16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 16:01

Quelle est la légitimité de Nicolas Maduro président du Venezuela, quelle est celle de Juan Guaido ?

Quelle est la légitimité de Maduro quand il affirma être le leader maximo du chavisme ?

Autant de questions qui donnent lieu à autant de réponses, souvent fantaisistes, quelques chiffres pour servir de base à la réflexion.

 

En ce qui concerne les élections présidentielles 

En octobre 2012

Chavez est élu, il obtient 8 191 132 voix, soit 55,07 % des suffrages.

Le candidat de l’opposition Capriles obtient 6 591 304 voix, soit 44,31 % des votes.

Le nombre d’électeurs inscrits est de 18 903 143, le taux de participation est de 80,56 % soit 15 146 096 votants

 

En mai 2018

Nicolas Maduro est élu avec 67,48 % des votes soit 6 245 862, le reste allant aux différents candidats de l’opposition.

Le nombre d’électeurs inscrits est de 20 526 978, la participation est de 46,07 %.

 

 

En 2013

Maduro était élu avec 7 587 579 (50,61%) contre Capriles 7 363 980 (49,12 % ). Le nombre de votants et le taux de participation sont quasi identiques en comparaison de l’élection de 2012, ce qui implique qu’une partie de ceux qui avaient voté pour Chavez, ont préféré, quelques mois plus tard, après le décès de Chavez, apporter leur voix à Capriles plutôt qu’a Maduro ou que les abstentionnistes ont changé de camp… Que je sache, cela n’a fait l’objet d’aucune enquête.

 

Après chacun pourra déterminer en fonction de ces chiffres si l’élection de Maduro, président pour un second mandat depuis le 10 janvier est ou non légitime ?

 

A titre de comparaison les élections présidentielles aux USA en 2016

Taux de participation : 55,7 %

H. Clinton 65 653 514 voix 227 grands électeurs

D. Trump 62 984 828 voix 304 grands électeurs

 

La victoire de Trump, discutable . Ou non ? De quel droit ?

 

 

 

Ce qui me fait question personnellement, c’est ce parti pris par l’équipe au pouvoir au Venezuela de se vanter haut et fort d’une écrasante victoire, plus de 67 %, sans jamais s’interroger sur la chute du taux de participation et celle du nombre de voix récoltées par Maduro.

Si on reprend l’évolution de la participation pendant les mandats de Chavez, et la progression de ses électeurs, le chavisme est alors un mouvement qui gagne du terrain, de la popularité, de la reconnaissance.

Mais le pays est toujours polarisé entre deux courants significatifs, et les principes de la démocratie, veulent que ces deux courants puissent s’exprimer et être représentés au sein du gouvernement. A La première élection de Maduro, il y a un faible mais réel basculement vers l’opposition. Depuis rien n'est vraiment clair, si ce n'est qu'on peut distinguer une opposition "antichaviste" en gros, d'une dissidence, chaviste mais anti-maduro.

Après, on peut (on doit) être critique, c’est une réalité, on ne peut pas dire avec certitude si le chavisme est un courant qui actuellement gagne, recule ou maintient le terrain acquis au Venezuela. Maduro perd du terrain gagné par Chavez, et une partie de cette désaffection vient de toutes les formes de la dissidence qui se réclament du chavisme. Une partie des votes récoltés par Maduro en 2013, était le chèque en blanc que lui accordaient certains votants, qui ratifiaient le choix fait par Chavez de son héritier politique, sans accorder a priori leur confiance à Maduro en tant que personne.

Et le constat est clair, une partie de cette confiance Maduro l’a perdue. Je n’ai pas les chiffres de participation des nouveaux votants, ni encore moins les résultat de cette jeune participation. Dommage, ce serait intéressant de voir l’implantation de Maduro parmi les plus jeunes électeurs.

 

Ma conclusion, c’est que cette dernière élection représente à la fois une victoire et un échec. Le parti de Maduro reste incontestablement le mouvement politique organisé qui rassemble le plus grands soutien, aucun autre mouvement ne lui fait concurrence. Rien ne garanti pour autant qu’il soit majoritaire dans l’ensemble de la population.

Rappelons également, que Juan Guaido, parlementaire, élu au sein de la coalition d’opposition Mesa de Unidad Popular, il appartient au parti Volontad Popular un courant minoritaire au sein de cette coalition. Le statut de l’Assemblée Nationale, sa délégitimation par le gouvernement, la légitimité de cette délégitimation est une autre question importante.

Ce pourquoi Guaido n'a a aucun titre, aucune légitimité, c'est pour appeler, comme il l'a fait très clairement, au soutien militaire étranger pour introduire une soi disant aide humanitaire qui ne respecte aucun critère du droit international, et que n'accompagne ni l'ONU, ni la Croix Rouge internationale.

 

Le seul courant qui à la fois supplante et intègre le madurisme aujourd’hui, ce sont les 80 % de la population opposée à toute forme d’intervention militaire étrangère dans le pays. S’opposer à cette intervention, c’est soutenir le peuple vénézuélien dans son ensemble.

 

Anne Wolff

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Gilles Deleuze, février 1977.

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