5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 11:27

Ce texte a été publié en février 2015, en espagnol sous le titre Brzezinski, el cerebro geopolítico de Obama par Germán Gorraiz López , traduction française Anne Wolff

 

Une traduction qui par moment me faisait froid dans le dos. Obama est une créature de Brezinzki et c'est le programme  de ce dernier qui régit la politique de globalisation planétaire que le président-marionette applique, après d'autres. Le texte qui suit est une synthèse de ce programme de confiscation du monde et de destruction de ses habitants dérangeants , le projet de société de contrôle total des citoyens survivants qui est le furieux cauchemar que Brezinzki voudrait réaliser.

Comment une personne peut-elle en arriver à concentrer tant de pouvoir et à s’auto-accorder le droit d’exercer une influence fatale et démesurée (le terme est faible) sur le devenir du monde, de notre monde. Son programme convoque la souffrance, la misère et la mort pour une majorité des habitants de la planète, la soumission sous contrôle absolu pour les « plus privilégiés d’entre nous » (au sens d’imbéciles heureux s’entend). Nous pouvons en constater sur le terrain ou par les intermédiaires des médias et autres sources d’information, les effets délétères : pillage, saccage et massacre, perversion politique, économique et morale, contrôle et répression… au quotidien ou à travers les conséquences de décennies de participation de Brzezinski aux arcanes du pouvoir. Ce n’est pas devant un tribunal que devrait être traîné ce malade. Seul un niveau de folie aiguë peut conduire à disposer ainsi de la vie des personnes qui constituent les peuples en toute bonne conscience. L’antithèse des principes de souveraineté populaire dans une aliénation totale et absolue de l’ensemble des habitants de la planète à SON projet, UN individu décide pour l’ensemble des milliards d’humains qui peuplent cette planète ce que doit être l’avenir du monde. On se croirait en plein cauchemar, parce que le pouvoir politique et la puissance opérationnelle dont dispose ce fou est le signe d’une humanité malade qui ne dispose pas des dispositifs qui empêcheraient une telle montée en puissance d’un dangereux pervers. Et cela oui, cela fait peur pour l’avenir des générations qui montent.

Anne

Brzezinzki, programme l’avenir du monde, de notre monde ou « les éminences grises contre la démocratie »

Après l’élection d’Obama pour son premier mandat présidentiel en 2008, The Economist ironise au sujet de son inexpérience en matière de politique extérieure avec un titre frappant : « Un nouveau cerveau pour Barack Obama ! Il a 78 ans et fonctionne toujours parfaitement. Il appartient à Zbigniew Brzezinski , l’ex conseiller de sécurité piquant  de Jimmy Carter ». Pour sa part, l’historien étasunien Webster Tarpley, dans le livre « Obama, The Postmodern Coup, The Making of a Manchurian Candidate » soutient que « Brezinski est le véritable pouvoir de l’ombre alors que sa stratégie est beaucoup plus dangereuse et démentielle que celles des acolytes conservateurs de George W. Bush.  Il poursuit disant qu' « ils ont décidé d’introduire un nouveau visage, pas quelqu’un de droite, ni un néo-conservateur mais un démagogue de gauche qui promet changement et espérance, mais le vrai projet de l’administration Obama visera à amplifier le théâtre des guerres bien au-delà du Moyen-Orient puisque le plan est de chercher l’affrontement avec la Russie et la Chine ».

 

Ainsi, Brezinski affronterait les lobbys neocon républicains et juifs des EU et avec son habituel mordant, il aurait discrédité la myopie géostratégique de ces deux groupes de pression en affirmant : “Ils sont tellement obsédés par Israël, le golfe Persique, l’Irak et l’Iran qu’ils ont perdu de vue le cadre global, la véritable puissance dans le monde sont la Russie et la Chine, ce sont les seuls pays qui ont une véritable capacité de résister aux EU et à l’Angleterre et sur lesquels il convient de focaliser notre attention ». Au sujet d’Israël, dans un discours devant le conseil National Irano-étasunien (NIAC), Brezinski affirma que « je crois que les EU ont le droit de décider de leur propre politique de sécurité nationale et non de suivre, telle une mule stupide, ce que font les Israéliens”, alors que, depuis l’assassinat de John F. Kennedy (qui s’est confronté à Ben Gourion dans une guerre secrète dans la vaine intention de contenir le programme israélien d’armes nucléaires) les EU n’ont pas profité de ce droit.

