27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 15:17

 

Une conception phénoménologique ! Les philosophes aiment donner des noms ronflants à des choses simples. Cela veut simplement dire que chacun regardant les choses de son point de vue propre et singulier, chacun n’a qu’un accès partiel à la vérité, à la réalité.

En phénoménologie on parle de profil. Un exemple simple, vous êtes 5 personnes dans une pièce. Vous décidez de faire ensemble une description de Marie. Marie, Fred, Momo, Julie et Pierre. Marie se place au centre de la pièce. Fred en face d’elle, Momo derrière, Julie et Pierre de chaque côté et chacun va décrire Marie de son point de vue. Les 4 descriptions parleront de Marie mais seront toutes différentes.

 


De mêmes aussi érudits soyons-nous, nos points de vue sur le monde restent partiels, nous n’atteignons jamais ce point où vérité et réalité coïncident. C’est le même problème qui se pose quand une science prétend pouvoir décrire et interpréter la totalité du monde, alors qu’elle n’en explique jamais qu’un aspect.

 


Cela a été l’ambition de la physique classique de donner en une formule, le tout de l’univers. A la fin, il reste la formule…mais nous avons perdu l’univers. C’est ce qui se produit actuellement avec l’économisme toujours plus exacerbé. Allez voir cette vidéo Attention Danger Travail ,   elle vous en dira plus que ne pourrait en dire 10 ou 100 livres à ce sujet, mais je vous préviens : personnes sensibles se préparer psychologiquement, il y a des passages à vomir,  mais qui vous donnent des aperçus de la direction que prend le monde du travail dans la dictature qui s’installe et de très bonnes analyses que j’aimerais avoir le temps de reprendre. Là vous voyez ce qu’est l’application de règles adaptées aux machines à l’univers de travail quotidien de l’humain. A la fin du boulot, il reste des légumes…au cerveaux lavés.

 

 

Je reviens à la description de Marie. Ajoutons que les descriptions vont être subjectives ? Chacun y mettra un peu des sentiments qui l’animent vis-à-vis de Marie. Et si nous recommençons la même expérience en changeant chacun de place, nous aurons une nouvelle description de Marie, différente de la première. Momo qui n’aime pas trop Marie va lui trouver un gros cul, là où Fred qui en est amoureux verra de « délicieuses rondeurs ».

 


Et ici, je postule que chacun a été sincère, il décrit ce qu’il voit réellement en fonction de la manière dont il perçoit Marie, si en plus l’un ou l’autre se met à mentir, nous ne sommes pas sorti de l’auberge.

Je vais émettre une hypothèse : La faculté de mentir qui résulte de la possession du langage et de la parole est un des principaux facteurs, sinon le principal de la complication du monde. Il suffit de voir le temps que nous passons à nous dépatouiller pour entrevoir la vérité, comme une aiguille dans la botte de foin de la désinformation.

Trois articles vraiment intéressant à ce sujet sur le blog d’Eva résistons à la désinformation qui nous révèlent de nombreux aspects de l’histoire occulte du 20ème siècles et des manipulations des masses qui les accompagnent. Autrement dit : des textes qui nous dévoilent certains des mensonges volontaires de l’histoire officielle.

 



La « révolution colorée » échoue en Iran par Thierry Meyssan*

Qui de retrouvent au-dessus des deux suivants

Le nazisme et les USA = USA et Al Qaida ... - Vox complété par Comment le grand-père de Bush a aidé Hitler à accéder au pouvoir

Un lien sur le blog de Sun Tzu qui est un blog fort intéressant  et que j’ajoute illico à mes liens

Silence Médias sur les vrais buts de l' Europe ! Pères fondateurs et CIA - R-sistons à la désinformation

 

Où je veux en venir : La réalité est unique elle coïncide avec La Vérité qui est son expression humaine. Chaque phénomène, chaque évènement peut se raconter sous une multiplicité de points de vue qui tend à être une infinité. Chaque humain ne peut détenir qu’une vérité partielle, parcellaire. Plus nous sommes à mélanger nos points de vue avec sincérité plus nous nous nous rapprocherons de la vérité, chacun apportant sa contribution. C’est un aspect de la production d’intelligence collective.

