8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 19:39

 

Un an ou plus, sans fréquenter régulièrement le web, cela m’oblige à reprendre le fil à la volée. Je n’ai pas pour le moment la possibilité de faire un vrai travail d’info sur le blog, une telle production d’analyses pertinentes, de synthèses inédites et de production d’intelligence collective dans le web hispanophone, pour rendre cela, traduire à plein temps 36 heures sur 24 n’y suffirait pas… C’est que l’Amérique Latine traverse une crise de conscience, et nombreux sont ceux qui viennent jouer les gouttes d’eau d’un grand courant de conscience collective.

Le dénominateur commun, omniprésent dans toute la région, c’est la Guerre, toutes les formes de la guerre de quatrième génération menée par Washington pour reconquérir son « arrière-cour », au profit des transnationales qui y ont le pouvoir. Guerre économique, médiatique, guerre d’expulsion des terres, de manipulation de la « société civile » et de certains mouvements indigènes, etc… guerre contre-insurrectionnelle préventive qui se déguise le plus souvent sous le prétexte d’une guerre au narcotrafic, qui n’est rien d’autres que celles que le narco-capitalisme mène dans le double profit : contrôler ce juteux marché et en profiter pour liquider la résistance. Ce dénominateur commun est semblable à celui qui pendant la seconde guerre mondiale en Europe a unis sous les bannières communes de la résistance à l’occupant des personnes aux appartenances politiques diverses.

Un des aspects de cette guerre, c’est aussi la résistance déclarée et active aux traités de Libre Echange que tente d’imposer Washington et qui sont de véritables feu vert à l’accaparement des territoires de la région et de leurs ressources y compris humaines pour celles qui sont exploitables à merci, les autres étant priés d’aller se faire voir ailleurs, en enfer si possible. Et forces de répression à l’avenant. Beaucoup d’analyses à ce sujet, de création de plateforme de résistance, dont l’Europe ferait bien de s’inspirer. Je suis pessimiste en ce qui concerne l’Europe trop nombriliste, trop repliée dans son égoïsme et son inconscience cultivée avec soin.

Quand je vois, autour de moi, les réactions, à la venue de réfugiés, qui ne remettent pas en cause le rôle de nos nations dans l’induction de ce phénomène, que je vois des gens qui n’en foutent pas une, mais veulent continuer à « profiter du système » qui râlent parce que des « étrangers » viendraient leur piquer quelques miettes, sans remettre en question le prix de sang et de larmes  qu’a coûter le gâteau dont ces miettes proviennent aux populations des pays dont ses réfugiés sont originaires et bien oui, les bons jours cela me met en colère, les autres cela me fiche tout simplement la nausée.

Je viendrai là-dessus et sur les constats de terrain que j’ai pu faire au cours de cette dernière année, cette micro fascisation omniprésente, celle du « diviser pour régner » qui marche à fond. Etre pauvre ou misérable n’est pas une garantie d’intégrité morale, loin de là et au contraire, bien des gens dans la misère révèlent le pire d’eux-mêmes et cela m’interpelle. Aucun patriotisme européen ne peut être cohérent aujourd’hui qui ne remette en question d’abord et avant tout ce rôle de Cheval de Troie des transnationales, et qu’elles viennent de l’Ouest, de l’Est ou du Lointain Orient, les méthodes sont les mêmes, expulsion des habitants, appropriation des terres, des moyens de production et des circuits commerciaux et dérégulation du marché du travail au détriment d’un peuple exploitable à merci, meilleurs profits obligent. Mais ce sont les immigrés et les réfugiés qui polarisent les stigmatisations de la part d’une extrême-droite qui se dit nationaliste. Un peu de logique élémentaire… Si demain, l’équité était établie dans les prix des matières premières rares et non renouvelables, fin des guerres de conquêtes et juste prix, gestion « en bon père de famille » et en « bon voisin », notre système s’effondre, il n’y a plus de réfugiés, ils restent chez eux, mais il n’y a plus non plus de gâteau et encore moins de miettes à distribuer pour empêcher les soulèvements populaires. Imaginer les Nations d’Europe essayant l’autarcie,… Un changement radical de mode de vie vers une frugalité drastique deviendrait notre quotidien hors civilisation pétrolière, hors importations au rabais de matières premières et de produit manufacturés par des esclaves.