 

Le Nouvel Ordre Mondial (NOM) : Wright Mills dans son livre « The Power Elite » (1956) indique que la clé pour comprendre l’inquiétude nord américaine se trouve dans la supra-organisation de la société. Ainsi l’establishment serait « le groupe d’élite formé par l’union des sur-élites politique, militaire, économique, universitaire et des mass médias des EU », des lobbies de pression qui sont interconnectés au moyen « d’une alliance inquiétante fondée dans leur communauté d’intérêt et dirigée par la métaphysique militaire » concept qui s’inscrit dans une définition militaire de la réalité et qui a transformé l’économie en une guerre économique permanente.

 

De son côté, Brzezinski dans un article publié dans la revue Foreign Affaires (1970) expose sa vision du « Nouvel Ordre Mondial » en affirmant « qu’une vision nouvelle et plus audacieuse est nécessaire, la création d’une communauté de pays développés qui peuvent traiter de manière efficace les vastes problèmes de l’humanité », ébauche d’une théorie qu’il esquissera dans son livre,  « Entre deux âges. Le rôle des Etats-Unis à l’ère technocratique » (1971), dans lequel il explique que le moment est venu de rééquilibrer le pouvoir mondial, un pouvoir qui doit passer aux mains d’un nouvel ordre politique global, basé sur une alliance économique trilatérale entre Japon, Europe et Etats-Unis.

Dans le livre cité « Entre deux âges » (1971), il plaide en plus pour un contrôle de la population par une élite au moyen de la « manipulation cybernétique » en affirmant : « l’ère technocratique impliquera l’apparition graduelle d’une société plus contrôlée et dominée par une élite sans les restrictions dues aux valeurs traditionnelles, qui rendra rapidement possible d’assurer la surveillance quasi permanente de chaque citoyen et de maintenir à jour quotidiennement les dossiers complets qui contiennent jusqu’à l’information la plus personnelle sur le citoyen, archives que seront susceptibles d’être récupérées instantanément les autorités », ce qui annonce déjà l’implantation postérieure du programme PRISM.

 

Dans un discours récent, pendant une réunion du Council for Foreigns Relations (CFR), l’ex-assesseur de Carter avertit également que “la domination étasunienne n’est d’ores et déjà plus possible à cause d’une accélération du changement social impulsée par la communication instantanée qui a provoqué un éveil global de la conscience politique des masses (Global Politique Awakening) et qui s’avère préjudiciable pour la domination externe telle qu’elle prévalait à l’époque  du colonialisme et de l’impérialisme », parce après l’échec de l’intention de contrôler la toile (Programme PRISM), nous assisterions dans les prochaines années à la fin de la démocratisation de l’information, avec impossibilité d’accès direct au réseau, dans la lignée des politiques restrictives implémentées par des pays comme la Chine, la Russie où l’Iran.

Le 11-S et la dérive totalitaire des USA : Selon le Financial Times, Brzezinski dans un exposé devant la Commission des Relations Extérieures du Sénat en 2007, explique que « Un scénario possible est un affrontement militaire avec l’Iran impliquant un acte terroriste sur le sol américain dont la responsabilité serait imputée à l’Iran. Cela pourrait culminer dans une action militaire « défensive » contre l’Iran dans laquelle serait inclus l’Iran, l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan ». A partir de cela il est possible de déduire la possibilité d’un nouvel attentat aux USA qui serait faussement attribué à l’Iran afin de provoquer une ultérieure dérive totalitaire aux USA, similaire à celle enregistrée avec George Bush après le 11-S 2001.

