12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 11:26

 

Voici un texte qui confirme ce qui apparaît de plus en plus clairement à un nombre toujours plus grand de personne. Un bref rappel : Manuel Zelaya, président libéral du Honduras, va au cours de sa présidence glisser vers la gauche. Désirant mettre en œuvre des programmes sociaux d’éducation, de santé, il se tourne vers Washington (et organisations économiques et financières qui en émanent) pour recevoir une aide à cette fin. On s’en doute à l’heure du démantèlement mondial généralisé de tout ce qui peut permettre le bien vivre des peuples, il se heurte à un refus obstiné.  Il se tourne alors vers L’Alliance Bolivarienne des Peuples de Notre Amérique, l’ALBA impulsée par Hugo Chavez. Zelaya décide aussi d’expulser les forces militaires des USA de leur base de Palmerola au Honduras pour en faire un aéroport civil et de mener une consultation populaire (non contraignante) pour savoir s’il y a lieu d’organiser un referendum (contraignant) qui se tiendra le même jour que les élections Présidentielles, régionales et municipales, ajoutant une « quatrième urne ».

Le jour même où doit se dérouler la consultation populaire le 28juin 2009, se produit un coup d’état militaire, Zelaya est enlevé et conduit hors du pays par des troupes dirigées par ceux là même qui menaient les escadrons de la mort qui ont sévi dans ce pays lors des années 80 de sinistre mémoire. L’ONU à l’unanimité moins un condamne le coup d’état et l’OEA de même. La jeune administration Obama est alors attendue au tournant par ceux qui s’imaginent encore qu’elle pourrait se démarquer du projet néo liberal mené par les Corporations Transnationales à vocation Monopolistique et proté par les précédents régimes étasuniens.

Obama n’interviendra quasiment pas sur ce thème, faisant comme cela lui deviendra habituel « semblant de rien » alors que H Clinton se chargera d’envenimer l’histoire et de légitimer les putschistes. Depuis de nombreux documents ont retracé la genèse de ce coup d’état démontrant la participation du Département d’Etat US à sa préparation et ensuite à sa perpétuation, en permettant en novembre 2009 la tenue d’élections bidons - dans un climat de répression, sous contrôle des escadrons de la mort - qui permettront une fiction de légitimation des auteurs du coup d’état. C’est l’appel que lancent aujourd’hui toutes les composantes de la résistance hondurienne, un appel à l’opinion publique internationale pour contribuer à empêcher que les élections qui se dérouleront dans moins de deux semaines soient elles aussi une sanglante farce de mauvais goût à l’instar des précédentes. C’est aussi pourquoi nous sommes quelques-uns à vous demander de relayer cet appel. Grand merci à  el correo  pour la traduction du texte que je commente ici (Honduras : un récent rapport montre que les avancées socio-économiques de Zelaya ont disparu en grande partie après le coup d’Etat. - El Correo) Plus il y aura d’observateurs attentifs de cette élection de part le monde, prêts à rendre publics et dénoncer, les crimes, les répressions et autres abus du pouvoir en place, plus ce pouvoir aura les mains liées donnant la possibilité au peuple du Honduras de sortir de l’enfer dans lequel il est plongé.

L’opposition à des composantes très différentes, d’une part ce peuple conscient qui s’est organisé depuis juin 2009, en faisant appel à l’intelligence collective pour créer une large base de résistance continue, d’autre part une bourgeoisie souverainiste. Comme ce fut le cas pour le coup d’état au Chilien 1973, le coup d’état militaire au Honduras, s’est produit avec le soutien d’une grande partie de la bourgeoisie nationale « ancienne mode » qui s’est vue évincée dès qu’il fut accompli par une junte militaire et la clique des facilitateurs du projet des transnationales dans le pays.

