8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 06:49


J’ai commencé à relire ce matin, ce texte écrit hier, il se transforme. Ce matin il fait froid, mais froid. Déjà cette nuit, il m’a fallu ajouter des couvertures et je viens d’allumer un petit feu dans le tipi, en juin ! On se croirait plutôt fin mars. Cette histoire de réchauffement climatique aussi semble plutôt tordue. Je vous assure que c’est un air glacial et humide qui entre ce matin pas la moindre fente du tipi. Peu importe.

 


 Je crois que serait venu le moment des grandes synthèses, d’arrêter de seulement courir de l’avant toujours un peu à la traîne de l’actualité, toujours un peu à la traîne de ce que nous prétendons fuir. Quelques réunions polycéphales pour mettre en commun nos connaissances, reprendre en quelques pages synthétiques les milliers de pages pondues au sujet de la grippe menaçantes…ce genre de choses.


Mais qui a vraiment envie de se livrer à ce travail ingrat de dépouillement, de dégraissage, de décodage jusqu’à parvenir au moment où cohérence et consistance convergent, qu’enfin nous ayons quelque chose, un raisonnement qui tient la route. Nous devons, tant pour les causes que pour les effets apprendre à raisonner en termes de probabilités. C’est pourquoi je vous disais que conspiration séculaire ou pas, ce n’est pas le plus important, qu’il nous faut à présent aller droit à l’essentiel.


Nous avons assisté à la faillite de l’enseignement scolaire de la maternelle aux universités, aux grandes écoles. Je sais que bien peu d’entre vous ont compris l’importance de ce texte de Russell, le premier que j’ai publié et qui écrit un programme de destruction de l’intelligence des générations à venir dont nous sommes. Si ce texte me parle, c’est ce qu’il décrit anticipativement ce que j’ai pu observer directement dans la pratique, un changement radical dans l’approche pédagogique.


Un anéantissement de toute pédagogie cohérente en quelque encouragement que ce soit de tout talent original qui se pointe. L’école comme une grande fabrique de citoyens lambda, l’université quant à elle fabrique des spécialistes au champ de vision extrêmement limité, des biochimistes qui ne connaissent du champ de la vie que ce qu’ils peuvent en observer dans leur microscope. Et cela je pense, c’est voulu, prémédité. Il n’y a que quelques folles dans mon genre pour faire de leur vie un combat pour échapper au carcan de la réduction…envers et contre tout et tous…parfois, quand plus personne ne vous écoute autour de vous, quand plus personne ne vous entend, quand tous se gaussent…heureusement cela n’a jamais été totalement comme cela.


Il y a toujours ce miracle, cette magie de la rencontre fortuite. Un regard, un sourire, un bonjour…aller vers…et la rencontre de particules libres qui se sont reconnues. Pourtant ces dernières années, la bêtise, la méchanceté, la mesquinerie ont bien failli avoir ma peau, cette fois et j’ai irrémédiablement laissé quelques plumes dans l’aventure. Trop, c’est trop. Vivre en permanence dans un climat de mépris, de mensonges et de trahison, avec tous les petits rapports de force minables entre « copains », je n’avais jamais connu cela.


Pas avec ce degré d’isolement…j’ai toujours trouvé un entourage d’amis de confiance, fidèles et fiables. Pas cette fois. Mais cette fois, tous les moineaux de la ville avaient disparus remplacés par des corneilles et des corbeaux dont les sinistres bandes avaient colonisé les parcs et les jardins. Le mouvement semble se renverser, les moineaux reparaissent timidement, j’ai pu à nouveau entendre leur champ annoncer l’aube nouvelle, corbeaux et corneilles se font moins nombreux. A suivre…

 

Une des différences c’est celle qui existe entre personne actives et inactives. Je ne prends pas ici ces termes dans l’occurrence donnée par le système. Bientôt l’alcootest pour certains fonctionnaires…il faut les voir le matin, dans les bistrots autour de la gare centrale qui s’envoient bière sur bière avant d’aller « travailler ».  Activer les chômeurs…nous avons aujourd’hui actiris pour cela. Une vaste blague, une grande machine à exclure, à rendre le chômage inconfortable, stressant, angoissant.