Par exemple, un mois après l’attentat du 11-S, le gouvernement de George W. Bush décida secrètement d’annuler une des proncipales protections constitutionnelles de ce pays (habeas corpus) au moyen de la loi connue aux EU en tant que USA-Patriot Act sous la justification de « la lutte contre le terrorisme » selon les documents officiels révélés à la fin de 2005 dans une série de reportages du New-York Times.

Le journal précité informe également de l’existence d’un réseau d’espionnage électronique le plus sophistiqué au monde (le dit programme PRISM ou Big Brother), instrument pour surveiller les communications des citoyens non étasuniens à travers leurs métadonnées (un vrai monstre virtuel qui aurait étendu ses tentacules jusqu’au serveurs de compagnies comme Google, Apple, Micros Eloft, AOL, Facebook et Yahoo), programme tous deux approuvés par le Congrès des EU sur l’insistance de l’Administration Bush en 2007 mais qui par inertie apathique ( ???. NdT) se poursuit sous le mandat d’Obama. L’aboutissement de cette dérive totalitaire des EU, serait la signature par Obama de la Loi d’Autorisation de Défense Nationale (NDAA) qui permet aux autorités militaires la détention sans discrimination de citoyens étasuniens dans n’importe quelle région du monde  (sans spécifier les charges qui sont imputées ni la durée de la détention), Obama se réserve l’interprétation personnelle de la section 1021 de la dite Loi pour selon ses paroles « s’assurer que chaque détention autorisée de trouvera conforme à la Constitution et aux lois de guerre ». (ou martiales NdT).

 

 Europe : Selon ce qu’explique Brzezinski dans la revue National Interest en l’année 2000, « les européens sont plus immédiatement exposés au risque qu’un impérialisme chauviniste anime de nouveau la politique extérieure Russe », à partir de quoi, il ébauche un plan qui passera par l’expansion de l’OTAN jusqu’à des limites insoupçonnables dans la décennies des 90 et l’implantation d’un nouveau système européen de défense anti-missile (European Phased Adaptative Approach (EPAA). Le dit système est en réalité un bouclier anti-missile global dans lequel les missiles  intercepteurs sont placés sur des plateformes mobiles qui peuvent abattre des cibles dans un espace commun (à partir de données transmises par tous les radars et systèmes de reconnaissances optoélectroniques), avec pour fin machiavélique, après une première attaque surprise des EU qui détruirait le potentiel nucléaire russe sur son propre territoire, de neutraliser postérieurement la réplique russe grâce aux missiles stationnés en Pologne.

Dans un premier temps, la Russie et l’OTAN s’étaient mises d’accord pour coopérer dans la création du bouclier anti-missiles pour l’Europe, en Novembre 2010 lors de la Conférence Bilatérale de Lisbonne, car pour Moscou, il était vital que l’OTAN offre des garanties réelles de ce que ce système ne viserait pas la Russie et de disposer d’un document juridiquement contraignant à ce sujet, mais l’administration Obama poursuivi l’inertie mimétique de l’administration Bush se refuse jusqu’à présent à offrir des garanties par écrit.

Dans l’actuel contexte de guerre froide EU-Russie, il est prévisible que les EU décident finalement de compléter la quatrième phase du déploiement du bouclier anti-missiles en Europe (Euro DAM), ce qui suscitera en réponse de la part des Russes l’installation à Kaliningrad du nouveau missile balistique intercontinental de 100 Tm (« l’assassin du bouclier anti-missiles des EU » selon les paroles du vice-premier ministre russe Dimitri Rogozin) ainsi que la réactivation de la course à l’armement entre les deux grandes puissances, on ne peut écarter une réédition de la Crise des Missiles (Cuba 1962)

 

