19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 07:54
Polémique : 1 article et une réponse à cet article malheureusement en anglais, qui ouvrent le débat sur le tourisme "écologique"...Cet article formule aussi quelques critiques vitriolées à l'encontre del subcomandante Marcos. La réponse met en cause ce que ne dit pas le rédacteur de l'article, or souvent la désinformation prend la forme du non-dit. Une stratégie qui consiste à focaliser l'attention dans une direction la détournant d'autres points cruciaux.
Le tourisme "écologique" donne lieu à bien des dérives se focalisant sur les "paysages" mais ignorant les problèmes des populations locales qui deviennent domestiques des bobos en vacances, une nouvelle forme subtile de colonisation. Je publie donc cet article qui attire l'attention sur cet aspect des choses et la réponse qui ouvre un autre débat : celui des critiques internes des mouvements révolutionnaires.
La question que me pose ce texte : quel type de critique est constructive ? Quel type de critique jette le discrédit et est en fait nuisible au mouvement que celui qui la formule prétend soutenir ? Je n'adhère pas au point de vue de Ross, mais les questions soulevées par la polémique sont intéressantes.


Anne


par John Ross
Article publié le 26 avril 2009
 

La marchandisation du mouvement zapatiste a récemment atteint des sommets d’absurdité dans le New York Times, qui a qualifié les villages rebelles du sud-est du Chiapas de destination touristique à la mode et à bas prix. « Chiapas Is Cheap ! Indian Villages Flourish And The Price Is Right ! » (« Le Chiapas est bon marché ! Les villages indigènes sont florissants et les prix sont bons ! ») pouvait-on lire en gras dans la section Voyage du NYT du dimanche 16 novembre – ironiquement, la veille du 25e anniversaire de la création de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN, sigles en espagnol).

La double page consacrée au sujet contenait également une photo du caracol, le centre politico-culturel zapatiste d’Oventic, à 45 minutes de voiture de la ville en vogue de San Cristobal. « L’échec de leur révolution » (sic) a donné à la région zapatiste un « frisson de danger » commentait Matt Gross, le soi-disant « simple voyageur » du Times, quelques jours plus tard, après s’être frayé un chemin jusqu’au caracol pour rédiger un article tape-à-l’œil où il va jusqu’à indiquer les prix imbattables des quesadillas vendues dans le magasin Che Guevara du village.

Ouvrant la voie à l’assaut touristique lancé à tout va dans l’Etat du Chiapas sur la zone rebelle, le projet d’autoroute traversant les montagnes pour relier San Cristobal (« le nouveau Soho », selon les professionnels) aux magnifiques ruines mayas de Palenque, empiéterait sur une douzaine de villages autonomes zapatistes. Les pressions exercées pour faire du Chiapas une destination touristique internationale continuent à engendrer de la violence entre communautés zapatistes et non zapatistes à propos du contrôle de certains sites, notamment Agua Azul, un complexe d’écotourisme situé dans le corridor San Cristobal-Palenque.

Plus au sud, des communautés aussi bien zapatistes que non zapatistes ont été expulsées manu militari de la biosphère de Montes Azules, une réserve de 300 000 hectares, dans la Selva [forêt] lancandona, au moment même où des poids lourds de l’écotourisme, soutenus par des transnationales telles que Ford Motors, revendiquent un droit sur cet inestimable sanctuaire. Le boom de l’écotourisme a fait pousser des hôtels cinq étoiles et attiré des caravanes de touristes dans la région, les Israéliens en tête.

L’exploitation par le commerce touristique local ou international de sites mayas sacrés, comme Palenque, a également alimenté les tensions dans le sud-est du Chiapas. En janvier, les zapatistes ont menacé d’occuper les ruines mayas de Tonina, à proximité d’Ocosingo, « la porte de la jungle lancandona », en raison d’un conflit terrien. En octobre dernier, la police de l’État du Chiapas a tué par balle six non-zapatistes après l’occupation par le militant Tojolabal Mayans des ruines de Chinkultik, dans la région des lacs de Montebello, à proximité de Comitan, pour demander une plus grande part du « gâteau touristique ».

