11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 09:26
Contre le communisme de la rareté:
Economie des marchéS
La croissance qualitative
Simplicité volontaire

photo yurtao

La notion de développement durable est utilisée par le N.O.M. pour faire accepter des politiques d’austérité au nom du bien-être écologique de la planète, et préparer l’instauration d’une sorte de communisme de la rareté qui n’a rien en commun avec celui de l’eschatologie marxiste d’une société d’abondance.


Mais la notion de décroissance ne me convient pas non plus, ce qui ne veut pas dire que je n’apporte pas mon soutien à ceux qui font la promotion de cette notion, pour ce que je sais d’eux, nous marchons dans la même direction. Je trouve simplement qu’ils ne vont pas assez loin dans leur remise en question du système, et reproduisent encore cette idée que l’austérité s’impose. A cela j’oppose la notion d’une joyeuse frugalité fondée sur la notion de la croissance qualitative. La croissance qualitative comporte une dimension « spirituelle » et une dimension matérielle.


La dimension spirituelle fait appel à ces ressources inépuisables et infiniment renouvelables que sont les qualités humaines de tendresse, de compassion, d’humour, de créativité, etc...La liste est longue, je vous laisse la compléter. Elles contribuent à créer un tissu de convivialité, là où le tissu social est usé jusqu’à la trame.


Matériellement c’est du passage à une production de qualité dont il est question. Par exemple : Au lieu de pratiquer une agriculture extensive usant de méthodes qui épuisent les sols et les empoisonnent avec en fin de compte une faible productivité, il est possible de pratiquer une agriculture intensive, attentive à enrichir la niche écologique sur laquelle elle se pratique, avec un taux de productivité d’autant plus élevé que la nourriture qui est produite de cette manière à une valeur nutritive élevée, ce qui n’est pas le cas de la mal-bouffe industrielle dont on connait les effets pathogènes et le peu de valeur nutritive..
Et cela va en s’aggravant.

Et ne me dites pas que ce serait un retour en arrière et que personne n’a envie de sacrifier sa vie en revenant à des méthodes de cultures primitives. J’ai rencontré de jeunes agriculteurs bio qui travaillent dur comme le faisaient les paysans traditionnels et qui se voient obligés de demander un RMI complémentaire pour joindre les deux bouts, pourtant ils s’accrochent car ils aiment ce genre de vie et surtout ils croient à la valeur de ce qu’ils produisent.


Remplacer l’économie de marché par une économie des marchés, favorisant les marchés locaux, cela ne serait finalement qu’appliquer les principes de la micro-économie officielle qui implique une multitude de petites entreprises (atomisation), indispensable pour que le principe de la main invisible -qui n’est qu’une manifestation de la loi des grands nombres- puisse fonctionner. Pas de main invisible avec une dictature monopolistique à la Monsanto. Ceci est une des contradictions internes de l’application des soi-disant « lois naturelles de l’économie » que nous imposent les Profiteurs, c’est loin d’être la seule.

La croissance qualitative, c’est aussi encourager l’artisanat de qualité. La création d’œuvres à longue durée de vie.

Produire mieux pour produire moins et produire avec bonheur, car un bon artisan prend plaisir à œuvrer. Pour les notions travail, œuvre et action, je me réfère à Hannah Arendt et son ouvrage éclairant : « Condition de l’Homme Moderne ». Le travail produit ce qui s’engloutit dans les cycles de la consommation, l’œuvre produit les objets de la durée et l’action c’est le politique soit la manière dont les humains s’organisent entre eux. Les humains sont polyvalents et chacun peut participer de ces trois dimensions.

Cette notion de croissance qualitative est corrélative de celle de simplicité volontaire. C'est pour cela que je propose l’instauration d’une Charte Internationale du Droit à la Simplicité Volontaire ». Toutes les nouvelles qui me parviennent en ce moment confirme que ce mode de vie fait l'objet de harcélements et d'expulsions de plus en plus systèmatiques.


Nouvelles de Belgique : je reviens d’une visite à des amis qui vivent en péniches, tipis, roulottes au bord du canal, près de Bruxelles. Les habitants des péniches vivent là depuis quinze ans, ils ont leur domicile sur leur péniche et à présent ils sont menacés d’expulsion sous le fallacieux prétexte qu’ils gêneraient le passage des péniches, ce qui est faux. Ils ont déjà dépensé des milliers d’Euros en avocats, et la lutte continue…
La semaine prochaine j’aurai des renseignements plus complets sur leur histoire.














Anne

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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Laplote 12/06/2009 11:22

Il faudra être prêt à faire des sacrifices pour changer de société. Superbes photos...

Anne Wolff 12/06/2009 11:34


Cela nous sommes beaucoup à le savoir et à le faire déjà. Mais je retrouve les mêmes paroles en écho sur diffrérents blogs : nous sommes nombreux à être au bord du gouffre faute se savoir comment
mettre en action toute notre bonne volonté, nos compétence. L'impuissance nous mine, nous ronge, nous épuise...et la sauce ne prend pas. Il faudrait pouvoir s'arrêter un moment, prendre de la
distance, réfléchir. Nous ployons sous la pression des évènements qui marquent l'avènement d'une dictature, nous fuyons en avant sans bien comprendre ce que nous fuyons.
Il faudrait pouvoir nous arrêter et nous mettre à bâtir notre nouvelle demeurre avec tous nos amis inconnus qui forment une constellation de combattants de l'amour à la surface de la planète.
Anne


Débla 12/05/2009 20:05

Il y a en tout cas une prise de conscience,il faut trouver l'élan pour la faire rebondir très loin.
Ce que tu cites de la situation de tes amis au bord du canal est malheureusement ce que l'on peut voir partout aujourd'hui.Etre propriétaire de son terrain ne garanti pas non plus de pouvoir y vivre libre, selon ses choix, ses critères, qui tiennent compte de la nature et du partage..Je suis installée à la porte de Cannes, mon quartier de campagne il y a encore vingt ans a été envahie par le béton. Mon mari avait voulu apporter le confort à une vieille bâtisse de famille. Seule aujourd'hui pour assumer, je dois dire que je regrette l'agrandissement de cette maison..Ma caravane est prête pour reprendre la route , mais où la poser sans ennuis ?!
Merci pour le lien, j'apprécie son joli titre.

Serge adam 12/05/2009 16:32

Très belle réflexion. Je vis dans un pays ou la consommation ne cesse de croitre et je constate à quel point nous gaspillons les ressources. En prendre conscience c'est déjà un pas dans la bonne direction.

bridge 12/05/2009 09:26

Bonjour Anne,

Tu touches là quelque chose d'essentiel avec les mots qu'il faut.
Je crois bien que la révolution de conscience indispensable non seulement à la survie du genre humain mais à son épanouissement ne peut passer que par cette prise de conscience et par les choix qu'il implique...
Très belles photos de péniches qui font rêver...
Je relaie sur mon blog.
amicalement,
Bridge

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