Doctrine du « choc des civilisations » : En 1978, Zbigniew Brzezinski, déclare dans un discours : « Un arc de crise s’étend au  large des côtes de l’Océan Indien, avec de fragiles structures sociales et politiques dans une région d’importance vitale pour nous qui menace de se fragmenter, et la Turquie et l’Iran, les deux états les plus puissants du flanc sud sont potentiellement vulnérables aux conflits ethniques internes et si un des deux se déstabilisait, les problèmes de la région deviendraient incontrôlables ». Il ébauche une théorie qu’il termine de tracer dans son livre « Le grand échiquier mondial. La suprématie étasunienne et ses impératifs géostratégiques. » (1997), considéré comme la Bible géostratégique de la Maison Blanche ainsi que comme le maître livre des successives générations de géostratèges et de politologues.

Dans une interview de Brzezinski réalisée par Gerald Posner pour le Dailly Beast (18 septembre 2009), il affirme qu'« une collision EU-Iran aurait des effets désastreux pour les EU et la Chine, alors que la Russie émergerait comme la grande gagnante, puisque la prévisible fermeture du Détroit d’Ormuz dans le Golfe Persique, par où passent les transports pétroliers destinés au Nord-Est asiatique (Chine, Japon et Corée duSud), à l’Europe et aux EU, ferait monter les prix de l’or noir à des niveaux stratosphériques et aurait de sévères répercutions  dans l’économie globale, tendant à rendre  l’UE entièrement crudo-dépendante de la Russie », c’est pourquoi l’administration Obama a procédé à l’implantation de sanctions économiques du régime iranien pour provoquer son asphyxie économique et provoquer une révolte sociale. Il faut garder en tête que l’Iran a acquis la dimension d’une puissance régionale grâce à la politique erratique des EU en Irak (fruit de la myopie politique de l’administration Bush obsédée par l’Axe du Mal), qui en éliminant ses rivaux idéologiques, les radicaux talibans sunnites et Saddam Hussein, a provoqué un vide de pouvoir dans la région, et permis à l’Iran de réaffirmer son droit inaliénable à la nucléarisation.

 

Après l’élection d’Hassan Rowhani comme nouveau président iranien, une nouvelle opportunité s’ouvrira pour une solution diplomatique au dit contentieux nucléaire iranien. Ainsi Rowhani (religieux élevé en Grande-Bretagne), avait pris la tête des négociation nucléaire de 2003 à 2005. Il est connu pour son pragmatisme nucléaire qui à cet époque conduit l’Iran à accepter une suspension totale des activités nucléaires conflictuelles dans l’optique d’obtenir la résolution du contentieux nucléaire EU-Iran et de rétablir des relations diplomatiques entre les deux pays. Rowhani atteindra son objectif qui voulait que soit reconnu le rôle de l’Iran en tant que puissance régionale, obtenant par là un accroissement de la coopération Irano-étasunienne relative à la sécurité en ’Irak et en Afghanistan et la résolution du guêpier syro-libanais.

Cependant, au cas ou échouerait la voie diplomatique d’Obama, la pression du lobby pro-israélien des EU (AIPAC) augmenterait, incitant à une déstabilisation de l’Iran par des méthodes expéditives, moment qui serait utilisé par les EU, la Grande-Bretagne et Israël pour redessiner la cartographie du puzzle décousu formés par ces pays et conquérir ainsi des frontières stratégiquement avantageuses pour Israël suivant le plan orchestré depuis 60 ans de manière conjointe par les gouvernements de Grande-Bretagne, EU et Israël qui compta avec le soutien des principaux alliés occidentaux.

 

Chine : l’objectif de Brzezinski est la confrontation avec l’Organisation de Coopération de Shanghai(OCS) (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan) plus l’Ouzbékistan, qui s’est convertie avec les Pays de l’Alba et l’Iran dans le noyau dur de la résistance à l’hégémonie mondiale des EU et de la Grande–Bretagne, qui utilisent le Tibet et le Xinjiang comme bases de leurs opérations de déstabilisation.