Avec des plans d’activation et des petits jeunes engagés pour contrôler individuellement les démarches de chacun dans ces recherches d’emploi. Un grand repêchage des quelques réductibles qui seraient passés à travers les mailles. Ridicule, risible…et tellement tristounet quant on sait que tout est fait pour décourager la création de petites entreprises, de collectifs de solidarité qui ne soient conformes aux normes du système, qui n’adoptent les formes économiques imposées qui laissent en friche un immense champ de créativité et de talents.


Stupides quand on sait qu’il a fallu des cabinets entiers d’ingénieurs architectes pour nous refaire la place Flagey et son bassin d’orage et que c’est l’échec sur toute la ligne  Huit ans de travaux et les inondations se sont déplacées, les 6 nivaux de parking construits sous la place resteront inutilisés : ils sont inondés par grosse pluie et n’ont pas trouvé assureurs.  Quand à la surface : bonjour la convivialité, les amis.


Et cette pierre bleue de chine qui la couvre  elle était toute incrustée de taches diverses avant même l’ouverture officielle de la place il avait fallu passer les ponceuses pour que les lieux soient un brin présentable. Je pourrais disserter des heures au sujet de cette place, elle n’est jamais qu’un exemple parmi beaucoup d’autre de gaspillage éhonté du denier public pour des résultats totalement insatisfaisants. Sauf pour ceux qui se sont vu attribuer les marchés en se foutant éperdument de la gueule du public. Est-ce cela le 21ème siècle ?


Mais revenons à nos chômeurs, à nos inactifs perdus dans la société du soupçon, Qu’est-ce donc qu’être inactif ? Pour la société du Profit, ce terme à pris pour définition : « Sont inactifs ceux qui ne participent pas à la genèse du profit. Soit qu’ils participent par leur travail et leur consommation au maintien des structures du système, soit qu’ils soient directement productifs. »


Ainsi une maman de 5 enfants qui passe ses journées à effectuer des travaux domestiques, mais aussi pédagogiques, éducatif, une maman qui donnent à ses enfants la présence affectueuse attentionnée, qui donnent à leurs inlassables questionnement des chemins de réponses, contribuant à en faire des êtres affectivement équilibrés, éveillés, ouverts, etc…cette maman est du point de vue du système une personne inactive. Le système n’a que faire des enfants équilibrés, sains, éveillés et ouverts, le système a besoin de petits moutons que leurs carences affectives, psychologiques et éducatives rend manipulables, le système à besoin de d’enfants qui dorment, abrutis et se laissent gaver de sottises sans poser de questions. Tous des futurs citoyens lambda.


Le système a besoin de spécialistes qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez pointu d’apprentis sorciers sans bagage, imbu d’eux-mêmes, on leur a assez enfoncé dans le crâne qu’ils étaient l’élite des Nations, la Crème des Crèmes, ceux qui avaient été choisis pour être directement aux service des maîtres, grâce a leur QI exceptionnel. Rappelons tout de même que celui d’Einstein de QI sombrait plutôt du côté de l’idiotie, mais bon, cela reste anecdotique. Ce qui l’est moins c’est l’étude que fait Stephen Jay-Gould dans un de ses bouquins de la nature de tels tests et il est certain que leur contenu n’est pas « innocent », qu’il est culturellement orienté et repose sur les fondement du modèle officiel occidental à l’exclusion de tout autre….et je suis sortie pour manger quelques fraises des bois en guise de pause.