Le tourisme est l’un des quatre axes du progrès au Chiapas, relève le correspondant du quotidien La Jornada Hermann Bellinghausen, l’un des meilleurs spécialistes de la lutte zapatiste. On lui doit par exemple le scénario de Heart Of Time, un film qui se déroule dans la région zapatiste et qui a été présenté récemment au Festival du film de Sundance, créé par Robert Redford. Le pétrole, les biocarburants et l’extraction minière – les trois autres axes - donnent également des frissons lorsqu’on pense à l’avenir de l’Etat le plus méridional du Mexique.

En décembre dernier, l’intérêt pour le forage pétrolier dans le « bassin Lacandon » a été ravivé par la ministre mexicaine de l’Énergie, Georgina Kessel. Outre le fait qu’elle a omis de préciser ce qu’elle entendait par « bassin Lacandon », exploiter du pétrole dans cette zone de forêt ne peut que provoquer un conflit avec cet autre axe de la conquête du Chiapas : l’écotourisme. Dans les années 1980, et jusqu’au début des années 1990, PEMEX, le consortium pétrolier mexicain contrôlé par l’Etat, a foré dans la zone rebelle. Constitué de 31 plate-formes et situé à une quinzaine de kilomètres du caracol de La Garrucha, le complexe de Nazaret a été fermé après le déclenchement de la rébellion indigène en 1994. Selon des évaluations confidentielles de PEMEX, Nazaret produisait peu de pétrole (400 barils par jour), mais beaucoup de gaz naturel (des milliers de mètres cubes), dont l’exploitation a été suspendue en raison du soulèvement.

Dans la conquête du Chiapas, l’axe des biocarburants est avant tout une arnaque transnationale. En application du Plan Puebla-Panama, rebaptisé Plan Mesoamerica et étendu de l’Amérique centrale à la Colombie, des industriels colombiens cultivent 7 000 hectares sur la plaine côtière du Pacifique, près de Puerto Chiapas, pour produire de la biomasse non alimentaire, à savoir des piñones [arbuste de la famille des euphorbiacées dont on peut extraire de l’huile, ndlr]. Or, cette culture se fait au détriment d’une quantité considérable de terres qui pourraient être consacrées à la culture alimentaire. Le projet du biocarburant marque le début de la collaboration entre le président largement décrié de la Colombie, Alvaro Uribe, et celui illégitimement élu du Mexique, Felipe Calderón, tous deux des protégés du département d’État états-unien.

Avec la montée en flèche du prix de l’or, les entreprises minières transnationales ont pris une longueur d’avance dans la conquête du Chiapas. Les autorités ont délivré au moins 55 autorisations pour le développement minier dans la sierra et les hauts-plateaux du Chiapas, majoritairement à des spéculateurs canadiens. Il s’agit de multinationales telles que Linear Gold et Blackfire, vivement critiquées pour pratiquer la déforestation à grande échelle, appliquer des salaires de misère et supprimer les droits des travailleurs sur les sites miniers.

Alors que l’Etat du Chiapas est en train d’être vendu au plus offrant, l’Armée zapatiste de libération nationale a célébré durant les vacances de fin d’année son 25e anniversaire d’existence en tant que force rebelle ainsi que ses 15 ans de présence sur la scène publique. Elle a mis sur pied un événement annuel, le Festival mondial de la Digne rage (Festival mundial de la digna rabia), qui s’est avéré plus modeste que les précédents rassemblements. Cette année, certains invités, comme l’écrivain franco-britannique John Berger, ont envoyé leur intervention sous forme vidéo plutôt que de se rendre sur place.

Par contre, le porte-parole du mouvement zapatiste, le Sous-commandant Marcos, est apparu en chair et en os pour se lancer dans ce qui est devenu sa traditionnelle diatribe annuelle contre des ennemis politiques qu’il a lui-même désignés (Les déclarations publiques de Marcos se sont raréfiées depuis la malheureuse Autre campagne de l’EZLN, et sa chronique épistémologique, jadis quotidienne, a pratiquement cessé en 2008).

