alors que je suis simultanément la tentative de coup d’état au Venezuela, et que j’ai pu voir que le Commando Sud de l’armée US, ainsi que l’a proclamé récemment son général en chef, maintient des troupes à la frontière du pays, dans leur « pays amis », (la Colombie, principalement) qui sont prêtes, dit-il, à intervenir immédiatement au Venezuela en cas « d’urgence humanitaire »

-   -    alors que j’ai accéléré depuis quelques temps mon réapprentissage de l’histoire de la seconde guerre mondiale, de ses prémisses et de ce qui a suivit. Une étude que j’avais entamée il y a longtemps mais sans aller au fond des choses, parce que c’est trop moche. Et que j’étais comme beaucoup d’entre nous tant imprégnée du « Plus jamais cela (le nazisme) » comme d’une certitude et non d’un combat à poursuivre au quotidien que je ne voyais pas la nécessité d’aller fouiller les poubelles de l’histoire.

 

A présent il est pour moi tout à fait clair que les fascismes, nazismes et franquismes européens n’auraient jamais pu devenir la réalité de l’Europe pendant les années de guerre et perdurer en Espagne ou en Grèce sans le soutien actif de Corporations, Banquiers et Entreprises « Alliées » qui les ont soutenus politiquement, financés et armées.  Que l’intervention des USA comme « sauveurs » ne s’est produite que quand l’URSS victorieuse des armées d’Hitler était en train d’avancer à grands pas vers l’Europe de l’Ouest menaçant d’y étendre son influence. Que si nous pouvons voir que les USA se sont bougé le cul pour « sauver l’Europe du communisme », le nazisme à lui seul n’y avait pas suffit. Que depuis à travers la dite Guerre Froide, la Guerre contre l’URSS, qui menée via les nazis avait échoué, a été la poursuite ininterrompue de cette guerre USA - URSS par d’autres moyens.

Que depuis les mêmes « décideurs de Washington » n’ont jamais cessé de travailler en étroite collaboration avec les nazis pour poursuivre cette guerre en Amérique Latine principalement, alors qu’en Europe il n’y a jamais eu de dénazification – en Allemagne en particulier – en dehors du show de Nuremberg mis en scène conjointement par Allen Dulles et des généraux allemands nazis avec qui il avait préparé la capitulation de l’Allemagne, mais aussi le blanchiment ou l’évacuation des autres nazis non sacrifiés pour les besoins de la cause.

D’autre part, il est tout à fait évident que les régimes fascistes correspondent tout à fait bien aux besoins du Schéma de Nouvel Ordre Mondial avec sa gouvernance technocratique et centralisée telle que le décrivent ses concepteurs et promoteurs eux-mêmes et sa volonté de contrôle absolu des comportements collectifs énoncé par les mêmes concepteurs et qui dans les termes du Pentagone se traduit par l’objectif de « Domination du Spectre Total ».

 Actuellement la remontée (émergence de son existence souterraine ininterrompue et multiplication des effectifs, pénétration des institutions et créations d’armées à leur service) du nazisme est un phénomène mondial et que la figure d’Hitler est une icône reconnue comme le « bon leader par excellence’ par des groupes d’extrême-droites d’un bout à l’autre de la planète. Que ces groupes se multiplient, grandissent en nombre et se professionnalisent militairement. Kiev étant actuellement devenue le haut lieu Européen de ces camps d’entraînement paramilitaires ou des camps sont à disposition des « amis d’Hitler ».

 

Ils sont partie prenante et dirigeante de la guerre de basse intensité qui au Venezuela est la troisième phase (1) Révolution de Couleur, 2) Coup d’État tous deux mis en échec par une large alliance de gouvernements et organisations populaires de la région) de l’actuelle tentative de renversent du gouvernement légitime.

Les liens de subordination, financements et entraînements de ces groupes nazis et autres fascistes par Washington ont été abondamment documentés en ce qui concerne leurs activités au Venezuela mais également dans d’autres pays de l’Amérique Latine qui subissent actuellement les assauts de la reprise en main vigoureuse de la région annoncée par Kerry, que des documents démontrent également que les groupes nazis qui sévissent en Ukraine ont été subsidiés par les mêmes (via des les mêmes fondations, ONG, d’autres similaires principalement mais pas exclusivement) , qui ont organisé le Coup d’État d’Ukraine de longue date.

