19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 16:21
Prisons étasunienne de Pelican Bay : la victoire des prisonniers

Partie 1 : Introduction

Je vais aujourd’hui vous parler des prisonniers de Pelican Bay, condamnés à un isolement total pour des périodes de parfois plus de 20 ans dont j’avais relayé le SOS, alors qu’ils menaient une grève de la faim entamée il y a deux ans et de la victoire qu’ils viennent d’obtenir. Mais auparavant je voudrais rappeler quelques données concernant les EU, univers carcéral. Données d’autant plus importantes que de nombreux indices convergents montrent que des pays d’Europe adoptent le même chemin : augmentation du taux d’incarcération, privatisation, exploitation du travail des prisonniers, utilisation  massive de l’isolement, incarcération des malades mentaux alors que les hôpitaux psychiatriques ferment, incarcération des sans-abri, en tête de liste, la Grèce et l’Espagne….

 

 La plupart des gens ignorent que le gouvernement des Etats-Unis, qui ne cesse de pourfendre d’autres pays, ceux dont le gouvernement leur déplaît,  pour leur violation des Droits Humains feraient mieux d’abord de régler quelques problèmes internes avant de s’arroger ce droit.

Ce pays a, de loin le plus haut taux d’incarcération au monde. A titre d’exemple, nombre de prisonniers par 100.000 habitants pour quelques pays, Wikipedia, données du Centre International d’Etudes Pénitentiaires, données de 2011.

Les EU comptaient alors 743 prisonniers par 100 000 habitants, soit 2 292 133 prisonniers,  pour une population adulte de 230 millions de personnes, soit près d’1% de la population adulte. Alors qu’ils représentent 5% de la population mondiale, leurs prisons « abritent » 25% de la population carcérale du monde. A noter que le taux de prisonniers de la population noire est de loin le plus élevé, 1 adulte sur 15, suivi par les hispaniques 1 sur 36 alors que les blancs : 1 sur 106. La justice américaine compte 7,1 millions de personnes sous surveillance des services correctionnels, dont 2 millions derrière les barreaux

De moins de 300 000 prisonniers en 1972, la population carcérale est passée à 2 millions en 2000. En 1990, elle était d'un million.

D’après l'étude réalisée en 2011 par Roy Walmsley, pour le Centre international d’études pénitentiaires :

Prisons étasunienne de Pelican Bay : la victoire des prisonniers

Depuis l’ère Reagan le chiffre des incarcérations ne cesse de croître dans une proportion supérieure à 15% par an !

En comparaison, la Russie compte 559 prisonniers pour 100 000 habitants, la Chine 122 et la France 1O2. Ces chiffres sont indicatifs.

Les conditions dans lesquelles vivent de nombreux prisonniers étasuniens, donneraient à penser que les Droits de l’Homme dans ce pays concerne surtout les blancs, et en particuliers les blancs nantis, à l’exclusion d’autres qui sont considérés comme sous-humanité.. Je vous renvoie en suite de ce texte à quelques articles qui donnent un aperçu plus général du problème de droits humains que constitue l’univers carcéral étasunien.

Promenade à Pelican Bay

Promenade à Pelican Bay

Partie 2 : Pelican bay, un isolement inhumain

.. Rappel

Et pour illustration WELCOME TO THE “LORD’S” HOUSE: Robert Gumpert Inside the SHU at Pelican Bay Prison

 

Le S.O.S. des Prisonniers de Pelican Bay 

 

Nous sommes prisonniers de la Prison d’État Pelican Bay (Californie, EU). Nous vivions depuis 15 ans enfermés 23 heures par jour dans des petites cellules sans fenêtres, sans pouvoir embrasser ou toucher nos proches, sans voir un oiseau, ni un arbre ou le monde extérieur, sans programmes ou possibilité de liberté conditionnelle. 

La Californie nous maintient dans ces conditions de torture non parce que nous avons commis quelque acte de violence, mais parce qu’elle croit que nous sommes membres d’une pandilla (bande), elle affirme cela en se basant sur des œuvres d’art et des photographie qui étaient en  notre possession, à cause des tatouages que nous portons, de la littérature que nous lisons, ce dont nous parlons ou de déclarations d’informateurs anonymes auquelles nous n’avons aucun moyen de répliquer.