 

Face à cette incapacité d’atteindre à la vérité chacun par-soi même, les hommes ont inventé l’objectivité scientifique qui est devenue la garantie de la véracité d’une interprétation du monde et de des phénomènes qui s’y produisent. Cette objectivité repose sur le reproductibilité : dans de même conditions, (toutes choses égales par ailleurs) le même phénomène se reproduira exactement. Quand il s’agit de faire rouler des billes sur des plans inclinés, dans des conditions ou le frottement de la bille sur le plan peut être considéré comme négligeable, cela marche. C’est le domaine de la physique classique.



Quand il s’agit de fabriquer un avion, les choses se compliquent, le frottement ne peut être négligé, c’est le boulot des ingénieurs qui produisent des objets qui doivent fonctionner dans le monde réel et non dans les conditions strictes du laboratoire. Mais les frottements amènent l’usure qui finit par avoir raison des objets produits. Il va falloir sans cesse entretenir, réparer, fournir de l’énergie pour que nos machines fonctionnent. Et la machine produira des déchets.

 


Ce que le système actuel ne prend pas en compte, c’est l’impact global de la machine. Où plutôt s’il le prend en compte dans son bilan économique ce sera du côté positif du bilan. Une bonne marée noire va créer de l’emploi, cet emploi contribuera au Produit National Brut de la nation. Une bonne pandémie contribuera à augmenter significativement le Produit National Brut des pays qui hébergent les sociétés pharmaceutiques qui produisent les vaccins. Bref le système économique dans ses évaluations d’impact fonctionne sur des vérités partielles. Pour que ses équations fonctionnent, il lui faut négliger certaines choses, en favoriser d’autres. Je vous donne un exemple d’une question d’examen de comptabilité analytique que j’ai eu quand j’étudiais la comptabilité.

 


Vous allez voir, cela coïncide exactement avec ce qui ce produit en ce moment.

Il était question de personnel engagé par l’entreprise à un moment de croissance suivie d’une baisse des ventes, qui entrainait une baisse de production. La fin de la question était de savoir comment devait réagir l’entreprise.

La réponse correcte – qui relevait à l’époque de la plus pure théorie – était : par un licenciement de personnel. L’équation théorique permettait en licenciant les personnes engagées de retrouver la situation initiale. Une histoire d’application des formules mathématiques adéquates.

 


Mais à l’époque, je n’ai pas répondu à cette partie de la question, car je voyais bien que dans la réalité, le licenciement de personnel impliquait le versement d’indemnités  ce qui ne correspondait pas avec l’équation théorique sans friction des mathématiques comptables. Ce qui a enchanté l’étudiante qui se posait en rivalité avec moi puisqu’elle à 100 % pour cet examen alors que je me suis retrouvée avec 95%. Pourtant j’avais raison par rapport à la réalité.

Or ce qui se produit maintenant dans la modification de statut des travailleurs : toutes les lois du travail sont modifiées pour parvenir à la situation théorique sans friction, objective, scientifique, reproductible.

 


Vous comprenez pourquoi, malgré que j’ai réussi brillamment mes études de comptabilité, je n’ai pas voulu pratiquer ?

Deux attitudes sont possible face à ce genre de question : soit on ne considère que ce qu’il faut prendre en compte pour que l’équation fonctionne. Et on est bon pour aller se mettre au service des multinationales et licencier sans préavis du personnel en fonction des impératifs de profit qui se fondent sur des équations abstraites. Soit on se pose la question de la nature de cette abstraction et de ce qu’il a fallu négliger pour que l’abstraction fonctionne, en l’occurrence ; ce qu’il faut négliger, réduire à néant, c’est la couverture sociale des travailleurs avec toutes les conséquences humaines qui en découlent. 

 


Le choix de ma camarade de classe était d’une objectivité parfaite, le mien était subjectif ; je n’étais pas prête à sacrifier le bien-être des travailleurs pour le bon fonctionnement d’une équation mathématique de production de profit : le prix de l’objectivité.

Je vais en rester là pour aujourd’hui.

