15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 07:31
Petite note pour les amis de passage

 

Je ne sais si vous voyez la même publicité obscène que moi alors que je passe sur mon blog, mais moi elle me fout la gerbe. Pour le dire poliment. Dans l’ancienne formule, accepter de la publicité sur son blog signifiait qu’on avait conclu un accord de « droits d’auteurs » avec Overblog. Ce n’est plus le cas. Je tenais à faire cette précision, Les Etats d’Anne sont un acte gratuit qui participe de ce grand mouvement du web, par lequel des personnes partagent et échangent gracieusement informations et idées.

Cela étant dit, les commentaires auxquels je n’ai pas répondu s’accumulent. Pour cause d’absence prolongée. J’ai voulu commencer à y répondre ce matin. A nouveau ce n’est pas clair, rien ne m’indique la différence entre ceux auxquels j’aurais répondu et les autres et même le renvoi depuis courriel n’est pas clair. Je vais donc faire une réponse plus générale. Pour en finir d’emblée avec les fâcheux fachos et autres, sachez que je n’ai résolument rien à vous dire et que je ne vous aurais de toute manière pas répondu, les dialogues de sourds n’ayant aucun intérêt. Je n’ai pas envie de faire de prosélytisme, et n’ai aucun goût pour les échanges d’injures et autres méchancetés. Je n’ai nulle intention de partager votre haine, ni aucune autre d’ailleurs, par chance la vie m’a épargné ce genre de sentiments destructeurs avant tout pour l’intégrité de ceux qui les professent. Ya basta ! Place aux relations de bonne concordance et convivialité. C’est un suffisamment beau défi à présent de s’entendre entre amis que de ne pas perdre son temps à se colleter avec ses ennemis sans enjeux significatifs.

Je remercie par contre du fond du cœur tous ceux qui m’ont encouragée, remerciée pour mon travail. Dans les épreuves que j’ai traversées au cours des derniers mois, vous avez contribué à faire la différence. A ne pas laisser tomber, la vie, la dignité, la combativité pour rejoindre ceux qui furent il n’y pas si longtemps des amis et qui à présent comme de vilains vampires détruits par la misère, m’invitent ou parfois tentent de me forcer à les accompagner dans leur glissade vers le fond du gouffre, néant d’être de celui qui a abandonné sa conscience pour entrer dans le magma indifférencié de la déstructuration mentale.

J’ai beaucoup de leçons à tirer des épreuves (défis ?) que j’ai traversées depuis un an que j’étais de retour à Bruxelles, Certaines leçons ne se tirent qu’en prenant de la distance. Je dois à présent désengluer ma vie de ce marasme collectif et repartir sur d’autres bases.

Je voudrais pouvoir dire que j’exagère alors que je suis sans doute encore au-dessous de la vérité. Je n’explique rien, je constate qu’infra humanisation est un mot qui prends sens concret pour des personnes gentilles dont le plus grand tort était d’être faibles, de ne pas être armés pour un monde de concurrence, de rivalité, de compétitivité et n’avaient pas non plus la combativité pour défendre leur droit à l’existence personnelle sans changement de leur personnalité, adaptation sociale délétère. Quand l’intégration sociale exige une désintégration de la personnalité avec tous les effets destructeurs que cela entraîne pour la santé morale et la santé physique, qui sont étroitement liées. Quand les petites pilules de l’acceptation viennent suppléer au manque à être des zombies sociaux.

J’ai la chance immense de ne pas avoir d’addiction à l’alcool, je ne consomme pas non plus de médicaments. Je vois les amis qui partent en cure de désintoxication. Une première phase, le sevrage, se déroule en surdose de valium. L’occasion pour certain de se créer une nouvelle addiction. Ensuite une semi-liberté pour voir si le sujet résiste à la tentation. Je ne suis pas bien renseignée sur le déroulement de cette seconde phase, je le serai d’avantage d’ici quelques jours, peu importe. Le constat général est que la nième phase est presque à coup sûr, celle de la rechute.

Je n’ai pas non plus connu les affres de la dépression. Même si quelque fois nous avons flirté ensemble la dépression et moi, j’ai les ressorts intérieurs qui me permettent d’y échapper. Pratique intensive d’une activité constructive, celle qu’il est possible ici et maintenant, tout en changeant ce qui dans mes conditions d’existence génère cette crise. C’est ma réponse au risque de la dépression. Et (jusqu’ici) cela marche. Avec des hauts et des bas. La vie comme prise de risque dans la pauvreté volontaire devient toujours plus difficile à assumer au quotidien.

Je vous ai parlé des faibles, gentils qui ne tiennent pas le choc de civilisation que représente la mise aux normes du Nouveau Monde pour la Vieille Europe. Et puis il y en a d’autre pour qui c’est l’occasion de faire exploser sur la place publique leurs pires instincts. Le premier constat que j’ai fait dès mon premier retour en 2005, c’est le dénigrement devenu manière de se mettre en valeur pour ceux qui n’avaient plus de vie propre. Alors on cherche le pire chez l’autre ou du moins on l’invente. Nous étions un petit groupe qui vivait une bonne convivialité,une quarantaine de personnes constituaient le noyau qui attirait de bonnes énergies d’autres personnes qui venaient passer de bons moment avec nous.2008 plus ou moins, marque un tournant, la crise s’aggrave et en particulier celle du logement. Beaucoup d’amis perdent alors le leur sans en retrouver d’autres. La solidarité joue encore, Des amis hébergent d’autres amis, toujours plus dans des conditions toujours plus difficiles, dans des espaces toujours plus restreints. Certains hébergeurs perdent leur logement pour avoir héberger des « personnes peu délicates ». De nouveaux venus s’imposent qui amènent des logiques d’agressions. Les tensions montent, agressions verbales, physiques, apparition et multiplication d’armes blanches.

