17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 07:06




Je vous ai exposé à travers divers textes les bases officielles du coup d’état militaire au Honduras, qui prend pour prétexte un projet de référendum destiné à modifier la constitution. Or les huit premiers articles de cette constitutions sont bétonnés, immuables et qui prétend y toucher peut-être déclaré traître à la nation et jugé comme tel.  J’ai évoqué la manipulation médiatique qui a eu lieu tant dans le pays que dans les média occidentaux, médias qui appartiennent aux oligarchies qui ont fait main mise sur la presse dans le but de pouvoir manipuler les consciences (et les inconscients) afin de faciliter l’instauration de leur projet de dictature mondiale.

 




La manipulation en l’occurrence, favorisée par le rapprochement entre Zelaya et Chavez, c’est faite de la même manière, prétendant que cette modification constitutionnelle avait pour but de faire de Zelaya un dictateur à vie, ce qui est absolument ridicule dans un cas comme dans l’autre.


 


Dans le cas de Chavez, la possibilité de réelecction du président à travers des élections démocratiques se double d’un référendum révocatoire de mi-mandat encore plus démocratique. Autrement dit à mi-mandat le peuple vote…le oui est majoritaire, le mandat présidentiel continue, le non est majoritaire, de nouvelles élections sont organisées. Les observateurs officiels sont forcés de reconnaître que les processus électoraux au Vénézuela sont parmi les plus fiables et les plus transparents de cette planète.


 

 


En ce qui concerne le Honduras le processus de modification de la constitution était le suivant : une « loi de participation populaire » avait été votée qui permettait de demander l’organisation d’une consultation populaire (non contraignante) sur des sujets d’intérêt général, un processus qui s’apparente à la votation en Suisse, qui fut la dernière démocratie directe d’Europe et reste la plus participative. Au Honduras 400 000 signatures furent réunies pour demander une consultation concernant une modification de la constitution. Une consultation fut donc organisée et aurait du se dérouler le jour du coup d’état. Organisée par l’institut national des statistiques, elle posait la question de l’opportunité d’un référendum (contraignant) concernant l’organisation  d’une assemblée constituante, oui ou non, qui se serait en cas de oui majoritaires déroulé simultanément avec les élections générales de fin novembre. Une quatrième urne aurait été posée, les trois autres concernant respectivement l’élection présidentielle, celle des représentants nationaux et celle des élections communales. Zelaya ne pouvait donc pas briquer de second mandat lors de ces élections.

 


Je vous ai évoquer le fait que le dictateur de fait qui avait déjà participer comme membre de la garde présidentielle participer au renversement du gouvernement en 1963 avait également tenté en 1985 de faire convoquer une constituante illégale dans le but de faire prolonger le mandat du président en fonction de deux ans, ce qui avait déclencher des réactions violentes à travers le pays et il dut renoncer à son projet…il ne fut pas jugé pour autant, conserva son mandat de député dont il jouit depuis 28 ans et est donc fort mal placé pour jouer les redresseurs de tort. Voilà pour les bases officielles de ce coup d’état.


 

 


Or regardons à présent au-delà des apparences de ce coup d’état militaire organisé par l’oligarchie internationale, la réalité. Après les refus de Washington d’accorder au Honduras, pays parmi les plus pauvres de cette planète une aide qui aurait permis d’améliorer la qualité de vie du peuple, Zelaya qui c’était rapproché de l’ALBA qui est une alliance Sud américaine politique et économique dont personne n’ignore que l’initiateur et le promoteur  est Hugo Chavez el Libertador comme l’appelle les peuples du sud qui reconnaissent l’influence fabuleuse qu’est la sienne dans l’amélioration de leur qualité de vie.




Ne pouvant à la fois plaire au petit peuple et au oligarques vu du point de vue de ces derniers il est un horrible dictateur qui doit être éliminé par n’importe quel moyen y compris l’assassinat. Rappelons que Zelaya avait quant à lui échapper à une tentative de meurtre au début du mois de juin quand deux coups de feu furent tirés sur son véhicule. Rappelons que les médias oligarchiques non contents d’avoir pratiquer une désinformation éhontée lors de la tentative de coup d’état de 2002 vite avortée au Venezuela lancent sur leurs ondes ce qui ressemble fort à des appels à assassiner le président le plus démocratiquement élu de la planète, Hugo Chavez.


 


Donner des droit au peuple, améliorer sa qualité de vie ne peut se faire sans diminuer simultanément les privilèges des oligarques et c’est cela qui est violemment reproché aux Président des pays de l’ALBA qui ont mis en marche un processus de révolution pacifique d’instauration du socialisme, d’une démocratie participative, d’alliance multilatérale et de création internationale d’un monde multipolaire fondé sur des relation de solidarité entre les nations et les peuples de la planète.



Donc nous avons d’une part une oligarchie internationale qui tente d’instaurer un Nouvel Ordre Mondial qui n’est rien d’autre qu’une impitoyable dictature qui vise à réduire les peuples dans un état d’esclavage pire qu’il ait jamais exister sur cette planète puisqu’ils ont mis au point des méthodes psychologiques, biochimiques et fort probablement électromagnétiques de manipulation des consciences, une atteinte à l’intégrité morale des personnes inouïe dont nous pouvons ici en Occident observer quotidiennement les effets délétères, cette inertie des classes moyennes qui acceptent quasi sans réactions la réduction quotidienne de leur droits et privilèges…il existe cependant un potentiel, un vivier de réaction possible, le peuple d’en-bas recèle des ressources de réaction mais une désorganisation systématique des processus de solidarité fait que l’organisation d’actions communes se heurtent à de fortes difficultés.