Il faut savoir que les membres de l’ethnie ouïgour (d’origine turco-mongol) et avec un total de 8,5 millions d’habitants), conservent des caractéristiques ethniques et islamiques qui les rendent très proches de leurs parents d’Asie Centrale et de Turquie, c’est pour cela qu’ils sont le bouillon de culture idéal pour y implanter la stratégie de Brzezinski, du « choc des civilisations », consistant à provoquer la balkanisation de la Chine et sa confrontation avec l’’Islam (près d’un milliard et demi de partisans) ainsi que de couper ses sources d’approvisionnement en pétrole depuis les pays islamique d’Asie Centrale.

Ainsi, selon F. William Engdahl, dans l’article intitulé « L’agenda occulte derrière les violence de Xinjiang » et reproduit par le China Daily en 2009, plusieurs gazoducs chinois importants passent par le Xinjiang en provenance des Kazakhstan ,Turkménistan, Ouzbékistan et de Russie, ce qui expliquerait l’importance stratégique de cette province dans la stratégie brzezinkienne pour provoquer à la totale ruso-dépendance énergétique de la Chine afin de pouvoir, dans une phase ultérieure, en finir en les conduisant à s’affronter entre elles et finalement les soumettre en établissant le Nouvel Ordre Mondial sous égide Anglo - judéo – étasunienne.

 

La doctrine du « Chaos constructif » et le crise syrienne : La doctrine de Carter, inspirée par Brzezinski (1980) a pour objectif d’implanter au Proche et au Moyen Orient, le dit « chaos-constructif", concept qui se fonderait dans la maxime attribuée à l’ empereur romain Jules César « divise et règne », pour obtenir l’instauration d’un champ d’instabilité et de violence dans la zone (balkanisation) et générer un chaos qui s’étendrait depuis le Liban, la Palestine et la Syrie jusqu’à l’Irak et depuis l’Iran et l’Afghanistan jusqu’au Pakistan et en Anatolie (Asie Mineure).

Ce processus de Balkanisation de la zone serait déjà en marche et se verrait concrétisé dans des pays comme l’Irak, devenu Etat failli et rendu exsangue par la réactivation de la guerre civil sunnites-chiites, dans la division palestinienne endémique ancrée dans l’impossible réconciliation entre le Hamas et l’OLP, dans l’anarchie régnant en Lybie avec le Wahhabisme Salafiste  instauré à Tripoli pendant que des groupes takfiris (satellites d’Al Qaeda), dominent tribalement l’intérieur de la Lybie et dans l’application du jihad sunnite contre le régime laïque d’Al Assad et de ses alliés chiites, Iran et Hezbollah, alors que l’effet mimétique transformerait le Liban en un pays divisé et prêt pour être phagocyté par Israël, laissant le régime théocratique chiite du Leader Suprême l’ayatollah Jameni comme unique zone toujours imperméable à la stratégie de balkanisation de Brzezinski.

Brzezinski dans une récente interview publiée dans The National Interest, met en garde contre les conséquences néfastes qu’il y aurait à s’impliquer militairement dans le conflit syrien, en affirmant qu’il « a peur que nous nous dirigions vers une intervention étasunienne inefficaces, puisque l’intervention militaire pourrait accélérer la victoire des groupes rebelles qui sont beaucoup plus hostiles envers nous que Assad, alors que la crise actuelle en Syrie serait une guerre coloniale orchestrée par l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et leurs alliés occidentaux la France et la Grande-Bretagne". C’est ainsi que l’accord de coopération énergétique conclu en 2010 entre l’Irak, l’Iran et la Syrie pour la construction du gazoduc de South Pars à Homs,  qui connecterait le Golf Persique avec le Mer Méditerranée, relativiserait l’importance stratégique de la Turquie à l’intérieur du Projet de Gazoduc Trans Adriatique (TAP) ainsi que le rôle important des monarchie arabes du golf comme fournisseurs de cru à l’Occident, ce qui expliquerait l’ardeur du Qatar, de l’Arabie Saoudite et de la Turquie pour défenestrer AL Assad.