 

Mais comme pour notre pandémie de grippe en latence, le seul traitement de cette grande dépression psychologique généralisée qui atteint ceux qui acceptent la réduction qui leur permettra de s’intégrer au système, il n’y a qu’une solution saine possible : changement radical de civilisation. Quand un médecin reçoit un patient au bord du gouffre peut-il lui dire « Mon bon Monsieur, ou Ma bonne Dame, il vous faudrait un changement radical de mode de vie. Du soleil, de la lumière, du grand air, une nourriture saine et de l’activité physique…non, il ne peut pas dire cela. Alors que fait-il ? Il prescrit les petites pilules de l’anesthésie et de l’oubli qui permettent de « tenir le coup » et de continuer à se faire pressuriser par les Profiteurs. Travailleurs-esclaves, réveillez-vous ? Mais non, ils dorment sous l’emprise des substances…et la télévision pour finir de s’abrutir !

J’ai jeté un coup d’œil sur les pousses que j’ai repiquées il y a quelques jours et j’ai eu le plaisir de voir qu’elles se portent magnifiquement bien. J’avais un peu tardé pour procéder à ce repiquage, et j’étais inquiète du résultat, mais je n’ai pas trop perdu la main.

Je me sentais devenir un fantôme de la ville. Savez-vous ce que sont les fantômes de la ville ? Les avez-vous vu avancer en peloton serré d’une démarche mécanique de robots, la mallette à bout de bras, la matin au sortir des trains qui amènent son contingent d’esclaves au boulot.

Etrange comme nos perceptions nous apprennent des choses que les journaux ne nous disent pas. Je vous ai déjà dit que sauf à de rares moments chauds, je refusais de me laisser bourrer le crâne à coup d’actualité.  Encore, parcourir les journaux nous laisse le choix de nous arrêter ou non à tel ou tel sujet qui nous interpelle particulièrement. Mais les soi-disant informations télévisées sont de la pure intoxication et ce depuis un bon moment.


Si j’ai un conseil à vous donner : « Balancez vos télévisions ! » En cas d’urgence, une radio sera bien suffisante, pour le reste la télé ne fait que vous détourner de la vraie vie. Je vais vous raconter une petite anecdote édifiante, une de ces manifestations de ce que j’appelle l’effet-télé.

Il y a quelques années, alors que l’invasion de l’Irak battait son plein, je me suis rendue deux fois à quelques mois d’intervalle dans une des épiceries-bar du village afin d’y faire quelques provision de riz complet, levure de bière, sauce soja et autres ingrédients de base…

Comme d’habitude, télé allumée presque en permanence dans ce bar dont le patron attend parfois le client les yeux fixés sur l’écran. Quelques indigènes devisaient vidant des bières. Hasard ? Les deux fois c’était des images parfaitement similaires que diffusait la télévision, celles qui dévoilaient les mauvais traitements, les tortures pratiqués par les robocobs étasuniens à l’encontre des prisonniers irakiens.


On y voyait des hommes nus tenus en laisse par des militaires « joviaux » et autres horreurs. Mes voisins regardaient ce spectacle du coin de l ‘œil, bière à la main, sans paraître le moins du monde affecté par le spectacle ! Ils y étaient habitués !!! Personnellement, ces images m’ont choquées et je suis rentrée chez moi avec de nouvelles interrogations sur la nature humaine. Il m’a fallu des jours, des semaines pour m’en remettre. Je ne m’en sui jamais vraiment remise !


Nous ne savons toujours que partiellement ce qu’il en a été des maux infligé là à des êtres humains. J’ai lu depuis quelques récits de personnes qui ont subi les enlèvements et déplacements de camps en camps, qui ont été livrés aux mains des bourreaux à la solde des USA pour se voir finalement relâchés sans inculpation car ils n’étaient en rien des terroristes.

Car il faut garder en tête deux aspects fondamentaux de l’histoire de la lutte contre le terrorisme telle qu’elle est menée actuellement, et croyez-moi (ou non), cela continue, l’administration Obama amène un nouveau discours pour perpétuer les mêmes horreurs et bien pire.


