26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 18:13



Il s’est passé tellement de choses positives en quelques jours, il y a tellement de thèmes à aborder, de recherches à faire que je ne sais plus par où prendre les choses. J’espère que vous me pardonnerez si je vous livre un petit billet informel et plein de coq à l’âne, je ne suis pas capable de mieux pour le moment, et le mieux pour mettre un peu d’ordre dans ma tête, c’est de la vider en écrivant. Pour écrire dans les formes tout ce qui me traverse la tête en ce moment, il me faudrait des semaines, des mois, des années.


 

Je vais donc vous livrer des idées en vrac, maintenant que je sais que vous êtes quelques un(e)s à vous en saisir pour les faire évoluer, je vais me le permettre.

Ce sera comme un bilan aussi de la première partie de l’histoire de ce blog.

 

 

Comme le dis Isabelle Stengers, il n’y a d’issue que dans la pensée créatrice, et une pensée créatrice qui soit le fruit des réflexions mêlées d’intelligences collectives. C’est elle aussi qui m’a appris ce principe fondamental (et tellement d’autres) : il y a des sujets auxquels je ne pense pas seule. Tout ce que j’écris est affirmation en tant que cela exprime ma conception du monde, proposition en tant qu’idée soumise à un devenir collectif.  

Il faut en finir avec cette volonté de penser seul des systèmes du monde qui seraient valables pour tous.

 

 


C’est elle encore qui m’a fait connaître ce concept leibnizien de mondes compossibles, j’ai repris à ma manière en le nimbant d’une sauce sartrienne, issue de sa psychanalyse phénoménologique, développée dans « L’être et le néant ».  Je suis assez pragmatique, quand un concept, une idée, notion s’intègre avec cohérence dans ma conception du monde et contribue à augmenter sa consistance, je l’adopte. Encore Deleuze, avec un zeste de Wittgenstein, le favori déchu de Bertrand Russell, les concepts ont une histoire et une géographie qui fait que ses composantes varient selon les lieux et les époques.


 

 

C’est très clair quand on prend le concept de démocratie. Ce n’est pas la même démocratie à Athènes dont sont exclus tout qui ne fait pas partie de l’oligarchie (pour faire court), que la démocratie directe que fut longtemps la Suisse, avec le vote public à main levée, sur la place publique, mais qui exclu les femmes (les places ne sont pas assez grandes) non en  fait l’idée qui sous-tends le système suisse est, celle qui existait déjà à certains moments (moments est pris ici dans le double sens de temps et de lieu ) du moyen-âge et qui se fonde sur le principe : un foyer, un vote.


 

Il arrivait donc à cette époque que des femmes, des veuves par exemples accèdent au droit de vote. C’est de Rome et du droit canonique réactivé par Napoléon que nous vient cette minorisation de la femme qui lui donne un statut d’incapable juridique. Et c’est encore ce même concept de démocratie qui est utilisée  pour qualifier nos démocraties contemporaines indirectes, avec un suffrage « universel » qui a lui-même ses exclus : mineurs, étrangers, privés de droits civiques pour telle ou telle raison variant aussi selon la forme que lui donnent différentes nations.

 

 

C’est toute l’histoire de la philosophie, les concepts voyagent, se transforment et un même concept dans ces multiples forme finit par former une « famille » dont les différents membres ont parfois fort peut avoir les un avec les autres. La partie démo – peuple – de la démocratie, recouvre des réalités fort différentes.  La partie –cratie- aussi d’ailleurs, et élucider cela nous permettrait de comprendre comment elle à pu nous conduire à la dictature. Mais j’en resterai là pour le moment pour en revenir à cette compossibilité matinée de psychanalyse phénoménologique version sartrienne.


 

 

Ce qui est un prélude à la réponse que je voudrais donner au commentaire de Serge  SERGE ADAM

C'est là toute la question... et la réponse n'est pas facile à donner. Je pense comme toi que c'est la recherche de la vérité qui doit toujours guider notre action tout comme la justice et le mieux-être de tous les citoyens du monde, peu importe leur croyance.

 


 

 

 Deux points à développer pour répondre à ce commentaire.

Le premier ; Certains concepts, ne prennent sens que dans leur mise en relation avec d’autres concepts dont ils ne sont pas indépendants, je suppose que la plupart d’entre vous ont reçu des notions de base de la théorie des ensembles, sinon dites le moi et je ferai ce que je peux pour vous éclairer. Des ensembles peuvent avoir entre eux des intersections ; des zones de recouvrement communes, car ils ont en commun des éléments. J’appartiens à la fois à l’ensemble des femmes et à l’ensemble des belges et donc aussi à cette zone d’intersection entre ces deux ensembles : femmes belges. Il en va de même pour les concepts.