Nous sommes à Pelican Bay non sur base d’une condamnation précise en termes de mois ou d’années pour la mauvaise conduite que nous aurions eue, mais de manière indéfinie, ce qui en pratique signifie pour toujours, à moins que nous acceptions de devenir informateurs.

L’été passé nous avons mené une grève de la faim. Nous étions prêts à mourir plutôt que de continuer à supporter ces conditions inhumaines pour toujours.

Nous avons arrêté la grève parce que plusieurs législateurs compatissants ont promis qu’ils demanderaient une audience. Elle se tient en ce moment.

Cependant, les législateurs écoutent les psychologues, les avocats, les experts et les fonctionnaires, mais ils n’entendent aucun d’entre nous, parce que les fonctionnaires des prisons de l’État de Californie (CDCR) se refusent à nous faire témoigner, ni même par des vidéos ou des enregistrements qui nous pourrions facilement faire.

Ceci est donc notre témoignage interdit : le CDCR affirme avoir initié une réforme des programmes. C’est une farce de même que la réforme qui a été établie il y a 10 ans suite à une convention judiciaire et qui n’a donné lieu à aucun changement concret.

Ce nouvel effort de réforme ne change rien aux conditions de base de Pelican Bay, nous continuerons à rester prisonniers en isolement pour affiliation à une bande à partir d’une vague enquête basée sur des œuvres d’art, de la littérature, des communications ou des informateurs, ce qui n’est pas conforme aux règles judiciaires de Californie pour les procès pénaux.

La Californie continue a être réticente à effectuer des changements concrets ayant comme principe fondateur l’attribution aux prisonnier de peines et conditions déterminées, après qu’ait eu lieu les audiences de justices requises dans laquelle nous aurions été jugés coupables de quelque faute grave comme agression, assassinat, cviol, trafic de drogues.

Au contraire les nouvelles politiques pourraient encore augmenter le nombre de prisonniers du fait qu’ils auraient été étiquetés comme membres d’une pandilla et qui seraient isolés à cause de cette étiquette. Ces politiques injustes et inefficaces sont très chères et ont coûté à l’État des millions de dollars d’impôts qui pourraient être mieux utilisés.

D’autre part, les prisonniers qui doivent être isolés de la population carcérale générale à cause des violences qu’ils ont commises en prison devraient être traités avec humanité. Il n’y a aucune raison pour que la Californie ne puisse avoir des prisons de haute sécurité qui permettent aux prisonniers détenus en ségrégation d’avoir des visites de familiers, de recevoir des appels téléphoniques de la famille et des amis, de bénéficier de programme de réhabilitation, d’avoir des cellules avec des fenêtres, des cours de récréation qui permettent à des petits groupes d’y séjourner ensembles et de pouvoir voir le monde extérieur. En peu de mot, la ségrégation de la population générale oui, mais ni la torture, ni la déshumanisation.

Nous avons envoyé des pétitions et des lettres au gouverneur, présenté une plainte collective, fait une grève de la faim cherchant à obtenir une réforme concrète. Il est temps que la Californie fasse ce qui est correct. Il est l’heure que la législature promulgue de significatives réformes

Todd Ashker , C58191 , D4 121

Arturo Castellanos, C17275 , D1 -121

Sitawa Nantambu Jamaa ( Dewberry ) , C35671 , D1 -117

Antonio Guillén, P81948 , D2 -106

Difundido por www.freedomarchives.org 

 

Traduction en espagnol CONTRAINJERENCIA.COM

EEUU: el SOS de detenidos de la cárcel de Pelican Bay | CONTRAINJERENCIA 

Traduction française Anne Wolff.