Tête d’affiche des sessions publiques du Festival de la Digne rage à l’Université de la Terre de San Cristobal, le Sup a repris son discours là où il l’avait laissé l’année dernière, en attaquant Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO), le dirigeant de gauche du Mouvement national de défense du pétrole et d’une économie populaire, qui s’est fait volé la présidence par Felipe Calderon en 2006. Entre autres calomnies, Marcos a dit de Lopez Obrador et de Calderon qu’ils sont les deux faces d’une même médaille. Par ailleurs, il a accusé Lopez Obrador d’être de mèche avec la CIA, et qualifié son mouvement, actuellement l’alliance la plus importante du Mexique (il y a peu, AMLO a rassemblé près de 100 000 personnes sur le Zocalo de la ville de Mexico), de « sectaire, intolérant et hystérique », trois adjectifs dépréciatifs qui siéraient bien au Sous-commandant.

Dépassant la mesure, Marcos est allé jusqu’à comparer la mort de 11 jeunes lors d’un mouvement de panique provoqué par l’intervention de la police de Mexico contre une émeute d’adolescents en juillet dernier au massacre commis par Israël à Gaza. Il a également fustigé les vétérans du mouvement estudiantin de 1968 ainsi que le successeur de Lopez Obrador à la mairie du Mexico, Marcelo Ebrard, qui ont déclaré le 2 octobre journée de deuil national, en mémoire du massacre de 325 étudiants perpétré cette année-là.

Parmi les dérapages du Sous-commandant Marcos, on compte aussi l’exclusion inexpliquée de militants solidaires de Barcelone emmenés par Iñaki García, boutés hors du réseau international de soutien au mouvement zapatiste, et le retrait du français Olivier Besancenot de la liste des intervenants de la Digne rage, suite à sa rencontre avec des partisans de la sénatrice Rosario Ibarra, fondatrice du comité Eureka des mères de disparus, dans la ville de Mexico. Même l’hommage rendu à l’occasion de la journée internationale de la femme à Concepción García de Corral (Mamá Corral), qui avait perdu deux fils lors de la guerre sale au Mexique dans les années 1970, et qui était membre du Comité Eureka, est un camouflet à l’encontre de Doña Rosario, laquelle a rejoint Lopez Obrador après avoir été proche de Marcos.

Le comportement honteux du Sous-commandant lors du Festival de la Digne rage met dans l’embarras les sympathisants de longue date de la cause zapatiste, comme moi, qui ai consacré quatre livres à ce mouvement. Je tiens à présenter toutes mes excuses aux lecteurs, pour les avoir induits en erreur en considérant Marcos comme une personnalité de haut vol. Ces dernières années, le Sup est devenu un charlatan narcissique et injurieux, seul responsable de la dépréciation du mouvement en tant qu’acteur national et international de la gauche.

Si l’attitude publique du Sous-commandant a été désastreuse pour la cause rebelle, dans les montagnes et la jungle du sud-est du Chiapas, les communautés zapatistes ont continué à démontrer leurs compétences en matière d’action collective. L’inventivité dont elles font preuve pour fournir une éducation zapatiste aux enfants et les efforts qu’elles déploient pour défendre leur environnement, notamment les plantes indigènes, sont exemplaires.

Comme le rapporte l’ancien recteur de l’Université nationale autonome (UNAM), Pablo Gonzalez Casanova, les études épidémiologiques attestent la qualité durable des projets de santé zapatistes. Dans des domaines comme les soins prénataux, la couverture a été étendue à 63% des femmes enceintes, soit deux fois plus que dans les communautés non zapatistes de la région. Les trois quarts des foyers zapatistes ont accès à des toilettes, contre 54% des foyers non zapatistes. Sur des aspects tels que la vaccination, le poids des nouveaux-nés et la mortalité infantile, les projets de l’EZLN ont largement surpassé ceux des voisins non zapatistes.

A l’heure où l’EZLN évite la lumière des projecteurs et se distancie même de l’activisme politique national et international, les communautés autonomes zapatistes du sud-est du Chiapas restent la preuve vivante qu’un auts:re monde est possible.

Note de la rédaction : les critiques émises par l’auteur de cet article à l’encontre du Sous-commandant Marcos ont suscité des réactions dont celle-ci :

Hillary Klein, Response to Ross : A Second Look at the EZLN’s Festival of Dignified Rage.