 


Le deuxième à fait l’objet de féroces querelles à la fin du moyen-âge que l’histoire à retenues sous le nom de querelles des universaux. Elle peut se résumer ainsi : créant un concept suis-je en train de décrire la réalité du monde ou suis-je en train de la créer. Personnellement je penche  pour la seconde solution, c’est pourquoi je crois au pouvoir des Utopies.


En inventant ma version du concept de croissance qualitative par exemple, j’essaye de la faire exister. Pas à partir de rien, à partir d’éléments présents dans la réalité qui constitue un potentiel. Il existe aujourd’hui des mode de vie qui s’apparente à ce concept tel que je le définis dans une corrélation, une mise en relation, en tension, des zones de recouvrement avec celui de simplicité volontaires.

 


Ce qui n’a rien à voir avec le bobos qui suivant les conseils de Nicolas Hulot (et maintenant que je sais qui c’est, je vous l’étale ma culture populaire) qui vont se la couler douce dans une région dont les populations sont réduites à leur servir de domestiques : une forme une fois de plus de confiscation du territoire par des capitalistes qui ont su très bien intégrer les notions de l’écologie pour en tirer du profit.  Alors que dans ma conception du monde « croissance qualitative » et « simplicité volontaire » ont un principe commun, qui est le principe qui fonde cette conception « Toute personne à droit au respect et à la dignité du seul fait qu’elle existe »


Ce qui nous donne 4 nouveaux concepts à définir en fonction de cette conception ; personne, respect, dignité, exister. Souvent dans mes textes j’emploie des termes dans un sens très précis et que je ne définis pas pour ne pas alourdir démesurément le texte, me réservant de le faire quand l’occasion se présentera, comme je l’ai déjà fait et vais le refaire ici pour les notion de monde et de planète. Quand je parle de monde je parle de la planète en tant qu’habitée par les humains. Le monde dans ma conception a pour composantes l’ensemble des humains, des relations qu’ils établissent entre eux et leur empreinte sur la planète. Le monde est donc un sous-ensemble de l’ensemble planète qui est notre habitat peuplé d’une multiplicité d’autres habitants.


 

Habitants est un terme qui aura des acceptations différentes pour différentes personnes. Les uns y incluront les minéraux, d’autres pas. D’autres incluront des entités immatérielles dont d’autres ne reconnaîtront pas l’existence, etc…Cela pourrait faire l’objet d’un débat qui aurait pour point de départ la notion de l’être. Qu’est-ce qu’être, qui est être et qui n’a pas accès à ce statut. En général ce genre de débat m’ennuie profondément, mais cela est une autre histoire, la plupart du temps ils servent plutôt de prétexte à rivaliser d’importance personnelle, rapport de force, plutôt que de prétexte à chercher des solutions concrètes à des problèmes concrets en inventant ensemble un langage commun : production d’intelligence collective. Soit on parle pour blablater, soit on se met d’accord concernant un langage commun pour éviter tous les malentendus résultants du flou, du vague que l’on laisse flotter sur certains termes.

 


Le langage au lieu d’être un outil qui facilite le rapport à la réalité, celui que nous avons d’habiter ensemble et donc de transformer le monde devient un puissant outil de manipulation. Bush prétendant que les Etats-Unis vont envahir l’Irak pour apporter la liberté et la démocratie ou l’utilisation d’un des plus ignobles concepts produits au 20 ème siècle « le droit d’ingérence humanitaire » on utilise des mots pour dissimuler des faits : en l’occurrence le pillage des ressources d’un pays. Faire mourir de faim 500.000 enfants irakiens était une fort étrange manière de les protéger de Saddam Hussein.


 

 

Ceci établit j’en arrive au commentaire de Serge.

Les philosophes, les amis de la sagesse, ont choisi ce terme avec une certaine modestie que leurs successeurs ont souvent oublié : ami car un humain dans son imperfection peut rechercher la sagesse, se rapprocher d’elle et non point y parvenir.

Je suis une amie de la vérité, mais pour une humaine la vérité est inaccessible. Nous pouvons nous en approcher non y atteindre car il nous faudrait avoir un rapport omniscient du monde qui est celui réservé à Dieu pour ceux qui y croient. Par contre il y a une qualité liée à la vérité que nous pouvons cultiver : la sincérité. Et je m’arrête- là pour le moment.


J’essayerai par la suite de vous montrer le rapport que j’établis entre réalité, vérité et sincérité en partant d’une conception phénoménologique (j’expliquerai ce terme ronflant qui recouvre une réalité assez simple) du monde.

 


Si vous m’avez suivi jusqu’ici et que certaines choses ne vous semblent pas claires, n’hésitez pas à me poser des questions. J’écris pour des personnes ayant des bagages culturels fort différents. Et ce n’est pas toujours facile de trouver le juste milieu : éviter que certains se perdent dans le discours et que les autres s’ennuient mais c’est un beau défi.

 

Mon but, c’est de donner à chacun les outils pour comprendre les enjeux qui le concernent. De donner à des intelligences auxquelles le pouvoir à confisquer le droit d’accéder à la connaissance pour les déposséder des moyens d’agir sur la réalité des moyens de comprendre les enjeux en présence.

Anne

 

 

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commentaires

L
J'ai eu plaisir à te lire ..parmis de nombreux échos qu'éveillent en moi ce texte je retiendrai ces mots :<br /> <br /> "créant un concept suis-je en train de décrire la réalité du monde ou suis-je en train de la créer"<br /> Lorsque nous "créons" un concept, il me semble nous mettons une forme sur le fond qui se manifeste en nous à un moment donné..<br /> Nous participons ainsi au mouvement de la vie en nous et le projetons à l'extérieur..<br /> Je ne sais pas nommer mieux cet élan de créativité qui nous pousse sans cesse " hors de nous " et devient un moteur de changement collectif qui nous engloge en tant qu'individu.<br /> Comme si, poussés par une force en nous,nous partions à notre rencontre en un mouvement.<br /> <br /> Le principe de la " simplicité volontaire "<br /> se rapporche peut être de ceci :<br /> <br /> "Attacher le simple à sa vie<br /> c'est agir..<br /> sans que l'esprit n'ai rien à faire<br /> pas même à penser<br /> que ce que l'on fait est simple ".<br /> <br /> <br /> <br /> Merci de ce partage.<br /> <br /> Lise
Répondre
A
<br /> Je viens - enfin - de commencer à écrire la suite de ce texte et j'y intègrerai les paroles de ten commentaire, ce sont de bonnes descriptions.<br /> Quand les commentaires viennent enrichir le texte comme cela, j'adore ça.<br /> Anne<br /> <br /> <br />
P
Anne bonjour,<br /> <br /> Tout d'abord heureux de te retrouver. Concernant la démocratie : Y a t'il aujourd'hui une démocratie européenne ? Démo cratie: les peuples gouvernent à ne pas confondre avec république ou là les valeurs sont représentés. Il n'y a pas forcément de lien commun entre république et démocratie (république populaire de Chine par exemple).<br /> Un ensemble de deux mondes : Je pense que cette conception est juste, j'accepte le fait d'appartenir à un de ces deux monde "ceux qui dirigent et ceux qui subbissent", je lutte donc contre ceux qui dirigent (car ils dirigent mal, ce n'est que mon avis bien entendu) et j'appartient à ceux qui le subbissent. Mais c'est aussi cela le plaisir de vivre, se battre avec conviction pour ce que l'on croit, c'est un idéal auquel se mêle souvent la réalité qui nous explose à la vue, les gouvernements dirigent et exercent pour leurs seuls bonheurs. Il n'y a pas chez ces hommes et femmes de gouvernement assez de courage pour partager les richesses.<br /> A bientôt<br /> Philippe
Répondre
A
<br /> Bonjour,<br /> Moi aussi cela me fait plaisir de trouver un de tes commentaires. C'est bon de savoir qu'il y a des personnes à l'intérieur du système qui continuent à se battre avec sincérité et détermination et<br /> j'imagine que cela ne doit pas être facile tous les jours.<br /> Il n'y a pas chez ces hommes et femmes de gouvernement assez de courage pour partager les richesses.<br /> Intéressant ta remarque, je n'avais jamais vu cela sous cet angle, le fait que pour certains il faut du courage pour partager, tu as raison mais je n'y avais jamais penser.<br /> Le monde est un grand bac à sable avec ceux qui vont partager leurs jouets et se faire des copains et ceux qui passent leur temps à essayer de piquer la petite pelle du voisin, ce qui finit la<br /> plupart du temps dans les cris et les larmes.<br /> Bonne fin de semaine<br /> Anne<br /> <br /> <br />

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Gilles Deleuze, février 1977.

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