 


D'après un rapport chinois sur les violations des droits humains aux USA  

 

il y aurait dans ce pays 80 000 personnes en confinement solitaire, certaines y sont depuis plus de 40 ans


China denuncia confinamiento solitario en cárceles de EEUU | CONTRAINJERENCIA

Cellule d'isolement à la Prison d'Etat de Pelican Bay

Cellule d'isolement à la Prison d'Etat de Pelican Bay

Ceci est confirmé par un texte d’Amnesty international datant de 2012

États-Unis. Sous les verrous pendant des décennies : la dure réalité des prisonniers maintenus à l’isolement en Californie

13 novembre 2012,

Durant les 16 années que Joe Simpson (nom d’emprunt) a passées à l’isolement dans un quartier de haute sécurité de la prison de Pelican Bay, en Californie, le seul être vivant avec lequel il a réellement noué des contacts était une grenouille. Il l’avait trouvée dans la petite cour où il était autorisé à aller faire de l’exercice de façon irrégulière, et a passé des mois à ramasser des vers et des insectes pour la nourrir. Lorsqu’il a décidé d’entamer une grève de la faim en juillet 2011 pour protester contre ses conditions de détention, les gardiens lui ont enlevé sa grenouille. Joe compte parmi les quelque 25 000 détenus enfermés aux États-Unis dans des établissements de très haute sécurité (« supermax »), en isolement cellulaire, dans pas moins de 44 États et au sein du système fédéral. Parmi eux, plus de 3 000 prisonniers sont détenus dans des quartiers de haute sécurité, les Security Housing Units, en Californie, dans des conditions qu’Amnesty International a récemment qualifiées de « choquantes ». Aucun autre État américain ne détient autant de prisonniers à l’isolement pendant de si longues périodes. On estime que pas moins de 78 hommes sont détenus depuis plus de 20 ans dans des cellules d’isolement. Les spécialistes d’Amnesty International qui se sont rendus à Pelican Bay et dans d’autres quartiers de haute sécurité fin 2011 ont constaté que les prisonniers sont enfermés au moins 22 heures et demie par jour, dans des cellules qui font moins de 8 m², dépourvues de fenêtres, et qui ne laissent quasiment pas entrer ni la lumière naturelle ni l’air. Les 1 000 hommes détenus avec Joe à Pelican Bay ne peuvent faire de l’exercice qu’une heure et demie par jour, seuls, dans une cour de béton totalement vide et entourée de murs de plus de 6 mètres de haut, d’où ils ne peuvent apercevoir qu’un morceau de ciel à travers un toit de plastique en partie grillagé. Les programmes de réinsertion sont quasi inexistants, aucune activité de groupe n’est proposée et les contacts humains sont sévèrement limités. Pelican Bay est située dans une zone reculée de l’État de Californie et de nombreux prisonniers reçoivent au mieux de rares visites. Le seul contact que la plupart ont avec le monde extérieur se fait par des lettres. Même les consultations avec le personnel médical se déroulent généralement derrière des barrières ; lors des visites de leur famille ou de leur avocat, les prisonniers se trouvent derrière une vitre. En outre, les contacts téléphoniques avec les proches sont extrêmement restreints. Certains n’ont pas reçu la visite de leur famille depuis plus de 10 ans. L’isolement est si extrême qu’un prisonnier a déclaré aux délégués d’Amnesty International venus à Pelican Bay qu’ils étaient « les premières personnes extérieures à la prison qu’il voyait depuis plusieurs années ». Des quartiers construits dans un but précis Les prisons comme celle de Pelican Bay ont été construites dans les années 1980, pendant une période de forte augmentation de la population carcérale aux États-Unis, où la Californie fut le fer de lance des initiatives visant à durcir les peines. Pelican Bay a été conçue tout spécialement comme une prison « sans programmes », construite sans que soit prévu un espace commun pour des activités de groupe, notamment de détente et d’éducation. Les autorités américaines ont justifié la construction des prisons de très haute sécurité « supermax » par le fait qu’en isolant les détenus les plus dangereux et les fauteurs de troubles, la sécurité du reste de la population carcérale s’en trouverait renforcée – pourtant, nombre de prisonniers qui se retrouvent dans ces unités souffrent de maladies mentales ou de troubles du comportement et ont été, dans certains cas, placés à l’isolement à la suite de comportements perturbateurs et d’infractions répétées relativement mineures. Ce que les autorités semblent avoir sous-estimé, ce sont les conséquences à long terme de ce type d’incarcération au niveau de la santé. Des prisonniers enfermés dans les unités d’isolement à Pelican Bay ont fait état