21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 23:19

 

Il devient de plus en plus difficile de savoir ce qui se passe vraiment en Bolivie Profonde. Au cours des derniers jours, à travers toutes les sources, dans toutes le régions, revenait ce même appel chargé de douleur et de colère des populations originaires : « Ils nous tuent comme des chiens et la presse est absente. S’il vous plaît, aidez-nous, montrez ce qui se passe ici, nous avons besoin de tous les soutiens »

Je viens de publier une traduction, d’une vidéo qui décrit le coup d’état made in USA en 1954 au Guatemala. Pendant toute la traduction, je sens la résonance avec ce qui se produit en Bolivie, même si Evo Morales n’a plus la popularité incontestable dont il jouissait lors des précédentes élections, il effectuait toujours le mandat en cours jusqu’au 22 janvier 2020 pour lequel il a été élu avec plus de 60 % des voix, il a été forcé à démissionner sous la pression dans une mauvaise farce de soulèvement populaire préparé depuis Washington. Ma traduction suivante sera celle d’une vidéo qui analyse, documents à l’appui ce coup d’état « made in USA ». Et montre que le soulèvement au cri de « fraude » était déjà programmé de toute façon au cas plus que probable ou Evo gagnerait les élections et que le rapport de l’OEA au sujet de cette fraude a été critiqué de manière convaincante, plus que les arguments que ce rapport bâclé et inexacte présente

 

Pour comprendre ce que rétablir la démocratie veut dire pour les USA, il suffit d’aller voir ce qui se passe au Honduras depuis plus de 10, une triste histoire… une histoire de terreur et de misère qui pousse une grande partie de la population à fuir le pays, coûte que coûte. Alors que l’immense majorité des habitants demandent le départ d’un président élu de manière inconstitutionnelle doublée d’une fraude, la preuve est faite depuis New-York où son frère vient d’être condamné pour trafic international de drogue à haut niveau et autres bagatelles (j’ai oublié les termes techniques), la preuve est faite que le président Juan Orlando Hernandez (JOH) a été bénéficiaire de l’argent de la drogue de son frère, qui a – entre autre – financé ses campagnes électorales, et que la femme de ce JOH a contribué au blanchiment de cet argent sale. JOH fait l’objet d’une enquête de la DEA depuis 2012, le fils du précédent président a également été condamné aux USA pour trafic de drogue. La violence a explosé dans le pays depuis le coup d’état, alors que la misère touche une majorité de la population. Les opposants, les journalistes sont harcelés, menacés, assassinés ou disparaissent, comme la militante lenca du COPINH, Berta Caceres, assassinée de deux balles dans la tête, le 3 mars 2016, alors que les organisations internationales de Droits Humains avaient exigé du gouvernement qu’elle bénéficie de mesures de protection. Etc…

Mais Trump a félicité en personne JOH pour l’excellent travail qu’il fait… On croît se retrouver en plein cauchemar, quand tout perd son sens parce que les mots disent le contraire de ce qu’ils signifient réellement.

C’est ce que vivent les habitants originaires et légitimes de Bolivie en ce moment. Une presse prostituée qui présente une réalité inventée du pays, pendant qu’ils se font humilier, battre, assassiner, emprisonner… Le cri d’alerte aujourd’hui qui fait écho en différents lieux du pays : le gouvernement fait disparaître les corps des morts.

Une image parle plus que des mots...les petits points verts…

Brèves du jour 21 11 2019

Le coup de force de ce coup d’état, c’est que par un des tours de passe passe auquel la CIA voudrait nous habituer, un parti tout aussi extrêmement minoritaire qu’il est sans contestation possible raciste et d’extrême-droite, par une manipulations des faits et des circonstance, organisée, préparée de toutes pièces a pris le pouvoir. Dans la distribution des sièges parlementaires en Bolivie, le parti du nouveau pouvoir est représenté par les petits points verts.

 

Aujourd’hui se déroule en Colombie une grève générale, un arrêt du pays, en protestation contre des mesures néolibérales, l’absolue incapacité du président Duque a gouverner le pays, les assassinats constants de militants et autres dirigeants populaires, le retour de la terreur dans la « guerre contre la drogue » qui a causé dernièrement la mort de 8 enfants, la persistance de la violence paramilitaire d’extrême-gauche, comme d’extrême-droite, etc.

En vue de la manifestation, Duque a mis les casernes en état d’alerte et déclaré à partir d’aujourd’hui un couvre feu… je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir en détail comment se passe les manifestations…. Un autre bon élève de Washington

Une bonne nouvelle : au Chili les forces de l’ordre n’ont dorénavant plus le droit d’utiliser les cartouches qui ont rendu plus de 200 chiliens partiellement ou totalement aveugles. Mais. Trop de témoignages confirment que certains carabiniers tiraient volontairement de près et au visage, pour douter que ces sadiques trouveront d’autres manières de faire souffrir le peuple rebelle…. Et autres mauvais traitements.

 

Je voulais surtout vous inviter à ne pas détourner le regard de ce qui se passe en Bolivie, même s’il est de plus en plus difficile de trouver des sources qui rendent compte de la situation de terrain en différents lieux du pays.

A suivre

Anne

La presse d’ici ne dit rien, elle parle seulement de pacification. Le jeune montre sur l’écran de son téléphone, le corps de son beau-frère traversé de part en part par une balle des militaires. Il montre ensuite le corps d’une femme de pollera (jupe traditionnelle) morte [...] et cette fois encore « Il n’y a pas de justice, ils nous dirent, comme des chiens, comme des animaux. Je l’ai vu avec nons propres yeux, ils nous tirent dessus »

Démenti du Ministre de la Justice qui affirme que l'armée n'a pas tiré

La presse d’ici ne dit rien, elle parle seulement de pacification. Le jeune montre sur l’écran de son téléphone, le corps de son beau-frère traversé de part en part par une balle des militaires. Il montre ensuite le corps d’une femme de pollera (jupe traditionnelle) morte [...] et cette fois encore « Il n’y a pas de justice, ils nous dirent, comme des chiens, comme des animaux. Je l’ai vu avec mes propres yeux, ils nous tirent dessus »

 

Mais encore

Arrestation d’un médecin qui soignait les blessés (23s)

 

Vous trouverez d’autres courtes vidéos qui montrent ce qui se passe en Bolivie profonde sur Noticias Bolivia. qui est régulièrement actualisé.

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Gilles Deleuze, février 1977.

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