Par contre si demain les transnationales se retirent et nous recommençons à pratiquer une économie locale et solidaire, tout en assurant des transactions directes avec d’autres populations, pour les importations-exportations (évitant les pharamineux coût du capital),  certes nous devrions changer nos modes de vie, mais sans doute seraient-ils à nouveau plus conviviaux et bon enfant. Et à part les intoxiqués graves du consumérisme forcenés, une majorité y trouverait son compte. Les vocations de fermiers ne manquent pas, ce qui pose problème c’est l’accès à une terre dont la propriété est toujours plus concentrée aux mains d’un petit nombre. Les connaissances sont là qui permettrait de pratiquer une agriculture locale, artisanale dont les produits ont une vraie valeur nutritive, condition d’une bonne santé, alors que les produits de supermarché qu’on nous vend à prix d’or sont remplis de poison et vidés de substance nutritive.

Et cela est un autre des débat qui anime l’Amérique Latine, une remise en cause du progressisme en tant qu’il donne priorité aux modes de production industrielle y compris en agriculture. Pas de souveraineté populaire sans souveraineté alimentaire, sans une production locale des produits de bases, cela tous sont d’accord, les divergences concernent les modes de production.

C’est un débat qui concerne tous ceux pour qui la priorité est de construire un monde de paix. Un truc qui peut paraître impossible dans l’état actuel toujours aggravé de l’état de guerre planétaire et des contentieux de longue durée qu’elle entraîne, cela reste pourtant un guide, un idéal, même si chaque jour qui passe en renvoie le possible accomplissement plus loin dans un futur toujours plus incertain. Comment parvenir à ce monde de paix alors que le monde compte toujours plus de soldats psychopathes quelles que soient les types d’armées auxquels ils appartiennent, officielles, paramilitaires, nazies, ou maffieuses, … un peu de tout cela en mélange, fabriqués en série en quantité industrielle, ils sont un mal dont la planète ne guérira pas en quelques jours, ni mêmes en quelques années ou décennies, quand bien même le mouvement serait inversé dès aujourd’hui.

Hannah Arendt mettait en garde les psychologues comportementalistes, qui risquaient de fabriquer les phénomènes de masse qu’ils décrivaient, c’est bien ce qui s’est passé et beaucoup d’entre aux ce sont mis au service de la propagande et de la manipulation des inconscients collectifs, en créant des matrices d’opinions, que ce soit en matière de comportement « civil » ou de mode de consumérisme par une envahissante publicité. La télévision aussi c’est du poison. Un peu désuète, je me répète, je suis déconcerté en regardant des jeux télévisés de voir que pour les nouvelles générations, la culture est people et actualité, là je suis noyée, alors que quand il est question de « culture générale » au sens où je l’ai apprise, le candidat qui répond prend des airs de petit génie. J’ai du louper quelques étapes… Et je ne m’en plains guère. Divertissement = détourner l’attention de ce qui est significatif en matière d’édification du monde.

Comment fabriquer des bourreaux sans état d’âme, des peuples consuméristes et dociles, cela a fait l’objet de recherche de départements entiers d’université, expérience àl’appui. Non, la recherche n’est pas neutre. Selon le projet de monde que l’on se donne, la recherche prendra une autre orientation,  il y aura d’autres axes de priorité, d’autres méthodes d’approche de la réalité. Toute la différence entre la recherche qui se pratique dans les laboratoires de Monsanto et la recherche en agronomie promue par des groupes de la Via Campesina, par le Mouvement des Sans Terre, des organisations indigènes dont il faut rappeler qu’elles ont été la source d’une partie de notre agriculture traditionnelle, et d’autres associations du pouvoir populaire en action. C’est une autre approche que celle que symbolisent les avionnettes épandant le Round Up de Monsanto indifféremment sur les champs ou les écoles, contaminant des quartiers entiers où se développe des cancers, et autres maladies. Mais bon le coût n’est pas trop élevé, puisque les gens et en particulier les enfants qui les développent ne valent pas grand-chose dans le grand Bilan Global en terme de capital humain… autrement dit, c’est tout bénéfice, tant pour Monsanto que pour les consommateurs des « pays développées », moins de bouches inutiles à nourrir, c’est autant de gagné…  Et on s’étonne que je râle, ou que j’enrage, mais pour moi la valeur humaine, je l’évalue autrement. S’il fallait l’évaluer qualitativement, je ferais alors une échelle de chaleur humaine que chacun dégage (ou non), ce qui fait que certaines personnes, par leur seule présence, leur seule existence parfois, vous réchauffent le cœur.