Source : North American Congress on Latin America, NACLA, 17 février 2009.

Traduction : Chloé Meier, RISAL.info.


Feb 24 2009
Hillary Klein

I would like to respond to John Ross’ article “Commodifying the Revolution: Zapatista Villages Become Hot Tourist Destinations,” published by CounterPunch on February 17 and NACLA.

As someone who has supported the Zapatista movement for the last 15 years, and worked in Zapatista communities for six years, I was disappointed by this article. In the first part, Ross presents an accurate critique of the role of tourism and eco-tourism in Chiapas. After making some important points, however, Ross goes on to deride Subcomandante Marcos and the recent Festival Mundial de la Digna RabiaDigna Rabia festival, of Subcomandante Marcos, and of the Zapatista movement itself. Of course no one person can paint the whole picture, but I would like to provide some balance to Ross’ perspective. (Worldwide Festival of Dignified Rage), organized by the Zapatista Army of National Liberation (EZLN). What Ross presents in his article is a subjective and rather limited view of the

While Ross presents himself as a supporter of the Zapatista movement, he says very little about the Digna Rabia event itself; one of his few comments is that “special invitees such as the British writer John Berger sent along videotaped contributions rather than traveling to Chiapas for in-person appearances.” By mentioning one esteemed individual who did not show up, he implies a lack of interest in, or support for, the event and the movement – an unfair generalization. In fact, an impressive array of national and international intellectuals and leaders of social movements came to Chiapas to speak at the event: Michael Hardt from the US, Oscar Olivera from Bolivia, Mónica Baltodano from Nicaragua, and Sylvia Marcos, Adolfo Gilly, Gustavo Esteva, and Pablo González Casanova from Mexico, to name just a few. There were also representatives of dozens of organizations present: Via Campesina (an international peasant movement), the National Indigenous Congress (of Mexico), the National Association of Rural and Indigenous Women of Chile, the Mexican Network of Sex Workers, the Movement for Justice in El Barrio (from New York), and a number of international solidarity committees, again, just to name a few.

Personally, I was more impressed by the energy and enthusiasm at the event than by the big name speakers. The auditorium—which seats 1300 people—was constantly packed to overflowing. I spoke with a number of participants, people who have supported the Zapatista movement for years and who felt energized by the event, and people who were getting to know the Zapatista movement for the first time and were inspired by what they were learning. For anyone who is interested, there is extensive information about the Digna Rabia event on the Chiapas Indymedia website.

After dismissing the Digna Rabia event, Ross goes on a personal tirade against Marcos. Marcos is not above criticism, and I don’t agree with everything that Marcos says. I do believe, however, that the form as well as the content of Ross’ criticism is unreasonable. In his article, Ross states that Marcos “is single-handedly responsible for the depreciation of the Zapatista movement as a national and international player on the Left.” This is a ridiculous statement. It is true that the Zapatista movement currently faces significant obstacles. And admittedly, the Zapatista movement has made its share of mistakes. But the most serious obstacles the movement faces have more to do with external factors than with Marcos’ behavior. These external factors include the toll that 15 years of state-implemented counter-insurgency tactics have taken; efforts to privatize the land that the Zapatistas occupied in 1994; and the global financial crisis and the related fact that members of indigenous villages—Zapatistas and non-Zapatistas alike—are being forced to leave their communities and migrate, looking for work.

Many of us on the left acknowledge the importance of leadership, but also recognize the problematic nature of focusing too much attention on any one leader. Whatever his faults, Marcos has played and continues to play a key role in the Zapatista movement. Yet Marcos himself acknowledges that allowing a cult of personality to flourish around him was a mistake. In an interview with Laura Castellanos, Marcos states: “If there’s anything that I would go back and do differently, it would be to play a less protagonistic role in the media.” [1] By focusing solely on Marcos, Ross reproduces this individualistic framework which Marcos has himself has acknowledged as problematic.