 

Finalement, le jeu magistral de Poutine convainquit Assad de livrer tout son arsenal d’armes chimiques et le faible soutien international reçu par Obama pour initier son opération militaire contre la Syrie, pourrait conduire à la célébration de la  Conférence espérée  de Genève II sur la Syrie (rappelant la Guerre du Laos et les Accords de Genève de 1954), à ceci près,  que la crise syrienne se limiterait à une mise en scène dans laquelle les acteurs participant useraient du scénario syrien comme banc d’essai pour un conflit postérieur à grande échelle qui engloberait Israël et l’Egypte et qui pourrait rééditer la guerre de Six Jours à l’horizon des cinq prochaines années.

 

L’Amérique Latine : Dans le discours d’Obama devant le plenum de la VIème Conférence des Amériques, célébrée à Carthagène (Colombie) en 2012, il rappelle que la Charte Démocratique Interaméricaine déclare “que les peuples d’Amérique Latine ont droit à la démocratie et que leurs gouvernements ont l’obligation de la promouvoir et de la défendre, c’est pourquoi nous interviendrons quand les droits universels seraient niés ou quand l’indépendance de la Justice ou de la presse se verrait menacée” avertissement extrapolable à l’Equateur et au Venezuela.

La revue Foreign Policy, (édition de janvier-février 2012), publie une analyse de Brzezinski intitulée “After America » (  « Après l’Amérique »), où il analyse la thèse de la décadence des EU due à une irruption sur la scène globale de nouveaux acteurs géopolitiques (Chine et Russie) et de leurs possibles effets collatéraux dans les relations internationales.

En ce qui concerne le Mexique, il affirme que « l’aggravation des relations entre une Amérique (EU) en déclin et un Mexique ayant des problèmes internes pourrait provoquer des scénarios menaçants ». Ainsi en ce qui concerne le « chaos constructif » exporté par les EU et concrétisé dans la guerre contre les cartel du narco initiée en 2006, le Mexique serait un Etat failli, le paradigme serait la ville de Juarez (la ville où règne le plus d’insécurité au monde avec un nombre de morts violentes qui dépassa le nombre total de celles qui ont eu lieu en Afghanistan en 2009). Afin d’éviter la montée de mouvements révolutionnaires anti étasuniens, il faudra procéder à l’intensification de l’instabilité interne du Mexique jusqu’à compléter sa totale balkanisation et soumission aux diktats des EU.

 

D’autre part, les Eu utiliseront l’Alliance du Pacifique (2011), () projet d’ingénérerie géoéconomique rafiné promue par les EU et soutenu par le Mexique, la Colombie,le Chili, le Pérou et Costa Rica,comme Cheval de Troie pour dynamiter le projet intégrationiste incarné par UNASUR et itensifier la politique d’isolement des gouvernements progressistes-populistes de la région (Venezuela,Nicaragua, Equateur, Uruguay et Bolivie)

De même, les EU pourraient resserrer les liens commerciaux et militaires avec le président dominicain Danilo Medina face au danger de contagion mimétique des idéaux révolutionnaires chavistes grâce à la dépendance du pays dominicain de la vénézuélienne Petrocaribe pour ses fournitures énergétiques. Cette stratégie de phagocytose aura comme objectif, à moyen terme, de fédérer l’Arc du Pacifique et d’y intégrer en plus de Costa Rica, l’Equateur, le Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et Panama et d’incorporer enfin Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay)…, suivant la théorie du « bâton et de la carotte » exposée par Sherman Kent dans son livre « Intelligence Stratégique pour la Politique Mondiale Nord-Américaine » (1949).