Nous pouvons ajouter, un encerclement militaire de la Chine toujours plus agressifs et le soutien à des groupes de déstabilisation à l’intérieur du pays. Les récupérations par des courants de droite des manifestations populaires du Brésil et d’Argentine et leur instrumentalisation à des fins de déstabilisation des gouvernements et beaucoup d’etc, pour situer l’ensemble de ces événements dans le cadre d’un moment précis de la globalisation marchande.

Faisant abstraction de toute diabolisation mystique, mais en se fondant sur des événements concrets et les documents qui les décrivent, en prenant la mesure des transformations réelles de nos modes de vie et des comportements des masses, au cours des dernières décennies, en prenant en compte l’acharnement doublé de cruauté et de sadisme qui a conduit Washington a détruire toute alternative à son projet d’hégémonie mondiale, dont témoigne son acharnement contre l’URSS en un premier temps et contre la Russie actuelle, dont le président Poutine est bien plus proche de la figure souverainiste de De Gaulle que du « communisme » de Staline, mais s’oppose tout autant à la réalisation de monde unipolaire, en constatant sur le terrain la multiplication de ses foyers de guerres civiles annoncée par le Pentagone, et la doctrine de guerre des pauvres contre les pauvres qui fait partie intrinsèque de la partie occulte de la doctrine de Sharp (coups d’état doux en surface durs loin des caméras).

En constatant que le redressement de la Russie sous la direction de Poutine, et que le réveil de l’Amérique latine impulsé par Chavez sont considérés par les stratèges du Pentagone et ceux qu’ils servent comme des obstacles majeurs à leur hégémonie, dont l’absolutisation souffre de nombreux retards, en constatant également qu’il s’agit d’un vieux projets, poursuivit par quelques dinosaures et leurs héritiers formatés et conditionnés à ne percevoir le monde que dans les termes qui le définisse, et en prenant en compte bien d’autres données concordantes et convergentes à différentes échelles…

La conclusion s’impose : Le Projet  est devenu un but à atteindre absolument et par n’importe quel moyen, ce qui implique un déni permanent de réalité et l’obligation de détruire systématiquement toute alternative, un but face auquel la vie en général et la vie humaine en particulier n’a de valeur que comme rouage du projet, sans quoi elle doit être détruite sans pitié ni merci ou contrainte par la répression à se soumettre. Mais la vie ne cesse d’inventer de créer de nouvelles formes de résistance. L’URSS est démantelée surgit Poutine, une génération Souverainiste d’Amérique Latine a été massacrée, surgit Chávez… et je ne connais pas la Russie, mais en Amérique Latine et ailleurs, Chávez est aujourd’hui le nom d’une grande famille forte de dizaines de millions de personnes et compte des centaines de millions de cousins portant d’autre noms. Une famille qui est en éveil, en lutte, unie pour s’opposer au projet de domination et d’un nouveau massacre qui la menace.

Malheureusement les derniers événements me donnent à penser que l’Europe est aujourd’hui elle aussi menacée doublement par une prise de pouvoir de fasciste qui préparent leurs troupes et sont déjà très influents dans de nombreux gouvernements. Et chacun des éléments que j’ai pu rassembler, comme la décision du gouvernement d’Ukraine d’armer massivement de Kalachnikov des milices « citoyenne » alors qu’à Genève est exigé le désarmement immédiat des terroristes de l’Est, les efforts massifs et multiples pour mettre Poutine dans le rôle d’agresseurs, et le retour des enjeux de 40-45, la domination de l’Europe et la chute de la Russie à n’importe quel prix… aucun doute la guerre civile est au Programme en Ukraine. Sachant que la population insurgée ne se tourne vers la Russie qu’en conséquence de l’absence d’autre allié dans sa résistance à un coup d’état fasciste qui proclame bien haut sa volonté d’en finir dans le sang avec les Russophones du pays et autres communistes, nous voyons que les rôles sont attribués et le scénario écrit.

Mais jusqu’ici tant la Russie que le Venezuela ne cesse de réinventer ce scénario en donnant des réponses inattendues qui jusqu’ici, modifient le scénario en leur faveur.

Nous savons aussi que les concepteurs du scénario d’hégémonie globale ont écrit que leur Pouvoir s’installeraient grâce à une crise tellement terrible qu’ils apparaîtraient comme les seuls sauveurs possibles face à des peuples prêts à se soumettre pour arrêter le massacre. Oui nous vivons un moment très dramatiques de l’histoire de l’humanité.

La question cruciale pour nous : Le scénario prévoit il que l’Europe se transforme en champ de bataille.

Mon intime conviction : la réponse est oui !

Anne Wolff

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