9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 12:19

C’est un phénomène qui n’a rien d’innocent et qui a été documenté déjà par plusieurs auteurs, dont Stella Calloni. Derriére le phénomène des « bandes délinquantes » maras ou pandillas, en tant que facteur de déstabilisation de l’Amérique Centrale, il y a une volonté active. Les quelques textes que j’ai publiés et/ou traduit concernant les prisons étasuniennes, en particulier celle du sur et celle de « Pelican Bay » regorge de jeunes gens qui y sont enfermés sur simple présomption d’appartenance à une « pandilla ».

De nombreuses études ont été menées par psychologues comportementalistes, comme ceux de l’Université de Harvard,  les fabricants professionnels de bourreaux et psychopathes qui sont d’applications dans ces prisons, ou la loi de l’isolement détruit des hommes qui y sont parfois confiné pour 10, 15, 20 et même jusqu’à plus de 40 ans, sur la simple présomption du fait qu’ils « pourraient s’avérer dangereux » pour les autre détenus. Régulièrement une partie de ces détenus, souvent nés aux USA de parents sans papiers, sont renvoyés dans leur « pays d’origine », en Amérique Centrale, dont ils ne parlent pas toujours la langue et dans lequel ils importent cette culture de « violence sadique et meurtrière illimitée » made in USA Prisons, avec pour but la déstabilisation de l’état. Au Salvador, les tentatives de déstabilisations, notamment la version « coup d’état doux » sont actuellement permanentes ?Ilne faut pas ooublié que l’état failli » est une des conditions pour lesquelles le Pentagone s’arroge le droix d’intervenir militairement afin de concrétiser cette approche vigoureuse de l’arrière-cour préconisée par Kerry.

Un texte publié en espagnol par Rebelion  donne une bonne introduction concernant la situation au Savador et la nature de l’interventionnisme US, ou comme dans le cas du Honduras, les équipes de déstabilisation comptent parmi leurs acteurs étasuniens et locaux, nombre de ceux qui avaient conquis leur mauvaise réputation dans l’Opération Condor, les Contras ou le coup d’état du 11 septembre au Chili. Les Maras sont une des composantes de ces plans de déstabilisation.

¿Se convertirá El Salvador en otra Venezuela?

Le texte qui suit d’Atilio Boron a été  publié par et par Investig’action .

Au Salvador, les Etats-Unis exportent des criminels

La décision du gouvernement des Etats-Unis de libérer des centaines, probablement des milliers de "mareros" qui étaient détenus dans diverses prisons de ce pays et de les envoyer directement au Salvador. Ce n'est pas précisément un geste amical envers le pays dans lequel on remet un si néfaste contingent mais c'est beaucoup plus grave si auparavant on "nettoie" le casier judiciaire de ces délinquants de telle façon qu'il est impossible d'empêcher légalement leur entrée au Salvador.

 

Dans le journal El Clarin de dimanche dernier, il y a une petite note de Gustavo Sierra intitulée "Les "lièvres" ensanglantent le Salvador" (1). On y parle de la vague de violence qui secoue ce pays d’Amérique Centrale : selon l’auteur, en 3 jours, "125 personnes sont mortes dans les affrontements entre les bandes et la police ou l’armée." La note abonde en détails : le taux phénoménal d’homicides dans le Salvador actuel : 90 pour 100 000 habitants.

En comparaison, disons que selon les chiffres produits par le Bureau des Nations Unies contre la Drogue et le Délit, pour l’année 2012, le taux pour les Etats-Unis était de 4,8, pour l’Argentine de 5,4, pour le Brésil de 21,8 et pour le Honduras de 66,5. Cette même année, le taux pour le Salvador était de 41,2, toujours pour 100 000 habitants. C’est à dire qu’un taux déjà très élevé a doublé en moins de 3 ans et en particulier, ces derniers mois.

Evidemment, de nombreux facteurs expliquent ce malheureux résultat et ce n’est pas le moment de les examiner ici. En fait, dans la note de Sierra, certains de ceux-ci sont mentionnés mais celui qui, dans la violente irruption de ces jours-ci est sans doute le plus important, est omis : la décision du gouvernement des Etats-Unis de libérer des centaines, probablement des milliers de "mareros" qui étaient détenus dans diverses prisons de ce pays et de les envoyer directement au Salvador.

Ce n’est pas précisément un geste amical envers le pays dans lequel on remet un si néfaste contingent mais c’est beaucoup plus grave si auparavant on "nettoie" le casier judiciaire de ces délinquants de telle façon qu’il est impossible d’empêcher légalement leur entrée au Salvador. Avec leurs antécédents délictueux convenablement purgés, rien ne peut les arrêter et les malfaiteurs deviennent des gens qui rentrent dans leur pays d’origine sans avoir aucun compte en suspens avec la justice. Une canaillerie, ni plus, ni moins.

Comment interpréter cette décision criminelle ? Il va de soi que cela n’a pas pu être une idée subite des autorités carcérales nord-américaines qui un jour ont décidé de relâcher tous les "mareros". Une politique de grande importance est adoptée à un autre niveau : au Département d’Etat, au Conseil National de Sécurité ou à la Maison Blanche elle-même.

Le but : provoquer une vague de violences pour semer le chaos et provoquer le mal-être social qui déstabilise le gouvernement du président Salvador Sanchez Ceren, du Front Farabundo Marti de Libération Nationale, conformément à la priorité états-unienne de"mettre de l’ordre" le plus rapidement possible dans l’arrière-cour latino-américaine récalcitrante en en faisant partir les gouvernements indésirables.

A cause de cela, un geste immoral et délictueux comme celui-ci qui a couté tant de vies au Salvador et qui certainement en coûtera beaucoup plus dans les jours qui viennent. Indifférent aux conséquences de ses actes, Washington continue imperturbablement à donner des leçons de droits de l’homme et de démocratie au reste du monde alors qu’il applique, sans arrêt, les tactiques du "coup d’Etat doux" contre ceux qui ont l’audace de prétendre gouverner avec patriotisme et au bénéfice de la grande majorité du peuple. L’auto-proclamée "destinée manifeste" des Etats-Unis est d’exporter la démocratie et les droits de l’homme aux quatre coins de la planète. Ce qu’ils font, en réalité, c’est d’exporter des criminels.

Note :

1. El Clarin, 23 Agosto 2015, p. 32.

Source : https://lapupilainsomne.wordpress.c...

Traduit de l’espagnol par Cuba Si Provence : http://cubasifranceprovence.over-bl...

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