de problèmes médicaux et psychologiques graves résultant de leur maintien à l’isolement, notamment : détérioration de la vision consécutive à plusieurs années de privation de lumière naturelle et d’enfermement dans des espaces obstruant la vision, problèmes dus à l’insuffisance de lumière naturelle (qui provoque des carences en vitamine D) et d’exercice, asthme chronique aggravé par les conditions d’enfermement, insomnie sévère et pertes de mémoire. L’un des prisonniers, détenu à l’isolement depuis 16 ans, a déclaré à Amnesty International : « Depuis que je suis enfermé dans l’unité d’isolement, je me suis mis à ressembler à un fantôme, ma peau a pris une teinte très pâle, comme beaucoup d’autres ici, car nous ne sommes jamais exposés à la lumière du soleil. J’aimerais tellement sentir le soleil me chauffer longuement le visage. » Un coup porté à la santé mentale Les conséquences psychologiques de l’isolement de longue durée sont particulièrement graves, comme en témoignent les données qui montrent que le taux de suicide est beaucoup plus élevé dans les unités d’isolement que parmi la population carcérale en général. D’après les informations émanant d’un observateur désigné par un tribunal, 42 % des suicides recensés dans les prisons californiennes entre 2006 et 2010 – 34 par an en moyenne – ont eu lieu dans des unités de détention à l’isolement ou d’isolement préventif. L’un d’entre eux s’appelait Alex Machado, il s’est suicidé le 24 octobre 2011. Il avait été transféré à Pelican Bay en février 2010 après avoir été classé dans la catégorie des membres de gangs, pour y passer une période indéterminée à l’isolement. Selon sa famille, il ne présentait pas de problèmes psychologiques particuliers durant ses 11 précédentes années d’incarcération ; il était instruit, savait s’exprimer, et aidait d’autres prisonniers dans leurs démarches juridiques. Sa santé mentale a commencé à se détériorer nettement après un an passé à l’isolement à Pelican Bay. De janvier à juin 2011, le dossier de la prison relatif à sa santé mentale indique qu’il souffrait d’une anxiété et d’une paranoïa croissantes, d’insomnie et de crises de panique. Il avait également la sensation d’être épié, avait des hallucinations visuelles et pensait entendre des voix et des coups frappés sur les murs de sa cellule. Lorsqu’il a menacé de mettre fin à ses jours le 12 juin 2011, il a été placé dans une cellule de crise. Toutefois, il n’a pas été transféré hors de l’unité de détention à l’isolement, alors qu’il souffrait toujours de « symptômes psychotiques actifs ». D’après le rapport d’autopsie, Alex Machado a été vu en vie pour la dernière fois vers 12h15 le jour de sa mort. Il se plaignait de palpitations cardiaques et a été examiné par le personnel médical, qui l’a ensuite renvoyé dans sa cellule. Trente minutes plus tard, un gardien l’a trouvé « pendu dans sa cellule ». Après la sortie Pour de nombreux prisonniers, les problèmes ne s’arrêtent pas à leur sortie de prison. En moyenne, chaque année, 900 détenus sont remis en liberté conditionnelle directement depuis les unités d’isolement des prisons de Californie, avec en poche quelques dollars et une carte d’identité. Les programmes de transition sont plus que rares. Un ancien détenu de Pelican Bay a raconté à Amnesty International : « Il n’y a pas de programmes de réinsertion, pas d’église, pas d’éducation, pas de fournitures pour les artistes. Ils disent qu’on ne peut pas avoir de compagnon de cellule parce que ce serait trop dangereux, mais c’est faux. Beaucoup de détenus sont maintenus à l’isolement pendant plus de 15 ans, parfois plus de 20 ans. Même pour moi qui suis resté à l’isolement pendant près de sept ans, cette vague de solitude immense résonne toujours en moi… Alors imaginez les conséquences pour eux. » En mars 2012, l’administration pénitentiaire et de la réinsertion de l’État de Californie a proposé des modifications qui offriraient à certains prisonniers une voie permettant de quitter la détention à l’isolement, par le biais d’un processus en plusieurs étapes. Toutefois, les prisonniers placés à l’isolement pour une durée indéterminée resteraient à l’isolement pendant au moins les deux premières années et ce projet ne semble prévoir aucune modification de l’environnement physique des quartiers de très haute sécurité de Pelican Bay. Amnesty International demande aux autorités de limiter l’utilisation des quartiers d’isolement et de n’appliquer cette mesure qu’en dernier ressort, de faire sortir de ces quartiers les détenus qui y ont déjà passé plusieurs années et d’améliorer les conditions de détention de tous les prisonniers placés à l’isolement.