 


Des réactions isolées se produisent ici et là sans réussir à trouver un sens commun qui les ferait apparaître pour ce qu’elles sont potentiellement et en réalité : un vaste mouvement populaire de résistance à l’impérialisme oligarchique.  La destruction des processus de solidarité n’a pu se faire sans une grande offensive de destruction de toute gauche crédible en Occident. Ce sujet de la manière dont furent détruits systématiquement les processus de solidarité, condamnant les résistances actuelles, et elles existent et sont nombreuses, mériteraient une étude approfondie car elles correspondent tant au détricotage systématique du tissus social et à une confiscation occulte des outils politiques de la lutte populaire pour la défense de ses droits et l’amélioration de son sort. Si je regarde le lamentable état de la gauche occidentale, je ne peux vraiment pas dire que je suis de gauche, trop de dérives, trop de trahisons, trop de contresens, trop de manipulateurs infiltrés et aucune personnalité dans aucun courant susceptible d’incarner de réelles valeurs de gauche et de les faire exister au quotidien.



Mais si je regarde ce nouveau courant de socialisme bolivarien en  Sudamérique, alors oui, je suis de gauche, sans l’ombre d’une hésitation.  Je rencontre beaucoup de gens en Belgique qui partage mon point de vue. En France, je vois les freins que crée cette tendance au nombrilisme chauvin teinté de racisme de beaucoup, de trop de citoyens de ce pays, incapables d’accepter qu’un nouveau modèle de civilisation puisse naître en dehors de l’Occident, en dehors de leur pays. Il soublient que leur propre révolution n’est qu’un mythe qui n’a rien fait d’autres que de remplacer une catégorie d’oppresseurs par une autre catégorie d’oppresseurs en manipulant le mécontentement populaire pour en faire le levier de ce changement dont il ne bénéficiera pas.

 

 


Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire, mais tout de même ce qui a suivit la révolution française de 1789 n’a rien d’un socialisme et il faudra attendre les mouvements ouvriers du début du 20ème siècle pour que le peuple obtiennent par son combat concerté et intelligent les droits qui permettent la dignité. Ces mêmes droits qui lui ont été rapidement retirés et dont il ne reste pas grand-chose aujourd’hui…de la grande avancée des années 30 à la grande confiscation qui s’entame dès la fin des 70 en France et en Belgique, je ne connais pas assez l’histoire des pays du Nord, mais n’oublions pas que durant cette même période nous avons voisiner avec Hitler, Mussolini, Franco, les colonels grecs, la dictature du Portugal et que hormis la Suisse qui reste un cas à part, l’expérience démocratique de l’Occident Européen en acte est finalement fort limitée, beaucoup de belles paroles, de pieux souhaits mais peu de choses en pratique. L’oligarchie internationale n’a pas tardé à reprendre le peu de droits qui lui avait été arrachés par les peuples et à durcir les choses puisque nous régressons à présent vers la pire des dictatures qui ai été vue à travers toute l’histoire de l’humanité.


 

 


Or nous voyons que le flambeau de la lutte pour le droit des peuples a participer au choix de leur destin est repris par les peuples d’Amérique du Sud qui élisent des dirigeants capables de mettre en œuvre ce projet, s’opposant ainsi au projet de l’oligarchie et c’est cela l’enjeu du coup d’état militaire au Honduras et de la tentative de restauration de la dictature qui s’y produit actuellement : un enjeu mondial qui concerne tous les résistants, tous les objecteurs de conscience à la dictature oligarchique de la planète.





Ce qui se passe aujourd’hui au Honduras est la première bataille d’une guerre déclarée par l’oligarchie au peuple du Sud en lutte pour prendre en main leur destin, la première bataille d’une lutte pour annihiler ce pôle de résistance démocratique et cohérent contre le mouvement de concentration de pouvoir et de richesse dictatorial et absolutiste entre les mains d’une oligarchie dégénérée, rétrograde qui tente de s’opposer à l’évolution spontanée des peuples en quête de dignité, de justice, de paix, de liberté, d’autodétermination.

 


 


Dans le texte suivant j’examinerai les derniers développements de cette bataille qui va bientôt ramener Mel Zelaya dans son pays dont il est le légitime président et qui a catalysé le processus de construction d’une solidarité internationale multipolaire de pays non alignés contre l’impérialisme, un grand mouvement international qui constitue l’espoir pour tous les peuples de la planète. Parallèlement je continue mes recherches pour essayer de vous éclairer d’avantage sur ces grands mouvements géopolitiques sources d’une nouvelles civilisations possibles et sur les sursauts d’une civilisation moribonde et mortifère qui tente de s’y opposer mais qui n’est plus en mesure de s’opposer au développement mouvement beaucoup trop puissant dorénavant car il est porté par cette force irrépressible : l’évolution source première de toute vie. Des millions de honduriens résistent depuis plus de 18 jours et hier des manifestations de millions de gens souvent accompagnées de musique de danse, de chant se sont déroulée à travers tout le pays. Et ce malgré les intimidations, répressions, violation des droits de l'homme et de la presse, incarcélations, assassinats de dirigeants sociaux, malgré la présence partout dans les rues, sur les routes d'une armée qui est une des plus cruelle du monde.

 

 


Anne

 


 

 


 

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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