Sans entrer dans les détails, le régime actuel, quoique pas encore assez rapidement aux yeux des transnationales, après avoir détruit toutes les avancées sociales mises en œuvres par Zelaya, s’est mis à opérer une véritable cession du pays aux transnationales sous diverses formes, qui toutes accordent à ces dernières des droits inouïs sur le territoire, sur les ressources naturelles du pays mais aussi sur ces habitants soumis à un véritable régime de terreur. Les dernières concrétisations en date de ce projet sont la « Loi Hypothèque », une cession des ressources contre le financement du régime et de l’oligarchie locale pour faire face au plus pressé, entre autre gagner les prochaines élections de gré ou de force ; et le retour sur le tapis des cités modèles, véritables enclaves néo libérales, qui se verront entièrement soustraite du territoire national, de son administration, de sa fiscalité et ayant leurs propres forces de l’ordre. Une première version de ces cités modèles avait sous le nom de RED (Régions Spéciales de Développement) été préalablement déclarée inconstitutionnelles par la Cour Suprême. Qu’importe ! Depuis les juges de cette Cour ayant voté l’inconstitutionnalité du projet, se sont vu limogés et remplacés par d’autres plus favorables. La loi des cités modèles, requalifiées de ZEDE (zone d’emploi et de développement économique) à présent été adoptée par les instances législatives du pays, avec quelques modifications (par exemple il est stipulé que : la défense de ces territoires en cas d’agression extérieure sera du ressort de l’état du Honduras, preuve que ces enclaves font toujours partie du territoire national !). Quelques dizaines de personnes et organisations s’apprêtent à introduire un nouveau recours d’inconstitutionnalité. Ajoutons que dans le texte, il est bien stipulé également que les occupations se poursuivront indépendamment des successions de gouvernements à venir et de leur volonté ! A suivre donc…

Le Honduras est aujourd’hui un des laboratoires les plus avancés de l’expérimentation du néo-libéralisme absolu, dans lequel excellent des transnationales qui trouvent leur origine tant au USA qu’en Chine (cf, la lutte du peuple Lenca contre le mega-barrage chinois SINHYDRO dans la région du Rio Blanco). Les élections à venir méritent donc notre attention pour des raisons multiples. La première étant cette solidarité qui devrait exister entre peuples opprimés de la Terre, quand l’un d’entre eux est plus spécialement soumis aux exactions du terrorisme transnational (littéralement, un peuple volontairement plongé dans un état de terreur permanente qui vise à le rendre impuissant),il mérite aussi notre attention pour des raison plus égoïstes, en tant que laboratoire de ce projet de cession de territoire, - dont la Grèce est un autre type de laboratoire - dans ce jeu de dominos qui fait tomber les nations les unes après les autres, pour s’emparer de leurs territoires, des bien communs et privés des populations, mais aussi prétendant leur dicter leur manière d’être et mettre des limites non seulement à la liberté d’expression mais jusqu’à celle du droit de penser librement qui se voit restreint -,  le Peuple du Honduras debout et libre, serait une victoire pour tous ceux qui luttent contre le projet d’accaparement du monde par les corporations transnationales à vocation monopolistique. L’évolution économique du pays pendant et après Zelaya étant la meilleure démonstration qui soit : le but recherché par ce pouvoir transnational - qui instrumentalise tant le FMI et autres Banque Mondiale et autres instances économique, que le Pentagone et autres organes de répressions tant publics que privés de par le monde, ainsi que les medias, les formes de la culture et toujours d’avantage les système d’éducation,  et qui ont obtenu que dans une majorité de démocraties représentatives, les représentants soient les leurs et non ceux des peuples comme le voudrait la fiction politique – ce but ne n’est pas la prospérité économique des nations,  mais bien la création des conditions qui leur permettent de s’accaparer du monde, de le soumettre à leur gestion, à leur contrôle absolu, sans alternative existante ou possible. Et toujours au détriment des peuples comme le prouve toutes leurs actions en tout lieux de la planète.

En soutien au peuple du Honduras, pour qu’il dispose de son droit à l’autodétermination avant, pendant et après les élections.

Anne Wolff

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives