11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 08:54


 J'ai depuis toujours de gros problèmes avec le mensonge. Je suis allergique au mensonge. Comme j'ai échappé à la maternelle, je n'ai pas subi cette première déformation vers la duplicité constitutive d'une société hiérarchisée. Apprentissage de l’hypocrisie comme constitutive des rapports sociaux hiérarchisés qui sont les nôtres. J'ai été élevée dans la branche de ma non-famille issue de notable, de ces personnes de pouvoir qui ont contribué à la constitution de la Belgique. Les discours que j'entendais étaient ceux de personnes (en majorité des femmes) qui contribuaient par leur fonctions à l'évolution de ce pays. J’ai eu un cours de psychologie remarquable à l’université qui se consacrait à mettre en évidence les différences de conceptions du monde selon que l’on soit éduqué comme appartenant aux sphères dirigeantes ou soumises de la population.

Un exemple tout simple : le rapport à l’instituteur. Je généralise et je schématise, mais ce dont je parle là existe réellement, plus toutes les variantes nuancées…comme toujours, sortir des dualismes quand nous considérons la réalité dans son ensemble. Le dualisme sert à mettre en évidence, faire apparaître des pôles extrêmes de situations qui se retrouvent dans la réalité à l’état hybride.

Donc pour les uns, les petits Maîtres, l’instituteur est cet inférieur qui se fera remettre à sa place par leurs parents si jamais il outrepasse les prérogatives de sa fonction et abuse de son autorité ; alors que pour les autres, il est le Maître tout puissant. Et en cas de désobéissance, les parents soumis renforceront la punition : préparation à subir ce rapport de subordination intrinsèque du contrat de travail salarié qui est par nature antithétique de toute démocratie.

 

Mon regard d'enfant était donc décalé de la réalité du monde. Pas tant celui dans lequel j’ai grandi et où j’aurais sans trop de mal trouvé ma place, mais de ce que le monde est devenu. Ces personnes de pouvoir qui ont contribué à mon éducation étaient des gens sincères et bien intentionnés, bienveillants, désirant réellement contribuer à la création d’un monde équitables de personnes bien éduquées et prospères. Imparfaits comme nous tous, mais d’une profonde honnêteté intellectuelle, d’une grande générosité aussi.


Je suis donc très bien placée pour vous dire que de tels types de personnalités n’existent plus dans le monde politique contemporain. Elles n’y ont pas leur place. Dans l’Europe vassale, il n’y a pas de place pour les grandes personnalités politiques portées par des mouvements de conscience. Car n’oublions pas qu’il y a eu une immense vague au début du siècle passé, un grand mouvement de conscience, culturel et politique.


Que les différences entre les différents composants de la hiérarchie sociale diminuaient, que l’on pouvait alors espérer aller vers une harmonisation généralisée des relations humaines fondée sur une équivalence des personnes. Je ne vais pas revenir là-dessus maintenant, mais je n’aime pas trop la notion d’égalité en ce qu’elle ouvre la porte au conformisme social, de la même manière que les Droits de l’Homme ont enfanté le droit d’ingérence qui n’a rien d’humanitaire. Respect des différences me convient mieux, mais c’est un autre débat.

 

Jamais nous ne rompons tout à fait avec les schémas de notre enfance et il m'est donc naturel de penser que nous avons tout droit de participer aux décisions de gestions collectives, aux choix politiques fondamentaux qui déterminent nos conditions de vie matérielle et spirituelle. Ce monde est notre monde. Je ne fais que poursuivre de vieux idéaux qui m’ont été inculqués dès l’enfance par des personnes intelligentes, honnêtes, sincères, généreuses et bienveillantes. Il est important d’insister là-dessus au moment où une prolifération de lois liberticides s’apprête à liquider ce qui reste de traces de ces vieux idéaux de l’humanité à l’échelle sociale.

Quand bien même de telles lois nous jetteraient demain dans l’illégalité, nous ne sommes ni des criminels, ni des terroristes en puissance. Nous sommes les dissidents, les résistants qui reprenons le flambeau d’un combat qui traverse l’histoire de la planète. Dans nos contrées, dans notre civilisation ce combat se fonde dans les valeurs chrétiennes originelles, rien avoir à voir avec les églises qui ont sévit depuis, confisquant et trahissant le message christique.


Le seul point commun entre les branches d'origines diverses de ma non-famille était un athéisme radical. Or les expériences que j'ai vécues ne m'ont laissé aucun doute quand à l'existence d'un "esprit" et j'ai rompu avec l'athéisme, tout en restant fort prudente dans mes interprétations de ce que peut être cet esprit. L'approche la plus proche de la mienne que j'ai pu rencontrer, après des années de recherches, est celle des tribus nomades natives des plaines de l'Amérique du Nord. Un sens du sacré sans église, une approche personnelle de sa relation au sacré à travers la quête de vision, expérience solitaire, singulière, différente pour chacun. Le rôle du shaman étant d'aider chacun  dans l'interprétation de cette vision singulière.










Je n'ai personnellement jamais rencontré de shaman, ni chercher ce genre de rencontre, mais j'ai expérimenté des états d'immersion dans la nature où réellement ma conscience bascule d'un plan de perception à un autre. (Je précise pour ceux qui auraient des doutes : sans ingestion de substances sinon peut-être du café).  C'est soudain et sans équivoque, mes perceptions se transforment d'une seconde à l'autre, si je dois traduire cela avec des mots aussi imparfaits soient-ils : à  un moment je suis cette humaine sociale posée à la surface de la planète, avec tout ce bagage culturel qui nous fait extra-naturels, à l'instant suivant je suis « partie de »...j'appartiens à cette nature au même titre que les pierres, les plantes, les animaux et autres entités.

De tels états ont un extraordinaire pouvoir régénérateur de la santé, de l'énergie, de la pensée. Je crois que j'ai accès à ce genre d'état, justement parce que j'ai échappé à ce premier conditionnement irréversible de l'école maternelle et passé une bonne partie de ma petite enfance seule dans les bois, seule parmi les arbres, avec personne pour me mettre dans la tête que ce que je vivais n'existait pas, n'était pas possible. Une chose est certaine, c'est que hors de la nature, je suis comme un poisson hors de l'eau et je finis par suffoquer, étouffer physiquement..

C'est de l'accès à ces états  que des lois liberticides, mais aussi et bien pire : les carcans mentaux de notre éducation nous dépossèdent. Personnellement j'établis une différence entre « sphère mentale » spécifiquement humaine, constitutive du monde et « sphère spirituelle » constitutive de la planète, notre habitat, peu importe, je vous cite ici cette introduction du blog exdisciples, car sur ce blog un lien est établit avec l'aspect spirituel du monde rompant avec l'autocensure qui veut que l'on évite soigneusement de trop s'avancer en matière de spiritualité pour rester politiquement correct et socialement recevables. Il est important de mener l'interrogation sur ce thème : qu'elle est cette spiritualité que des lois soi-disant anti-sectes peuvent rendre illégale.

  exdisciplesleblog

Nous vivons tous dans une « sphère mentale ». Vos pensées ne sont pas votre propriété : elles appartiennent à tout le monde. Ce ne sont que des pensées mais vous créez une contrepartie : le « penseur » qui lit chaque pensée. Votre effort pour contrôler la vie a créé un mouvement secondaire de pensée en vous et vous l'appelez « JE ». Ce mouvement de pensée en vous est parallèle au mouvement de la vie mais il en est séparé, il ne peut jamais être en contact avec la vie. Vous êtes une créature vivante et cependant vous menez votre vie entière dans le domaine de ce mouvement de pensée isolé et parallèle. Vous vous retranchez de la vie - et c'est contre-nature. L'état naturel n'est Pas un état sans pensée : c'est là l'un des plus grands canulars perpétrés des siècles durant à l'égard de pauvres Indiens sans défense... Vous ne serez jamais sans pensée tant que le corps ne sera pas réduit à l'état de cadavre, un cadavre très mort ! Etre capable de pensée est nécessaire à la survie. Mais dans l'état naturel la pensée cesse de vous étrangler ; elle revient à son rythme naturel. Il n'existe plus de « vous » pour lire les pensées et les prendre pour les « siennes ». UG.

 

 

« Contre les idées fausses » est le thème que j’aimerais pouvoir développer et approfondir. Déplier le plan de réalité sociale et montrer sa duplicité, ses mensonges, son inconsistance parfois. Démasquer ceux qui avancent cachés maniant avec un art consommé le double discours, cette aptitude à l’hypocrisie étant aujourd’hui un critère positif de la discrimination sociale. Avec toutes les conséquences catastrophiques que l’on sait.

Nous réapproprier le droit de raconter l’histoire et les histoires du monde en ne tenant pas pour acquise la victoire de la civilisation de la civilisation industrielle mécaniste extra-naturelle, c’est nous réapproprier notre monde et lui ouvrir de nouveaux possibles pour l’avenir en tirant les leçons d’histoires des peuples bien plus riches et intéressantes qu’on ne veut nous le faire croire.

Pour la petite histoire, d’autres branches de ma famille étant d’origine beaucoup plus modeste, j’ai eu à me confronter très tôt avec cette notion d’élitisme et d’une guerre sociale dont je fus le champ de bataille. Et bien sûr, j’ai pris la tangente et constitué mon intégrité en développant une conception du monde capable d’intégrer en bonne harmonie les différences. De ce qui aurait pu me détruire, j’ai fait une richesse, une faculté d’ouverture qui me permets de rencontrer et d’échanger des idées avec des personnes très différentes, la sensibilité étant le critère d’élection de mes affinités. Et la sensibilité, elle est humaine de part toute la planète.

C’est la sensibilité que le pouvoir humanoïde assassine !

C’est quoi, les camisoles chimiques, sinon les anesthésiants ou pire, les destructeurs de la sensibilité ?  C’est le poison que l’on distribue pour rendre supportable un monde réductionniste, un monde carcan, un univers carcéral dans lequel l’humain est objectivé, fonctionnalisé, marchandisé, individu normal et conforme, dépouillé de sont statu de sujet, de personne singulière que son histoire rend chaque jour plus différente, singulière et riche de potentiels à révéler dans la complémentarité nécessaire à la construction d’un monde heureux.

Supporter d’avoir à dire « Oui chef » poliment, voir obséquieusement tout en pensant « Sale con », supporter de devenir fonctionnalité abrutie et répétitive dans le monde de Monsieur Ford (vous savez, le grand pote à Hitler), obliger d’étouffer les potentiels créatifs qui sont constitutifs de chaque personne humaine. Pauvre monde, triste monde.

C’est le renversement de cet ordre que j’appelle quand le plaide pour la croissance qualitative. C’est non seulement un enrichissement de notre environnement naturel, mais c’est aussi l’enrichissement de vivre entouré de personnes qui ont beaucoup à nous apporter car elles ont  l’occasion de développer leurs talents et d’en partager les fruits. Rien qu’un peu de bonheur.

Anne.


À suivre…

 

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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sixtine 11/06/2009 13:18

Non, Anne ! Pas rien qu'un peu ! Beaucoup de bonheur à la clé pour qui peut vivre avec de telles perceptions...!
Et tes photos me comblent de joie . Merci !

Anne Wolff 11/06/2009 13:25


Ce que me dit mon expérience, plus d'un demi-siècle, cela commence à compter : une médaille et son revers. La sensibilité ouvre à de grands bonheurs, mais elle a son prix de douleurs dans un monde
comme celui-ci. Parce que, comme le disais déjà Aristote, il y a des gens qui ne peuvent être pleinement heureux alors que souffre l'humanité dans son ensemble.
Je constate, sinon je trouve que j'ai plutôt de la chance.
Anne


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