19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 04:27

 

Le collectif du château - 15 mars 2012

 


Le 20 février 2012, l’Etat a décidé de nous remettre à la rue en mettant fin au plan grand-froid.

Fatigué d’appeler le 115 chaque soir pour recevoir la même réponse négative, nous avons décidé de nous organiser ensemble pour lutter contre la misère organisée et maintenue par l’Etat et de trouver nous-même une solution à un problème qui ne devrait même pas se poser.

Nous avons donc choisi de réquisitionner des bâtiments laissés vide par leur propriétaire pour avoir un logement digne, souffler et reprendre nos vies en main car CHAQUE NUIT IL FAIT TOUJOURS AUSSI FROID ET ON EST TOUJOURS AUSSI SEUL.

Malgré que nous avions occupé plusieurs lieux depuis plus de 48 heures, l’Etat s’est passé de ses propres lois et a décidé d’entrer chez nous pour nous en sortir au petit matin.

Depuis le 5 mars, nous avons emmenagé dans un bâtiment situé 63 allée des Vitarelles pour mettre à l’abri des personnes vivant seules ou en couple qui n’avaient d’autre choix que de dormir à la rue.

Grâce à cette réquisition ce sont plus de 25 personnes qui ne sont plus obligées de dormir à la rue, qui organise une vie collective et construise ensemble un projet social ouvert sur le quartier et sur la ville.

Ces personnes viennent de rendre à l’histoire ce qui lui appartient : en effet, cet édifice était une Maison de Retraite et un Bureau d’aide sociale créé au début du 20ème siècle. Ces bureaux d’aide sociale étaient les ancêtre des centres communaux d’action sociale.

Ce bâtiment, désaffecté depuis plus d’un an ne servait qu’à y entreposer des déambulateurs. Alors que peut-être tous ensemble nous pourrons continuer l’histoire et faire de ce lieu un point d’entraide sociale et d’affaissement des barrières que la société nous mets dans la tête.

Le premier contact avec le propriétaire, la Mairie de Toulouse, et le voisinage est positif et l’ambiance à l’intérieur est au beau fixe.

Toutefois, nous avons besoin de votre aide pour meuble ce lieu et organiser de nouvelles formes de vie.

Vous trouverez donc ci-joint une liste de nos besoins :

- matelas et sommiers

- tables, chaises, commodes...

- nourriture

- produits d’entretien, vaisselle...

Nous vous invitons aussi à passer nous voir pour prendre un café, participer à l’organisation de la vie du lieu, proposer des projets,....et surtour nous apporter votre joie ou bénéficier de la nôtre.

Nous vous invitons aussi à participer à ce mouvement car nous devons continuer à nous battre pour les autres et avec les autres. En effet, plus de 150 personnes dorment à la rue chaque soir.

Nous continuons donc la lutte.

Ceci est aussi un appel à rejoindre ce mouvement social qui, comme d’autres à Toulouse, ont décidé de reprendre leur destin pour que toutes et tous puissions vivre digne et heureux.


 

Source : Courriel à Reporterre Reporterre.net - A Toulouse, un centre social abandonné est occupé par les SDF

Contact : occupybernies (arobase) gmail.com et Groupement pour la défense du travail social

Lire aussi : A Toulouse, la préfecture veut expulser des familles avec enfants

 

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  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
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Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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