Des dizaines de milliers de gens de par le monde, parfois des femmes et des enfants sont ainsi enlevés et mis au secret dans des camps sur le seul et souvent vague soupçon de terrorisme, ou sur base de dénonciations qui n’ont nul besoin de fondements. Cela ne vous rappelle rien. Je trouve que tout cela à de putrides relents d’inquisition et de chasse aux sorcières.  Non ?

D’une part nous savons que les aveux arrachés à force de douleur et de menace n’ont que peu de valeur probante. D’autre part, si vous aviez traversé ce genre d’épreuve, comme cela, « pour rien », sur base d’un simple soupçon et que vous retrouviez relâché et disculpé,  après avoir été torturé, humilié, que l’on vous avait ôté pour un temps jusqu’à la plus petite trace de dignité humaine en vous, comme cela, injustement…du droit du plus fort, vous savez, la vieille histoire, la fable du loup et de l’agneau… : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère, du moins quelqu’un des tiens… ». On en est toujours là ou bien c’est moi qui hallucine et fait preuve de mauvais esprit…









Donc si vous retrouviez  dans une telle situation…attention, doucement, prenez le temps de passer les étapes.

Vous êtes là, tranquille. Vous marchez dans la rue, vous rentrez chez vous. Vous allez retrouver votre famille pour passer ensemble une agréable soirée…c’est le printemps et vous parviennent des fragrances de fleurs épanouies. Soudain derrière vous, un bruit de moteur. Vous n’y prêtez pas trop attention, pris que vous êtes dans vos rêveries…

Soudain…tout s’accélère, la camionnette stoppe à votre hauteur, des hommes masqués en surgissent, s’emparent de vous, vous entraîne dans la camionnette…et c’est le début d’une traversée de l’enfer.

Je vous renvoie aux rares récits des rares qui en sont revenus…

Vous avez pris le temps de vous mettre dans la peau pour un moment de ceux et celles qui ont vécu cela.


Vous avez fait quelques recherches, découverts qu’il existait des dizaines de camps secrets, que parfois le travail était confié aux bourreaux de pays alliés. Que certains pays donnaient leur aval à l’installation de tels camps sur leur territoire, que pour installer sur des îles d’autres camps, il avait fallu les confisquer à leurs populations qui se voyaient larguées au large dépossédées de leurs biens. Peu sans doute, mais les seuls qu’ils avaient, une cabane et quelques bêtes, elles n’en demandaient pas beaucoup plus.


Je vous le répète, il y a quelques trucs comme cela sur lesquels j’ai envie d’insister, car l’intoxication qui les concerne est bien implantée dans les évidences trompeuses…non, toutes les populations du monde ne sont pas fascinées par le modèle occidental nous enviant notre mode de vie, prêtes à vendre l’entièreté de leur passé, de leurs souvenirs, de leurs traditions, prête à brader leurs quelques maigres biens pour accéder au mythe. Loin de là.

 

Donc vous êtes là, dehors, hors des murs matériels des prisons, hors des barbelés des camps, loin de l’œil des miradors. Etes-vous libres pour autant ? Ressemblez-vous encore à celui qui marchait dans la brise du printemps, avant que ne surgisse la camionnette de la fatalité, innocent…


La fatalité, voilà les grands mots sont lâchés : qu’est-ce donc que la fatalité. Quel enchaînement serait donc notre destin et celui de l’humanité que de nous voir toujours ainsi divisé entre bourreaux, victimes…et ceux qui tacitement consentent.

Si nous voulons qu’advienne le peuple des humains, nous avons du travail pour clarifier nos consciences, pour construire des consciences collectives, des noosphères, sphère de l’esprit conscient de lui-même.

Anne

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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sixtine 08/06/2009 13:24

Le chant des oiseaux, le vol du papillon, l'éclosion de la fleur...les jalons qui nous permettent de sillonner notre route malgré les embûches ! Ton ressenti, je le partage ! Nous ne sommes pas seules !

Anne Wolff 08/06/2009 13:30


Serons-nous assez, avec la foi nécessaire pour accomplir des miracles?


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