For example, John Ross focuses on what he calls Subcomandante Marcos’ “shameful performance” at the Digna Rabia festival, but does not bother mentioning any of the other Zapatista leaders whose voices were heard at the event. Teniente Coronel Insurgente Moisés spoke on a panel discussion with other leaders of indigenous and peasant movements, emphasizing that “indigenous and non-indigenous peoples have to think about how we are going to live together on Mother Earth without exploitation.” Comandanta Hortensia spoke about women in the Zapatista movement during a panel on gender and sexuality, saying even though “there are still men who don’t really understand the importance of women’s participation,” that one of the most important things that they had achieved was “the participation of women at almost all levels.” Comandante David closed the event with these words: “Having listened to each other, it’s clear to us what is happening in other places, and we see that it’s not that different from what is happening here… And we know that another politics, another path, another culture, another everything is possible.” Why does Ross choose to ignore these and other contributions to the event in favor of a single-focused critique of Marcos?

Of course criticism is important, even essential, for social movements to thrive. When someone has a critique to offer to a movement or a movement leader, however, and especially from the left, it’s critical to present that critique in a constructive manner, to direct it strategically, and to consider the impact that airing it publicly might have on the movement. John Ross has written valid critiques of the EZLN’s political postures within its Other Campaign. It is one thing, however, to express an ideological disagreement, and another thing altogether to launch a petty and vitriolic personal attack, such as calling Marcos a “vituperative, narcissistic charlatan.”

At the end of his article, Ross describes the important work of constructing autonomous health care and education in indigenous Zapatista communities. His positive comments, however, are buried in the last few paragraphs, and his tirade against Marcos is a blow against that very same work being done by the Zapatista support base. As someone who worked in Zapatista communities for many years, my impression is that the people who make up the movement do not distinguish between the work they are doing in their communities and their military leadership; they see it as one integrated movement. Because the military aspect of the Zapatista movement is the most clandestine, perhaps it is the least understood; and because it is the most hierarchical, perhaps it is the easiest to criticize from the outside. But there is no denying that without its political-military character, in other words, without its initial commitment to armed struggle and its guerrilla army, the Zapatista movement would not be what it is, 15 years ago or today. Of course I cannot speak for the Zapatistas, but there is no doubt in my mind that the communities Ross claims to support would consider his attack against Marcos an attack against their entire movement.

As Ross mentions, the Digna Rabia festival marked the 25th anniversary of the founding of the EZLN and the 15th anniversary of the Zapatista uprising. For any social movement to survive for 25 years is no small feat, especially when this movement was clandestine for 10 of those years and has withstood a consistent campaign of low intensity warfare for another 15 years. At a party to commemorate these anniversaries in Morelia (one of the Zapatista centers of resistance), I was struck by their profound significance; the simple fact of these anniversaries deserves recognition and respect. For those of us in the United States, it might be worthwhile to reflect on what it would take to build a strong, militant social movement in the US which has been around for 25 years and has succeeded in creating regional structures of autonomous government, education, health care, and economic infrastructure; and then give it some thought before we criticize radical social movements in other countries.

John Ross calls himself a “long-time Zapatista supporter.” Indeed Ross’ writing over the last 15 years has been instrumental in generating interest and support for the Zapatista movement. However, any long-time Zapatista supporter should understand that an article like this does nothing but add fuel to the fire of the counter-insurgency strategies being employed against Zapatista communities by the Mexican government and other actors. This article would not have surprised me if I had read it in the mainstream media. Ironically, Ross criticizes the New York Times article about tourism in Chiapas as a “self-serving hit piece” and then goes on to write a hit piece himself. I think we should be able to expect better from a committed radical journalist like John Ross.

 


This response was originally published by The Narco News Bulletin.

Hilary Klein has worked as an activist and community organizer on a number of issues in the San Francisco Bay Area including immigrant’s rights, affordable housing, and violence against women. She lived in Chiapas from 1997 – 2003 working with women’s cooperatives in Zapatista communities and is currently working on a book about women’s participation in the Zapatista movement.

[1] Laura Castellanos, Corte de Caja; Entrevista al Subcomandante Marcos (Naucalpan, Mexico: Grupo Editorial Endira México, 2008), 92

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Published by Anne Wolff - dans Sud Amérique
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