Anne

 


 

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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neige 28/06/2009 10:45

Et oui, j'ai attéri un jour chez vous via Yourtao, le blog de Sylvie Barbesse que je suis et dont je soutiens les prises de position. Sauf son incitation à voter aux dernières élections européennes... J'ai pensé laisser son son blog un lien vers les vidéos que vous avez mises en ligne sur l'autre Europe. Mais elle doit déjà les connaître!
Tout mon soutien à vous!

Anne Wolff 28/06/2009 11:07


Je viens de publier le dernier texte de Sylvie. Et les commentaires. Je crois que plus de personnes découvriront cet univers, mieux le monde se portera, c'est magnifique et c'est cela que le
système veut interdire pour pouvoir réaliser ses minables petits profits qui sont la plus grande des pauvretés possible : la perte de son âme.
Le monde que fait exister Sylvie me permet de me redresser quand la tentation du désespoir me prend.


neige 28/06/2009 01:36

Géniales les 2 vidéos!(Oups, c'est pas forcément le terme approprié, c'est plutôt les analyses qui sont excellentes, pas la situation qu'elles annoncent et qu'on voit se profiler). A faire circuler le plus possible.
Merci beaucoup pour votre blog et vos textes que je lis depuis quelques jours. Là, je suis restée scotchée aux 2 vidéos jusqu'à leur fin...

Anne Wolff 28/06/2009 09:55


Si, les vidéos sont géniales, je trouve aussi, moi aussi je suis restée scotchée. La réalité qu'elles décrivent est abominable, horrible. Mais chapeau pour le reportage, c'est du tout bon
journalisme. Je viens d'écrire dans une réponse sur un autre texte ;
Avant il y avait l'exploitation mais maintenant elle se double d'un lavage de cerveau.
Le pire pour moi dans tout cela c'est de savoir que le travail peut-être quelque chose de génial, un bonheur. Et  la robotisation nous donnerait les moyens de nous débarrasser au maximum du
côté pénible en le partageant pour se consacrer à des tâches plus agréables.
Il y a un article que j'ai publié, trouvé sur le site de YURTAO, la voie de la yourte.
il montre une autre manière de travailler...pour le plaisir, un bon antidote à ces vidéos, tant le site de Sylvie Barbesse que cet article en particulier.
Les inactifs et la "croissance qualitative" (made in yurtao) - Le blog de
Anne Wolff


Serge Adam 27/06/2009 17:26

Réflexion intéressante, le travail aliénant des sociétés industrielles et capitalistes nous conduit loin de nos véritables besoins... elle nous crée de faux besoins pour nous éloigner de l’essentiel. Nous sommes embrigadés dans cette société et il nous faut briser cette chaîne.
Le travail qui tue et qui ne profite qu'aux actionnaires qui empochent les béné...pour s'envoyer en l'air et faire miroiter l'éphémère.

Anne Wolff 28/06/2009 09:09


Il faut voir les vidéos dont je donne le lien "attention danger travail", c'est horripilant où on en vient là. Comme tu dis "essentiel" est un mot qui tombe en désuétude.

"s'envoyer en l'air et faire miroiter l'éphémère. "
C'est joliment dit, mais tu crois vraiment qu'ils s'envoient en l'air. Je suis étonnée qund je vois des amis, des gens que j'aime bien envieux de ce monde-là, je voudrais pas être à leur place aux
profiteurs.
 C'est Jean Ziegler qui cite un poète dont j'ai oublié le nom "Ils ont mis des chaînes aux racines de nos têtes" et je ressens vraiment ce qu'il veut dire : "ils" te forcent à voir les choses
à leur manière, à utiliser leur language pour te définir toi-même comme gestionaire de ta vie de tes émotions, ton capital de prolétaires. Un monde de prolétaires, d'êtres qui ne sont plus tout à
fait des humains, mais un potentiel de profit pour quelques rares exploiteurs dans un monde de rareté organisée.

Je vais te reprendre le texte sur Musavi, je trouve qu'il en dit plus long que tout le reste en peu de mots. Qui sont ces "démocrates" que promeuvent les impérialistes pour servir leurs
intérêts.


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Gilles Deleuze, février 1977.

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