Amnesty International

 

 

Ceci est donc la manière dont les gendarmes du monde traitent les prisonniers de leur pays. Quelle force il faut pour survivre dans de telles conditions. Je crois que personne, jamais, quoi qu’il ait commis ne peut se voir infliger un tel traitement sans que son bourreau ne se range du côté des Inhumains. Je crois qu’aucune nation au monde ne devrait accepter de se laisser dicter sa conduite par le gouvernement - officiel ou occulte – d’un pays usant de telles pratiques. Mais au contraire qu’il faudrait exiger qu’il en finisse avec toutes les formes de torture, dans son pays et en dehors avant de retrouver le droit de siéger à l’ONU.

Prisons étasunienne de Pelican Bay : la victoire des prisonniers

Partie 3 : une victoire à l'arrachée

Source : Presos de California dan un duro golpe al confinamiento en solitario

Sonali Kolhatar

Résumé en Français Anne Wolff

. Les activistes célèbrent en coup dur porté contre le complexe industriel de prisons et le système étasunien d’incarcérations massives condamné mondialement. Le 1er septembre 2015, un juge fédéral a finalement annoncé un accord dans la plainte contre un usage cruel et prolongé de la  privation de communication en Californie,après un processus qui se sera prolongé pendant 2 ans.

Les autorités pénitentiaires de l’état on confiné une fraction significative de prisonnier par la pratique barbare de l’isolement quasi-total sur base d’une prétendue appartenance aux pandillas . Selon Amnistie internationale il semble qu’aucun autre pays n’ait maintenu autant de prisonniers en isolement indéfini pour des périodes aussi longues ». Le résultat de l’accord obtenu implique que des milliers de prisonniers seront libérés parmi la population générale de la prison, où ils pourront satisfaire leurs besoins humains basiques d’interaction sociale. Le plus important, les 78 prisonniers de Californie qui ont été isolés pendant des durées inimaginables de 20 ans et plus, vont à présent trouver un soulagement à leur souffrance

L’un de ces 78 prisonniers, un homme nommé Todd Ashker, a été le principal réquérant dans cette affaire. Ashker a passé 25 ans en confinement solitaire dans la tristement célèbre prison de l’état de Pelican Bay.

Dans une interview pour UPraisong, accordée il y a peu j’ai parlé avec la sœur d’un autre prisonnier qui a passé pendant ses trente années de prison,26 ans en régiime d’isolement.

Sa soeur nous explique : “On  lui a dit qu’il repésentait une menace, que quelqu’un l’avait dénoncé de manière anonyme en tant que menace pour les autres prisonniers et c’est pour cela qu'il a été placé dans une SHU », Elle ajoute :. "Etre enfermé dans une cage et y être oublié pour une raison aussi triviale est hallucinant. Comme l’écrivait Atul Gawande dans le New Yorker pour exister tout simlement,comme un être humain normal les relations avec d’autres personnes sont indipensables. Au frère de Gallegos, ces interactions ont été refusées pendant 26 ans.

Les études concernant les effets que produisent le confinement en solitaire  dans le cerveau humains mettent en évidence la dégénérescence définitives de quelques fonctions de bases. Dans un article de 2006 publié dans la revue de Droit Politique, le Dr Stuart, un psychiatre certifié avec des décennies d’expérience dans l’Ecole de Medecine de Harvard, affirme que le confinement solitaire peut provoquer des dommage psychiques sévères », et que il est à prévoir que même des courtes périodes de ce régime d’isolement vont transformer de le tracé d’un électroencéphalogramme (EEG) vers un tracé anormal caractéristique de stupeur et de délire.

En 2011, le Rapporteur Spécial des Nations Unies pour la Torture, Juan Mendez publia un rapport avertissant que le confinement solitaire put être équivalent à des traitements ou peines cruelles, inhumaines ou dégradantes, y compris à la torture ».