 

Quant au Venezuela : Après les élections présidentielles serrées, celles dans lesquelles Maduro s’est imposé fac à Capriles avec une étroite marge de 20O OOO voix, nous assisterons à une division quasi-symétrique de la société vénézuélienne, ce dont les EU profiteraient pour implanter le « Chaos constructif de Brzezinski », au moyen d’une campagne systématique et intensive de déstabilisation qui inclura la pénurie sélective d’articles de première nécessité, l’amplification par les medias de la croissante insécurité et la remise en cause de la légitimité démocratique de Maduro, stratégie qui, comptant avec l’inestimable appui logistique de la Colombie (convertie en porte-avions continentale des EU), pourrait arriver à déstabiliser le régime post-chaviste pour assurer la fourniture du pétrole vénézuélien (Le Venezuela apporterait 21,6% d’un total de 38% de produits de l’OPEP importés par les EU.)

En plus, malgré des données publiées par l’Administration de l’Information de l’Energie des EU (AIE), grâce à la technique du fracking utilisée dans l’extraction du gaz de schiste (shale gas) et du pétrole léger (shale oil), les EU approcherait du seuil de l’auto approvisionnement énergétique (chiffre reccord de 87% en 2013) et ils se seraient déjà convertis dans le principal exportateur mondial de combustible raffiné (essence et diesel), pour être compétitifs sur les marchés, le prix final du produit devrait évoluer dans la fourchette des 75-85 §, tâche qui s’avère rudement difficile dans la conjoncture actuelle.

Ainsi l’actuelle tendance à la hausse du prix du cru (environnant les 115§) fera que, les frets étant prohibitifs, le Venezuela se situerait dans une position géostratégique clairement avantageuse pour des raisons de proximité géographique avec les EU (la navigation des tankers pétroliers du Venezuela aux EU prend 5 jours, face aux 14 jours nécessaires pour accéder à l’Europe et des 45 nécessaires depuis le Lointain Orient).

En ce qui concerne Cuba : les mesures cosmétiques prises par l’administration Obama (détente des communications, et augmentation de l’envoi de fonds dans l’île ainsi que l’initiation d’une série de négociations sur des thèmes d’immigration) laisse intact le blocus et ne change pas substantiellement la politique de Washington bien que l'avancée reflète le consensus de larges secteurs de la population nord-américaine qui sont en faveur d’un changement de politique envers l’Ile, sous les auspices de la décision du régime cubain d’en finir avec le paternalisme de l’état et de permettre la libre entreprise et le travail pour son propre compte. Du coup, le renouvellement automatique pour un an de l’embargo commercial de l’île pourrait entraîner pour Cuba des pertes estimées de près de 50 000 millions de § et acculer le régime de Raul Castro vers l’asphyxie économique, ce qui ne permet pas d’écarter la possibilité de la signature d’un nouveau traité de collaboration militaire avec la Russie.

 

Quand au Brésil il fait partie des pays regroupés sous le mom de BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et bien qu’il soit exclu que ces pays forment une alliance Politique, de type UE ou Association des Nations du Sud-Est Asiatique (ASEAN), ces pays ont le potentiel pour former un bloc économique avec un statut majeur à celui du G-8 actuel (on estime que pour l’horizon 2050, ils constitueront plus de 40% de la population mondiale et disposeront d’un PIB combiné de 34 951 milliards de §).

L’objectif russe serait de dupliquer la facturation des échanges commerciaux russo-brésiliens sous-tendus par la ferme décision de Poutine de neutraliser l’expansion des EU dans le cône sud américain et d'éviter la possible ascension par le Brésil au rôle de gendarme des néolibéraux en Amérique du Sud. Ainsi le Brésil jouerait un rôle fondamental dans le nouvel arrangement géopolitique conçu par les EU pour l’Amérique Latine puisqu’ils le considère comme un allié potentiel sur la scène globale qu'ils pourraient soutenir son intégration au Conseilde Sécurité de l’ONU comme membre permanenent entraînant augmentation du poids spécifique du Brésil dans la Géopolitique Mondiale.

Germán Gorraiz López

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