Et donc autant la présence de bases militaires étasuniennes et de leurs relais locaux dresse la carte inquiétante d’une forte présence ou capacité de « projection de force rapide » du Commandement Sud US en Amérique Latine, obligeant le peuple à se mobiliser contre les formes les plus directement mortelles du colonialisme et de l’impérialisme, tant les Traités de Libre Echange ou les Lois de Semences (qui doivent résister au lobbying des transnationales de cette branche) ou le méga-extractivisme font l’objet de mobilisations fortes et concertées. Ainsi un thème qui serait intéressant à approfondir, c’est l’usage qu’à fait le peuple du Venezuela de son droit à légiférer en Assemblée Populaire pour élaborer la nouvelle Loi Sur les Semences, alors que le gouvernement de Maduro s’écartait du projet de Chavez en introduisant des semences OGM dans le pays. J’aimerais en savoir un peu plus. J’ai survolé pas mal de documents qui montrent une véritable mobilisation de souveraineté populaire, mais je n’ai pas encore fait le tour de la question.  Vous pourrez trouver quelques informations intéressante en Français Le Venezuela et le MST luttent contre les transnationales en produisant des semences autochtones  sur le site francophone du Mouvement des Sans Terre du Brésil, un site qui montre bien des exemples de cette solidarité transversales du mouvement paysan, une solidarité qui s’étend à l’ensemble de la planète. Voir aussi un modèle de lutte au Chili : Le Chili célèbre le triomphe contre la Loi Monsanto et l’Accord UPOV

 

Il faut bien comprendre que pour des peuples qui ont été dépossédés de tout par ,les colonisateurs, puis par leur version néo d’« investisseurs étrangers », il est possible encore de concevoir des projets de monde qui ne soient contaminés ni par le consumérisme, ni par le gaspillage des ressources, tout en arecréant tous les aspects de la Bonne Vie, dans une conception loin d’Hollywood et de ses mythes de perdition. Je vous promets que je préfère un bon repas entre amis, et les musiciens qui après sortent leurs instruments à n’importe quelle soirée devant la télévision…Et de ce que j’ai pu en connaître personnellement, j’ai vu des personnalités bien plus épanouies, des polyvalences avérées, accompagnée d’un solide bagage culturel dans les endroits isolés de montagne, ou la vie de fait, adopte les modes de la simplicité, que dans le cocooning urbain qui laisse plus de place à la paresse et aux diversions dénuées de sens profond et génère une forme d « incapacité ».

 C’est l’occasion de mentionner ce texte, enquête sur « La lamentable décadence de la démocratie »  par Roberto Savio (Journaliste italo-argentin) publié en version espagnole par America Latina en Movimiento un site qui dans sa nouvelle version collabore activement à cette grande vague de production d’intelligence collective. Dommage qu’il n’y ait pas plus de traduction dans sa version francophone. Je vais vous livrer quelques passages de cette enquête qui vient confirmer des sentiments éprouvés aux cours de ces dernières années. Et qui constituent une des conséquences des manipulations des inconscients collectifs de longue durée évoquées plus haut. En résumé :

"Une enquête globale menée en 2015, dont les résultats ont été publiés uniquement dans le New York Times, livre des données très préoccupantes. Une première donnée est que les citoyens étasuniens qui approuvent la loi d’autorisation de port d’armes est passé de 1/15 en 1995 à 1/6 en 2015."

 

Je peux faire un parallèle avec des situations vécues au cours de ces dernières années, autours de moi de plus en plus de gens sortent avec des armes blanches (couteaux, marteaux, tournevis, etc…) et/ou des bombes paralysantes, parce que le risque de se faire agresser a drastiquement augmenté pendant cette période. Avec le risque de se voir devenir agresseur pour un mauvais usage. C’est une réalité concrète, un sentiment d’insécurité accru entraîne le désir de pouvoir réagir en légitime défense. Y compris, aux Etats-Unis, contre les dérives répressives de l’état.

 

Alors que parmi les personnes nées avant la Seconde Guerre mondiale,72% assignent au fait de vivre en démocratie la plus haute valeur, pour ceux qui sont nés à partir des années 80 le chiffre se réduit à moins de 30% aux USA et de 32% en Europe avec un minimum de 24% dans les pays d’Europe de l’Est ou la préoccupation principale est le niveau des rentrées, un travail assuré et la possibilité d’obtenir une pension.

 

Ce phénomène est perceptible dans les échos de l’opinion publique, mais voir les données chiffrées, cela traduit sans équivoque une terrible réalité, et concrétise un malaise diffus. Celui que provoque la décadence de la fibre politique parmi les peuples ; une décadence qui a été soigneusement orchestrée, et qui fait que  le personnel politique, ceux dont la fonction officielle est d’être mandataires du peuples sur base d’un programme clair, sont aujourd’hui unanimement reconnu comme dirigeants qui servent d’avantage les intérêts des transnationales que ceux des populations qu’ils asservissent aux diktats de ces dernières.