Ainsi, durant plus de 26 ans, Victor Gallegos est resté dans ces conditions, ayant pour seules interactions, celles avec les membres de sa famille, pendant les visites, à travers un panneau de vitrage épais et parlant au moyen d’un téléphone. Au milieu des larmes, Gallegos m’explique ce que l’isolement prolongé a signifié pour son frère : » 26 ans de solitude, sans avoir personne a toucher ou quelqu’un pour le câliner ou lui donner aucun type d’affect, parce que cela n’était pas permis. »

Les cellules (SHU) de la prison de l’Etat de Pelican Bay n’ont pas de fenêtres, ce qui signifie que pendant 26 ans Victor n’a jamais vu ni le soleil, ni la lune. Récemment il a été transféré à l’Institut correctionnel de Californie à Téhachapi, où il finalement recommencé à avoir des interactions avec d’autres prisonniers et pu, quoique que de manière limitée s’exposer à la lumière du soleil et à l’air frais. « Il était très ému d’avoir une cellule avec une fenêtre » dit Gallegos. « La nuit quand il regardait dehors il ne pouvait décrire ce qu’il voyait. Il n’avait pas vu la lune depuis tant d’années qu’au départ, il ne la reconnaissait pas.

Il est très sensible au bruit » dit Gallegos évoquant les effets relatifs au confinement. « Si nous parlons, lui trouve que nous parlons trop haut. Et chaque fois il se retourne pour voir qui est derrière lui. Il entend les voix des gens et il se retourne pour voir d’où vient le bruit ».  C’est une honte pour les Etats-Unis qui sont les promoteurs de l’usage de l’isolement comme tactique pour soumettre les prisonniers.

La lutte fondamentale pour la dignité a été une force motrice dans l’histoire humaine du monde entier, et ce qui nous conduit vers elle est un ensemble de valeurs universelles et d’aspirations. La vie, la liberté, et la recherche du bonheur sont des aspirations qui ne peuvent être limitées par des frontières nationales ou des côtes océaniques. C’est pour cela qu’il est particulièrement préoccupant que tant de gens en autant de lieux se confrontent à des restrictions de leurs libertés et droits fondamentaux par leur propre gouvernement.

De fait, les étasuniens devraient être dégoûtés que la plus « grotesque » des restrictions se rencontre dans les prisons des EU. La majorité des prisonniers de tout le pays étant soumis à un régime d’isolement se trouvent en Californie. Et alors que l’usage de cette ténébreuse pratique est réfréné dans cet état, la majorité des autres états gardent confiance en cette méthode. Le Rapporteur de l’ONU met en cause les EU avec des pays comme le Kirghizstan, l’Egypte, le Bahreïn, la Lybie, le Yémen et la Biélorussie qui soumette les prisonniers à des régimes d’isolement.

La victoire légale qui a présent va limiter l’usage de l’isolement est celle des prisonniers et de leur familles. Cela fait deux ans, près de 30 mille prisonniers en Californie (inclus Victor Gallegos) ce qui représentait environs 2/3 des détenus de l’état, ont mené une grève de la faim pour protester contre le confinement en isolement. Ce fut considéré comme la plus grande grève de la faim de l’histoire de l’état, et sans doute du monde. La grève fut amplement relayée par les medias internationaux, mettant en lumière la souffrance invisible des prisonniers de Californie. Gallegos met cette victoire aussi au crédit de l’activisme des familles des internés hors des murs de la prison.

“Nous sommes leur voix. C’est très important pour nous que le monde sache, que ce que les prisonniers de Californie sont en train de faire, et comment on les torture » dit Gallegos

Le groupe dont est membre Gallegos, Famille de Californie contre la privation de communication (CFASC) a travaillé conjointement avec des groupes d’avocats comme LE Centre pour les Droits Constitutionnels (CCR) pour parvenir à cet accord historique.

« J’ai attendu ce jour pendant tant d’années » dit Gallegos « J’ai cru que jamais il ne sortirait de Pelican Bay et que s’il le faisait, ce serait dans une caisse ».

Contact humain à Pelican Bay

Contact humain à Pelican Bay

A suivre un petit rappel sur les prisons étasuniennes

Une journée a Pelican Bay

Une journée a Pelican Bay

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