J’ai quelques témoignages de personnes dites schizophrènes qui m’expliquent qu’elles ont toujours entendu des voix dans leur tête mais qu’avant de prendre des médicaments ces voix étaient gentilles alors que sous l’influence de ces derniers elles incitent à la méchanceté, à la violence. Pour quelques thèmes, comme celui là, j’ai accumulé pas mal de données qu’il faudrait mettre en forme. Comme j’ai pratiqué une politique de l’urgence, tenté de créer les structures qui permettraient de sauver qui et ce qui pouvait l’être. Encore une fois j’ai échoué.

Sans doute parce que j’ai trahi une de mes propres règle, on n’aide personne, on s’entraide et que ceux auquel je m’adressais pendant mes trois ans d’absence avaient cessé même de pouvoir s’aider eux-mêmes. La méchanceté, l’agressivité, la violence, sont devenus pour beaucoup ce qi les tiens debout. Alors que les plus gentils n’ont pas la force souvent de résister à cette double attaque, sociale (globale) d’une part et venant d’anciens amis, de l’ancien groupe de convivialité d’autre part. J’ai été une des dernières à m’entendre avec quasiment tous. A présent c’est bien fini. Je suis d’un naturel plutôt gentil, j’ai une certaine tendance à jouer les bonnes poires, j’ai aussi un amour de la vie qi me fait considérer avec tristesse ceux qui acceptent sans réagir de se livrer à des programmes d’autodestruction dans lesquels ils entraînent leur entourage.

Un autre fait à signaler, l’arrivée massive, pendant cette période, d’héroïne de mauvaise qualité. J’ai toujours été prise dans cette dualité, de penser qu’il fat vraiment être stupide pour même seulement goutter à l’héroïne alias que les témoignages concernant les risques et dégâts qu’elle produit abondent. Et la compassion pour ceux qui ayant céder fusse une fois à la tentation se retrouvent pris dans l’engrenage. Je ne compte plus les morts que cette substance a provoqués autour de moi. Toujours des personnes avec de beaux potentiels, et une grande fragilité affective qui constituaient leur principal handicap. Je ne compte plus non plus les personnes dégradés par la prise de méthadone, qui devient un palliatif permanent, plus de vingt ans parfois, pour ceux pour qui, selon certains médecins véreux, elle sera le neutralisant qi évitera qu’il se transforme en junkies pris comme nuisances sociale.

L’absence d’empathie qui accompagne la prise de cette substance, quand elle se prolonge, fabriquent de vrais sociopathes, qui ne se contentent plus ‘arracher le sac des vigiles dames pour se payer leur « doses ». No comment. Et je ne parle pas de ce qu’est l’invivable expérience de ceux qui partagent le quotidien de ceux qui ne réagissent plus aux stimuli de l’affect, largués sur la planète indifférence, où plus rien ne les atteints.

Cependant je ne suis plus aussi naïve qu’avant, et je dois accepter à présent que la gentillesse n’est pas la tendance spontanée de l’humain et qu’il existe également des gens méchants, nuisibles qui n’attendent que l’occasion pour tomber le masque de la civilité. Idiote, j’ai eu mille occasions de m’en rendre comte avant, dès l’enfance. Et je ne parle pas ici de ces petits bourgeois (requalifiés de classe moyenne selon les catégories propres au fascisme) qui étalent à présent leur vindicte comme un trophée qui démontre leur caractère d’élite par rapport à d’autres qu’ils dénigrent et dont ils souhaitent la disparition. Voir les commentaires qui se multiplient dans certains torchons médiatiques belges. Mais instrumentaliser ces catégories joviales, leur faire croire qu’ils sont une sorte d’élite, cela aussi fait partie de la propagande fasciste qui crée ce climat favorable à l’implantation de l’extrême-droite dans nos contrées.

J’essayerai d’approfondir et développer tout cela si l’occasion m’en est donnée, parce que cela aussi fait partie intrinsèque de la globalisation et de ses manifestations locales. Là j’ai du boulot pour sortir ma propre vie de ce fossé où elle s’est engluée. Heureusement je peux encore compter avec quelques  amis qui eux aussi tentent de garder la tête hors de la boue qui toujours d’avantage nous entoure et nous englue.

Je ne regrette pas je préfère avoir pris le risque, tenté de relever le défi et avoir échoué que d’avoir accepté ce qui apparaît à présent comme inéluctable sans lever le petit doigt. J’ai refait ces jours-ci quelques ballades dans des sites latinos, ai pu constater de visu la vitalité créative d’amis africains avec qui nous parlons le même langage, fait d’abord de simplicité joyeuse, vitalité. Je n’approuve aucune satisfaction à bien m’en tirer, et pourtant je le sais, il faut que je donne à ma vie un nouveau départ avec des personnes gentilles, actives et consciente du problème écosophique majeur que traverse notre planète.

Désolée pour les fautes et autres coquilles, faut que je me mette au boulot pour sauver ma charmante petite caravane. Bien le bonjour à tous (les amis)

Anne

 

Petite note pour les amis de passage

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Published by Anne Wolff - dans humeur du jour
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Gilles Deleuze, février 1977.

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