Pour l’auteur cette transformation vient du fait que les générations qui ont vécu la guerre savent concrètement ce qu’est la dictature, alors que pour les plus jeunes elle reste une vue de l’esprit, et ils ne font pas trop bien la différence. On peut retrouver cela en Amérique Latine avec un décalage de quelques décennies, l’accès aux classes moyennes de larges couches de la population a donné naissance à une génération qui ignore les méfaits des dictatures et qui se sent frustrées de ne pouvoir réaliser ce mythe hollywoodien qu’ils confondent avec la réalité étasunienne bien plus sordide pour la majorité des habitants de ce pays. Mais l’auteur ajoute que le débat est bien plus complexe parce qu’il ne peut se mener sans questionner la notion même de démocratie, et par exemple de son association avec une notion de pouvoir d’achat et bien être matériel dépolitisant la notion.

Il est clair que « démocratie » a tellement de sens coexistant, à travers son histoire et sa géographie, que ce glissement du politique vers l’économique, prélude à la liquidation du concept même est intrinsèquement lié à la liquidation du concept de gouvernement au profit de celui de gouvernance, que je vois tant d’auteurs utiliser sans discernement. La gouvernance faisant partie intrinsèque de la globalisation qui vise la mise en place d’un système de « gestion technocratique mondial », la gouvernance, qui implique une disparition des gouvernements nationaux et de la démocratie représentative et de la politique.

L’auteur, après avoir évoqué les dérives autocratique dans l’ancien « bloc de l’Est », en particulier celles de Poutine et d’Orban, qui sont des modèles pour les Le Pen et autres « nationalistes » européens, ensuite, nous parlera de ce caractère fictif de la démocratie étasunienne, quand le coût de la campagne présidentielle s’approche de 4 milliards de dollars, dont une grande partie provient d’un petit groupe de donateurs. 130 familles ont fournit plus de la moitié des montants exorbitants de l’actuel campagne républicaine.

Une étude réalisée par des politologues qui a également été publiée par le New York Times montre que alors que les groupes d’intérêts et les élites économiques ont eu une énorme influence politique aux USA au cours des 30 dernières années, l’influence de l’opinion publique quant à elle est quasiment nulle.

Et en Europe, cela ne vaut pas mieux, d’abord les décisions prise à Bruxelles par des fonctionnaires sans légitimité et coupé des populations, ne tienne compte ni de la fracture économique entre le Nord et le Sud, ni de celle politique entre les pays de l’ancien bloc de l’Est et les autres « Occidentaux ». La première fracture étant bien celle entre ces « décideurs » et les peuples non consultés qui verront ces décisions se transformer en lois et règlements auxquels ils devront se soumettre sans recours.

Le problème d’homogénéité de l’Europe agrandie est clairement perceptible, sur le terrain.  Posez la question autour de vous « Quel sont les pays qui forment l’Union Européenne actuelle », la plupart de gens sont incapables de répondre et non qu’une très vague idée quand ils en ont une, de la situation géographique, de l’histoire et de la culture de ces pays. Les gens sont dépassés par cette Europe dont le concept même leur échappe et dont ils subissent les retombées comme autant de châtiments immérités.  Je parle des Occidentaux bien sûr puisque l’enquête révèle également qu’en ce qui concerne les habitants de l’Est, ils expriment très clairement leur opinion, ils sont dans l’Union pour recevoir et non pour donner.

Bref l’auteur va nous avertir que le risque est grand en période de récession de sombrer dans un régime autocratique et populiste. A quoi je vais répondre que si, oui, cela pourrait bien être pire, cette dérive continuelle du pire en pire qi s’observe depuis plusieurs décennies n’annonce rien de bon pour demain. Car s’il y a un moment que j’ai le sentiment de vivre plus dans une dictature que dans une démocratie, comme une sorte de charnière,  la prise des commandes par l’extrême-droite, sa main mise sur l’appareil de répression, et l’activation sur le terrain de ces milices paramilitaires qui comme en Suède ou en Pologne (entre autres) ont sévit déjà, en alliance avec la police du pays, pour s’attaquer aux émigrés et autres marginaux, là un seuil serait franchi qui constituerait celui qui va de la guerre diffuse à la guerre concrète pour tous ceux qui sont animés par l’esprit de résistance  qu’ils défendent la démocratie représentative ou la démocratie directe. Une augmentation de la prise de risque qu’il y aurait à défendre des opinions dissidentes. On le voit venir. Et cette enquête dont je vous ai livré un bref résumé abonde en ce sens. L’auteur conclu en disant que nous devrions dès maintenant envisager la question, point de vue que je partage.

Anne

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