19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 09:28
Frontère Serbie Hongrie. Source Aporrea 17/O9/2015

Frontère Serbie Hongrie. Source Aporrea 17/O9/2015

La Ceuta

La Ceuta

Et bien, nous y voilà, l’Europe vient de creuser à gros coups de bulldozer le lit de l’extrême-droite. Après ces annonces très médiatisée d’ouverture des frontières aux réfugiés ce qui n’a pas satisfait l’ensemble de la population, comme on s’en doute, l’angélisme n’est plus de rigueur, fermeture. Je me disais bien qu’il y avait vipère sous la roche. J’ai pu voir les réactions autour de moi, de tous ceux qui se sentent déjà lésés par les gouvernements de leur pays. « Ils ne font rien pour nous et ils accueillent des étrangers », « Ils ont expulsé une femme belge de son logement, avec sa petite fille pour y mettre des réfugiés », etc… que cette dernière assertion soit vraie ou fausse n’a plus aucune importance. Les missiles de la propagande ont atteint leur cible. Seules les très droite et extrême droite ont paru protéger cette population nationale précarisée pour qui la conscience politique est une grande inconnue, faisant naître une inquiétude qui portera ses fruits de peste brune aux prochaines élections. « Et s’ils recommençaient… à ouvrir les frontières », tous ceux qui ont joué la carte d’un humanitarisme de façade cette fois-ci. »

Je fais une petite parenthèse quand même aussi pour ceux qui « de gauche » ont marqué la différence entre les « réfugiés de guerre » et les « réfugiés économiques », les bons et les mauvais réfugiés, comme si la guerre n’était pas aussi économique, et que ceux qui quittent leur pays pour chercher un peu de bien être ou pour chercher les moyens d’envoyer à leur famille de quoi survivre ne le faisait pas chassés par une misère provoquée par une guerre globale vers des pays dont les habitants ont bénéficiés depuis les débuts de la colonisation ancienne et néo, en toute insouciance, des conforts ou luxe qui sont les produits de  ces pillages, de cette exploitation.

Il n’y a pas de bons et de mauvais réfugiés il y a une situation d’iniquité, quand ce le Nord fixe le prix des matières premières volées au Sud, où accepte d’importer des produits de manufactures esclavagistes, quand il n’en est pas lui-même propriétaire. Exploités de tous pays : Internationalisme OUI !  Compétitivité NON ! Non à la concurrence entre les habitants, non à la concurrence entre les peuple, elle est toujours au bénéfice des exploiteurs. Ce marquage de différence, sorte de frontière verbale entre les bons réfugiés et les autres, je l’ai lu venant de nombreuses plumes de gauche, et cela oui c’est du populisme… raison de plus pour m’interroger sur ce que ce mot gauche recouvre comme réalité concrète aujourd’hui en Europe, et quel sont les concepts promus. N’oubliez jamais qu’il existe une différence fondamentale entre populaire et populisme qui recouvre deux réalités différentes, l’un exprimant la voix du peuple et l’adhésion de ce dernier à ceux qui la porte, le second relevant du marketing qui vise à flatter le peuple y compris en ce qu’il a de plus vil dans le but d’en retirer des avantages, électoraux et autres. Populaire est du domaine politique, populisme s’apparente d’avantage au commerce.

L’ouverture des frontières a été un grand coup de bluff, dont les conséquences risquent d’être catastrophiques aux prochaines élections pour tous ceux qui savent que l’extrême-droite est ce qui leur peut arriver de pire, ainsi pour une partie de la population qui se laissera leurrer. Après il sera trop tard. Une fois que les outils de contrôle et de répression seraient au main d’une extrême-droite secondée par ses troupes paramilitaires qui se forment et préparent pour « une crise en Europe », un seuil aura été franchi.

Cette entrouverture ressemble à n coup de propagande et de populisme à contre-productif de la pire espèce. Il me reste une question, les auteurs de ce coup sont-ils cons ? Jouent-ils en réalité un jeu occulte sachant très bien vers quoi tout cela nous conduit ? On sait bien que Hollande n’est pas très fûût, fûût , certainement pas de gauche, et bouffi d’un orgueil que rien en justifie, mais Merkel n’est pas une imbécile. Alors quoi ?

 

 

 

Anne interpellée et incrédule

Mourir de soif... Goma, RDC Vivre près d’un grand lac et mourir de soif. Un autre aspect de la guerre

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Les enfants porteurs d'eau. Réfugiés économiques potentiels ? http://www.cooperation.ch/5512540

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Gilles Deleuze, février 1977.

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